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Nous vivons dans un monde terriblement émissif, du moins dans nos contrées. Nous sommes sur un « programme psychique » nous poussant à faire et à avoir, nullement à recevoir ce que le corps, le coeur et la raison nous offrent , à savoir cet être qui traverse le temps et ses expériences évoluant à tout âge, se dirigeant vers la conscience du soi.
Et pourtant, notre dimension réceptive est disponible à chaque instant, il s'agit de nous y connecter, d'aspirer à faire ce retour vers l'intérieur de soi porteur de sens perceptifs à notre disposition si notre libre-arbitre le décide. Le petit enfant tout ingénu nous en donne un merveilleux exemple quand il contemple quelque chose ou quand il « sourit aux anges ». Il sait s'émerveiller devant un cadeau - et même déjà son emballage - qu'il reçoit.
Ce attitude intérieure spontanée est ensuite modifiée par les incitations des éducateurs qui transmettent forcément ce qu'ils ont acquis : « Cesse de traîner, dépêche-toi! », « fais donc quelque chose » , « Il faut y aller », « tu feras ça plus tard » et ainsi, peut à peu, l'enfant fabriquera des programmes réflexes. Certains pédagogues savent respecter cette dimension réceptive; ceux qui enseignent la musique par exemple peuvent le faire d'une façon plutôt émissive : « c'est faux, recommence » ou alors inviter l'enfant à mieux écouter les sons et découvrir comment il les crée. Les promenades aussi sont des possibilités de développer la réceptivité à tout ce qui nous entoure, ou alors, avoir le souci du nombre de pas à faire comme nous l'indique l'application d'un smartphone. C'est le cas par exemple d'un opéré du coeur qui doit effectuer une réhabilitation : elle peut effectivement se faire mécaniquement par une activité motrice ou alors en étant réceptif à ce qu'il éprouve et qu'il a peut-être oublié de ressentir en conscience pendant des années.
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