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dim., 30 avr. 2017
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
Carte

Brain

Des chercheurs comprennent comment obtenir une meilleure mémoire

Six semaines d'entraînement de la mémoire changent le nombre et la structure des liens entre les neurones dans le cerveau et permettent d'améliorer de façon inédite ses capacités.

Une étude entreprise par une équipe internationale de neurobiologistes a permis de découvrir que six semaines d'entraînement de la mémoire occasionnaient des changements importants dans le cerveau et étaient en mesure de renforcer de façon considérable ses capacités. Un article paru dans la revue Neuron (cell.com) présente les particularités de la recherche réalisée.

Alors que les records réalisés par les champions du monde de la mémoire prouvent l'efficacité de l'entraînement des capacités mentales, les scientifiques ne comprenaient pas comment ces efforts marchaient du point de vue de la neurobiologie.

Les chercheurs de l'Institut de la psychiatrie sociale Max Plank de l'Université Stanford en Californie et de l'Université Radboud de Nimègue aux Pays-Bas ont essayé de comprendre les différences de fonctionnement du cerveau d'un participant aux compétitions de mémoire et d'une personne lambda.

Black Magic

Dr. Colin Ross à propos du contrôle mental, de la CIA, de MK-ULTRA


Commentaire : Nous avons du mal à imaginer que ce que nous pensons être notre personnalité, nos pensées, nos schémas mentaux, toutes ces choses immatérielles que l'on croirait parfaitement inviolables et qui font partie de la « richesse de notre paysage intérieur », puissent être en réalité oblitérées, détricotées, déconstruites, détruites, remplacées. Pour beaucoup, ces histoires de contrôle mental, ça fournit juste de bons scénarios hollywoodiens. Et représente du pain béni pour les médias toujours avides de stigmatisations conspirationnistes. Hélas pour ceux qui en font les frais, la fiction est bien en-dessous de la réalité, scientifique, elle : Heureusement pour nous, cette faiblesse apparente, cette malléabilité de l'esprit que l'on pourrait considérer comme une tare, ne sert pas uniquement d'exutoire aux tendances psychopathiques des « êtres humains » impliqués dans les abominables expériences mentionnées plus haut. Qui sait si cela ne nous donne pas la possibilité, par un travail spécifique, de pouvoir transcender nos propres instincts, notre égoïsme, nos conduites biologiques, certes tous indispensables et naturels mais qu'il convient de maîtriser et de dépasser, au final, pour le bien de tous ?

© Inconnu
Dr. Colin Ross
Mohsen Abdelmoumen : Votre livre «The CIA Doctors : Human Rights Violations by American Psychiatrists » est traumatisant et révèle les expériences criminelles de la CIA sur des sujets humains américains. Comment des médecins ont-ils pu participer à ces expériences ?

Dr. Colin Ross : Je crois que les médecins y ont participé pour diverses raisons : le patriotisme, la mentalité de la guerre froide, l'argent, le prestige parmi les collègues, le frisson d'être un «espion», la promotion académique par le biais de subventions et de documents, le sadisme, et la curiosité. Tout cela devait être accompagné de justifications et de déni.

Le projet MK-ULTRA de la CIA n'est-il pas une expérience contraire à votre déontologie, voire même criminelle ? Pourquoi aucun agent de la CIA n'a-t-il été sanctionné ?

Techniquement, les médecins n'étaient pas des agents de la CIA - ils étaient des actifs ou des contractuels. Les agents sont des employés à temps plein. Les expériences ont clairement violé le serment d'Hippocrate - donc elles devaient être gardées secrètes pour protéger la CIA et les médecins. Ils n'ont pas été punis parce que tout a été classé, puis quand les documents MKULTRA ont été déclassifiés dans les années 70, ils ont été protégés par le réseau des anciens et la corruption de la psychiatrie organisée.

Vous êtes un psychiatre, clinicien et chercheur de renommée mondiale avec un parcours remarquable. Selon vous, vos confrères qui ont participé à ces expériences sont-ils coupables et devraient-ils être jugés ?

Certains des contrats MKULTRA étaient assez insipides et appuyaient la recherche universitaire normale. Mais beaucoup ont clairement violé le serment d'Hippocrate, montrant une faute professionnelle et une mauvaise pratique délibérée qui motivaient un blâme professionnel et des poursuites pour faute professionnelle. Peu ou aucun des contractuels sont encore en vie, c'est donc maintenant un débat stérile.

Book

La formation de la personnalité par la désintégration positive - Dr Kazimierz Dabrowski

© Les Éditions Pilule Rouge
Pour le psychologue et psychiatre Kazimierz Dabrowski, la personnalité ne va pas de soi — elle doit être consciemment créée et développée par l'individu. Dans son second ouvrage en langue anglaise, La formation de la personnalité par la désintégration positive, publié pour la première fois en 1967, le Dr Dabrowski traite de la personnalité de manière exhaustive et toujours pertinente, peut-être encore plus de nos jours qu'à l'époque de sa rédaction. Dans ce livre, Dabrowski décrit les caractéristiques individuelles et universelles de la personnalité, les méthodes qui participent à son façonnage, et présente des études de cas de personnalités célèbres comme Saint-Augustin et Michel-Ange qui démontrent la nature concrète et normative du développement de la personnalité.

Cette édition comprend l'introduction originale rédigée par l'ancien président de l'American Psychological Association, O. Hobart Mowrer, une annexe détaillant une étude conduite par le Dr Dabrowski sur les enfants surdoués et les aptitudes exceptionnelles, ainsi que des articles biographiques inédits analysant la personnalité de Beethoven, Kierkegaard et Unamuno.

Fondé sur la théorie de la désintégration positive de Dabrowski, La formation de la personnalité introduit les concepts au cœur de cette théorie et du potentiel humain, de la créativité, de l'aide apportée à la société, du conflit interne, de la maladie mentale et de la croissance personnelle. La perspective globale de Dabrowski est à la fois une alternative rafraîchissante aux théories et aux courants unidimensionnels omniprésents en psychologie, et en soi une affirmation pleine et entière de tous ces aspects de la nature humaine qui sont trop souvent marginalisés, ignorés ou niés — résultat sincère et révolutionnaire des observations incisives et de la vision globale du Dr Dabrowski.

Kazimierz Dabrowski (1902-1980) a développé sa théorie de la désintégration positive au cours de sa carrière de psychologue clinicien et de psychiatre, et l'a exposée dans plus de trente livres et deux cent cinquante articles en diverses langues. Il a été professeur et directeur de Recherche clinique et d'Internat à l'université de l'Alberta.


Commentaire : Cet ouvrage est désormais disponible chez Les Éditions Pilule Rouge, sur Amazon.fr, ou bien chez votre libraire favori (sur commande). Bonne lecture !


Butterfly

Musicothérapie, la musique qui guérit 2/3

Je l'annonçais dans un commentaire, devant le succès de l'article musicothérapie, la musique qui guérit, j'ai décidé d'en faire une suite ! Chacun y est allé de sa petite suggestion, et pour vous en remercier, je propose à l'écoute plusieurs des compositeurs évoqués, en donnant plus d'infos sur chacun d'eux. A vos casques, prêt? Partez!

© Inconnu
Écouter de la musique ça fait du bien
On sait que la musique a un effet sur les plantes : Une expérience scientifique, menée avec des plantes de serre à qui on diffusait de la musique classique, a abouti à la conclusion que les plantes recevant la musique poussaient presque deux fois plus vite, et étaient plus touffues et plus colorées que le groupe-témoin de plantes « privées » de musique.

Commentaire:
Après silence, ce qui vient le plus près à exprimer l'inexprimable est musique. (Aldous Huxley)
Lire aussi :


People 2

Etre extrêmement d'accord : La façon inattendue de remporter une argumentation

Ne les contredisez pas - essayez une approche plus radicale. La recherche psychologique suggère qu'être extrêmement d'accord pourrait être la réponse pour amener les gens à changer d'avis.

La réaction naturelle lorsque l'on débat avec quelqu'un, c'est de le contredire. Cependant, montrer aux gens une version extrême de leurs opinions qui sont profondément ancrées peut les amener à réfléchir à nouveau.

Il semble que l'absurdité de l'accord extrême aide à favoriser une reconsidération.

Je suis d'accord avec vous

L'étude a recruté 150 Israéliens qui ont visualisé une vidéo sur le conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies.

La vidéo n'a pas argumenté que la poursuite du conflit était contre des valeurs profondément enracinées chez de nombreux Israéliens, c'est-à-dire le fait que de croient qu'ils sont un peuple très moral.

Au lieu de cela, la vidéo a suggéré que, parce que les Israéliens sont un peuple profondément moral, le conflit doit continuer parce qu'il est totalement en adéquation avec la moral israélienne.

Airplane Paper

Remise en question : et si on travaillait moins pour mieux profiter de la vie ?

Je suis tombé hier par hasard sur un vieil article de janvier 2014, mais qui n'a pas pris une ride car intemporel, et d'autant plus d'actualité dans le contexte de la récente Loi travail qui nous a été imposée à grands coups de 49.3 par les gradés de la kommandantur élyséenne.
Que nous le voulions ou non, nous ne sommes que de passage dans ce monde, et nous devons réfléchir à ce que nous retiendrons de ce que nous avons fait de notre courte existence le moment venu de « souffler la veilleuse ».
© Inconnu
Notre routine quotidienne tend à nous le faire oublier, mais notre vie est précieuse, et si vous l'avez perdu de vue ou en doutez encore, souvenez-vous que dans l'immensité de l'univers formé de milliards de galaxies, elles-même composées de milliards de systèmes planétaires similaires au notre, la preuve formelle de l'existence de vie n'a pas encore été apportée...

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Music

Musicothérapie, la musique qui guérit 1/3

J'ai exploré pas mal de choses pour me soigner du cancer. Fils d'une professeur de piano, ayant joué moi-même de la clarinette pendant 5 ans, je me suis bien sûr intéressé à la musique qui guérit. Y a-t-il des musiques de guérison? Les sons auraient un effet thérapeutique ? La musique pourrait guérir les maladies comme le cancer ? Je vous fais part de ma petite enquête pour répondre à cette question.

© Inconnu
Cet article participe à la radio des blogueurs événement organisé par le blog lolobobo.fr . Le principe: chaque blogueur présente son morceau de musique dans un article. Pour ma part, j'ai choisi de vous proposer une musique new-age à une fréquence qui est supposée guérir: « Temple of silence » de Deuter. Mais parlons d'abord de musicothérapie.

Commentaire: Lire aussi :


Brain

Le cerveau est câblé pour refuser de changer d'opinion politique

Une étude californienne montre que lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance, de défense, comme s'il s'agissait d'une croyance religieuse.


En jaune / rouge, les zones cérébrales activées lorsque l'on défend ses opinions politiques.
« Tu n'écoutes rien, tu restes campé sur tes positions ! » vous assène votre beau-frère, lors d'une discussion politique dans un repas de famille ? Répondez « Ce n'est pas ma faute, c'est mon cerveau », et vous aurez raison ! En effet, une étude de l'Institut du cerveau et créativité de l'université de Californie du Sud (Los Angeles) publiée dans Nature, l'affirme : le cerveau s'accroche à ses croyances politiques contre vents et marées ! Pour démontrer cela, 40 participants américains entre 18 et 39 ans, se décrivant eux-mêmes comme « libéraux » ayant « des opinions politiques solides », ont été soumis à un questionnaire où ils devaient évaluer la force de leurs opinions politiques telles que « l'avortement devrait être légal » ou « les impôts pour les riches devraient être augmentés » sur une échelle de 1 (faible) à 7 points (fort).

Puis les volontaires sont installés dans un appareil d'imagerie de résonance magnétique (IRM) qui va prendre des clichés de leur cerveau en fonctionnement alors qu'on les soumet à un petit jeu sournois. On leur projette, pendant 10 secondes, une des opinions politiques à laquelle ils ont adhéré totalement (entre 6 et 7 points). Puis s'affichent successivement, pendant 10 secondes également, cinq arguments provocants qui contrent l'opinion de départ, quitte à être mensongers.

People

Aider ses proches augmente l'espérance de vie

Les gens qui aident et supportent les proches auraient tendance à vivre plus longtemps, selon une étude publiée dans la revue Evolution and Human Behavior.

Sonja Hilbrand du département de Psychologie de l'Université de Bâle et ses collègues ont mené cette étude avec plus de 500 personnes âgées de 70 à 103 ans.

Les grands-parents, qui étaient des soignants ou gardiens primaire,s n'étaient pas inclus dans cette étude. Les chercheurs ont plutôt comparé ceux fournissant des services de garde occasionnels à ceux ne le faisant pas, ainsi qu'aux personnes du même âge n'ayant pas d'enfants ou de petits-enfants, mais qui apportaient de l'aide à des gens de leur réseau social.Les grands-parents qui prenaient soin de leurs petits-enfants vivaient en moyenne plus longtemps que ceux ne le faisant pas.

La moitié des grands-parents qui s'occupaient de leurs petits-enfants vivaient encore une dizaine d'années après la première entrevue en 1990. La même chose s'appliquait aux participants qui n'avaient pas de petits-enfants, mais apportaient de l'aide à leurs enfants - par exemple en aidant aux travaux ménagers. Alors qu'environ la moitié de ceux qui n'apportaient pas d'aide étaient décédés cinq ans après la première entrevue.

Commentaire: Et vous ? Quelle est votre attitude dans la vie ? Au service des autres (SDA) ou au service de soi (SDS) ?


Brain

Pourquoi les gens les plus incompétents se croient meilleurs que les autres

Le 21 novembre, alors que les vétérans de la droite française terminaient un nouveau tour de poker menteur entre anciens Premiers ministres, Le Monde ressortait des cartons une mémorable étude de psychologie sur l'auto-évaluation des compétences, parue à la fin du millénaire, que résumait le titre de l'article : "pourquoi les incompétents se croient si doués."
© Inconnu
A l'heure où Trump, de l'autre coté de l'océan, distille les noms de sa future équipe gouvernementale, l'occasion de faire le lien était également trop belle pour la presse américaine. Tout sauf une première. Depuis sa publication en 1999 dans le Journal of Personality and Social Psychology, l'étude du psychologue américain David Dunning et de son étudiant de l'université Cornell Justin Kruger va et vient inlassablement dans les couloirs de l'information médiatique, régulièrement oubliée puis redécouverte à la faveur d'un événement d'actualité où l'incompétence saute particulièrement aux yeux - toute ressemblance avec un récent rendez-vous politique ne serait évidemment que fortuite.

En une quinzaine d'années, le désormais culte « effet Dunning-Kruger » a gagné sa place au Hall of Fame de la psychologie, quelque part entre l'expérience de Milgram et la loi de Murphy. C'est que derrière son titre un peu rasoir - "Unskilled and Unaware of It: How Difficulties in Recognizing One's Own Incompetence Lead to Inflated Self-Assessments" -, l'article présente, avec une subtile pointe d'humour, des résultats incontestables : oui, les plus incompétents sont généralement ceux qui ont la plus haute opinion de leurs capacités.