On ne tournera pas autour du pot : « l'École de la République » est défaillante quant à l'intégration « normale » des professeurs - et des élèves - handicapés. Les exemples sont si nombreux de ce défaut d'attention minimale que l'on ne saurait invoquer en la matière de bénins dysfonctionnements à corriger ou le fatal manque de moyens des temps de crise budgétaire.
Nous ne transigerons pas non plus : la question du handicap à l'École doit être un combat de portée universelle.
Lorsque les avancées techniques permettent de compenser de mieux en mieux les handicaps physiques, le quasi-immobilisme politico-administratif se confond au mieux avec une indifférence pesante, au pire avec une douce barbarie.
« L'impossible, nous ne l'atteignons pas mais il nous sert de lanterne »
~ René Char
« Voir ce qui ne paraît aux yeux de personne, c'est la seconde vue. »On se rassure à bons comptes en constatant ici ou là qu'il existe des hommes et des femmes de bonne volonté dans les rouages de l'Administration ou en saluant la ténacité des intéressés les plus volontaires, à qui rien n'est pourtant définitivement acquis. Quid de tous ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un caractère bien trempé et ont la malchance de se heurter le plus souvent à la froideur indifférente de leur hiérarchie ? Le désarroi vécu au quotidien laissera chez eux la place au désespoir. Épuisés, des professeurs abandonnent ainsi le métier, parfois avant même d'y être entrés. Alors dénonçons une fois encore l'inhumaine attitude d'une Institution que l'on voudrait exemplaire en un tel domaine.
~ Jules Michelet








