Bien avant que le terme « révolution de couleur » n'existe dans notre lexique géopolitique, la technique consistant à diriger les foules enclines à la violence vers le renversement de leurs gouvernements avait été affinée au fil des siècles. Enflammer la vindicte d'une foule et la diriger vers le renversement des structures politiques établies ne demandait que de l'argent, de la propagande et quelques rhétoriciens sans grande valeur morale.

© InconnuLa guillotine installée Place de la Bastille à Paris lors de la Révolution française
J'ai été choqué de découvrir, à la lecture des études 2001-2002
publiées par l'historien américain Pierre Beaudry «
Why France Did Did Did Not Have a French Revolution » [
Pourquoi la France n'a pas vécu la Révolution française - NdT] et «
Jean-Sylvain Bailly : le Benjamin Franklin de la Révolution française »(1) [
Le Benjamin Franklin de la Révolution française - NdT], que le récit commun de la Révolution française n'est guère plus qu'un mythe britannique qui ne ressemble guère ou pas du tout à la réalité.
Le monde en 1789L'époque était propice aux affaires humaines. Le succès de la Révolution américaine, finalisé par le Traité de Paris de 1783, avait envoyé des bouffées d'espoir dans le monde entier. L'idée que la longue nuit de l'empire qui avait saigné l'Ancien monde pendant des lustres pourrait s'achever était électrisante. Généralement admis par tous, l'anéantissement de l'ordre héréditaire devait entrer en Europe par la France pour qu'il se produise au-delà des Treize Colonies [les Colonies britanniques qui deviendront les États fondateurs des États-Unis - NdT]. Bien que des patriotes de nombreux pays d'Europe aient aidé les Américains (y compris les Russes, les Allemands, les Polonais et les Irlandais), la France fut en fin de compte le pays qui avait le plus soutenu la lutte de la Révolution américaine, des milliers de soldats français s'étant joints au combat sous l'égide du marquis de La Fayette soutenus par une aide financière, politique et militaire essentielle qui fut prodiguée tout au long du conflit.
Commentaire: Nous sommes en plein "1984" de Orwell.