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dim., 26 mar. 2017
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
Carte

People 2

Etre extrêmement d'accord : La façon inattendue de remporter une argumentation

Ne les contredisez pas - essayez une approche plus radicale. La recherche psychologique suggère qu'être extrêmement d'accord pourrait être la réponse pour amener les gens à changer d'avis.

La réaction naturelle lorsque l'on débat avec quelqu'un, c'est de le contredire. Cependant, montrer aux gens une version extrême de leurs opinions qui sont profondément ancrées peut les amener à réfléchir à nouveau.

Il semble que l'absurdité de l'accord extrême aide à favoriser une reconsidération.

Je suis d'accord avec vous

L'étude a recruté 150 Israéliens qui ont visualisé une vidéo sur le conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies.

La vidéo n'a pas argumenté que la poursuite du conflit était contre des valeurs profondément enracinées chez de nombreux Israéliens, c'est-à-dire le fait que de croient qu'ils sont un peuple très moral.

Au lieu de cela, la vidéo a suggéré que, parce que les Israéliens sont un peuple profondément moral, le conflit doit continuer parce qu'il est totalement en adéquation avec la moral israélienne.

Airplane Paper

Remise en question : et si on travaillait moins pour mieux profiter de la vie ?

Je suis tombé hier par hasard sur un vieil article de janvier 2014, mais qui n'a pas pris une ride car intemporel, et d'autant plus d'actualité dans le contexte de la récente Loi travail qui nous a été imposée à grands coups de 49.3 par les gradés de la kommandantur élyséenne.
Que nous le voulions ou non, nous ne sommes que de passage dans ce monde, et nous devons réfléchir à ce que nous retiendrons de ce que nous avons fait de notre courte existence le moment venu de « souffler la veilleuse ».
© Inconnu
Notre routine quotidienne tend à nous le faire oublier, mais notre vie est précieuse, et si vous l'avez perdu de vue ou en doutez encore, souvenez-vous que dans l'immensité de l'univers formé de milliards de galaxies, elles-même composées de milliards de systèmes planétaires similaires au notre, la preuve formelle de l'existence de vie n'a pas encore été apportée...

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Music

Musicothérapie, la musique qui guérit 1/3

J'ai exploré pas mal de choses pour me soigner du cancer. Fils d'une professeur de piano, ayant joué moi-même de la clarinette pendant 5 ans, je me suis bien sûr intéressé à la musique qui guérit. Y a-t-il des musiques de guérison? Les sons auraient un effet thérapeutique ? La musique pourrait guérir les maladies comme le cancer ? Je vous fais part de ma petite enquête pour répondre à cette question.

© Inconnu
Cet article participe à la radio des blogueurs événement organisé par le blog lolobobo.fr . Le principe: chaque blogueur présente son morceau de musique dans un article. Pour ma part, j'ai choisi de vous proposer une musique new-age à une fréquence qui est supposée guérir: « Temple of silence » de Deuter. Mais parlons d'abord de musicothérapie.

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Brain

Le cerveau est câblé pour refuser de changer d'opinion politique

Une étude californienne montre que lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance, de défense, comme s'il s'agissait d'une croyance religieuse.


En jaune / rouge, les zones cérébrales activées lorsque l'on défend ses opinions politiques.
« Tu n'écoutes rien, tu restes campé sur tes positions ! » vous assène votre beau-frère, lors d'une discussion politique dans un repas de famille ? Répondez « Ce n'est pas ma faute, c'est mon cerveau », et vous aurez raison ! En effet, une étude de l'Institut du cerveau et créativité de l'université de Californie du Sud (Los Angeles) publiée dans Nature, l'affirme : le cerveau s'accroche à ses croyances politiques contre vents et marées ! Pour démontrer cela, 40 participants américains entre 18 et 39 ans, se décrivant eux-mêmes comme « libéraux » ayant « des opinions politiques solides », ont été soumis à un questionnaire où ils devaient évaluer la force de leurs opinions politiques telles que « l'avortement devrait être légal » ou « les impôts pour les riches devraient être augmentés » sur une échelle de 1 (faible) à 7 points (fort).

Puis les volontaires sont installés dans un appareil d'imagerie de résonance magnétique (IRM) qui va prendre des clichés de leur cerveau en fonctionnement alors qu'on les soumet à un petit jeu sournois. On leur projette, pendant 10 secondes, une des opinions politiques à laquelle ils ont adhéré totalement (entre 6 et 7 points). Puis s'affichent successivement, pendant 10 secondes également, cinq arguments provocants qui contrent l'opinion de départ, quitte à être mensongers.

People

Aider ses proches augmente l'espérance de vie

Les gens qui aident et supportent les proches auraient tendance à vivre plus longtemps, selon une étude publiée dans la revue Evolution and Human Behavior.

Sonja Hilbrand du département de Psychologie de l'Université de Bâle et ses collègues ont mené cette étude avec plus de 500 personnes âgées de 70 à 103 ans.

Les grands-parents, qui étaient des soignants ou gardiens primaire,s n'étaient pas inclus dans cette étude. Les chercheurs ont plutôt comparé ceux fournissant des services de garde occasionnels à ceux ne le faisant pas, ainsi qu'aux personnes du même âge n'ayant pas d'enfants ou de petits-enfants, mais qui apportaient de l'aide à des gens de leur réseau social.Les grands-parents qui prenaient soin de leurs petits-enfants vivaient en moyenne plus longtemps que ceux ne le faisant pas.

La moitié des grands-parents qui s'occupaient de leurs petits-enfants vivaient encore une dizaine d'années après la première entrevue en 1990. La même chose s'appliquait aux participants qui n'avaient pas de petits-enfants, mais apportaient de l'aide à leurs enfants - par exemple en aidant aux travaux ménagers. Alors qu'environ la moitié de ceux qui n'apportaient pas d'aide étaient décédés cinq ans après la première entrevue.

Commentaire: Et vous ? Quelle est votre attitude dans la vie ? Au service des autres (SDA) ou au service de soi (SDS) ?


Brain

Pourquoi les gens les plus incompétents se croient meilleurs que les autres

Le 21 novembre, alors que les vétérans de la droite française terminaient un nouveau tour de poker menteur entre anciens Premiers ministres, Le Monde ressortait des cartons une mémorable étude de psychologie sur l'auto-évaluation des compétences, parue à la fin du millénaire, que résumait le titre de l'article : "pourquoi les incompétents se croient si doués."
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A l'heure où Trump, de l'autre coté de l'océan, distille les noms de sa future équipe gouvernementale, l'occasion de faire le lien était également trop belle pour la presse américaine. Tout sauf une première. Depuis sa publication en 1999 dans le Journal of Personality and Social Psychology, l'étude du psychologue américain David Dunning et de son étudiant de l'université Cornell Justin Kruger va et vient inlassablement dans les couloirs de l'information médiatique, régulièrement oubliée puis redécouverte à la faveur d'un événement d'actualité où l'incompétence saute particulièrement aux yeux - toute ressemblance avec un récent rendez-vous politique ne serait évidemment que fortuite.

En une quinzaine d'années, le désormais culte « effet Dunning-Kruger » a gagné sa place au Hall of Fame de la psychologie, quelque part entre l'expérience de Milgram et la loi de Murphy. C'est que derrière son titre un peu rasoir - "Unskilled and Unaware of It: How Difficulties in Recognizing One's Own Incompetence Lead to Inflated Self-Assessments" -, l'article présente, avec une subtile pointe d'humour, des résultats incontestables : oui, les plus incompétents sont généralement ceux qui ont la plus haute opinion de leurs capacités.

Brain

Une petite dose de pleine conscience pendant les fêtes ?


Commentaire : Jouons les rabats-joies, mais pas trop quand même : il ne s'agirait pas d'être un peu trop conscient pendant ces fêtes, en passant, tiens, à la loupe, la nature réelle de ce qui défile sous le sapin et dans nos assiettes, la nature réelle des relations que nous entretenons avec notre famille et nos amis, la nature réelle d'une célébration détournée, aux origines oubliées, devenue désormais un alibi merveilleux pour notre soif de possession matérielle. Non, ne faisons pas cela.


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Le magasinage de Noël, les décorations, les parties et les réunions de famille peuvent engendrer beaucoup de stress. Pour certains, cette pression pour diffuser la joie de fêtes par des cadeaux, des repas et des rassemblements peut conduire à des comportements excessifs, qui a un impact négatif sur le bien-être, souligne une étude publiée dans le Journal of Public Policy & Marketing.

Sonya A. Grier de la Kogod School of Business et ses collègues font valoir que la pleine conscience (« mindfulness ») peut être un antidote aux effets néfastes d'une consommation insuffisamment réfléchie résultant de pensées automatiques, d'habitudes et de modes de comportements malsains.

« Les consommateurs peuvent s'engager dans des pratiques de consommation plus consciente pour atténuer potentiellement les effets négatifs qu'une consommation automatique, telle que trop manger, trop boire ou faire des achats frivoles, peut avoir sur le bien-être" », dit-elle. La pleine conscience « permet à un esprit entraîné de faire des choix délibérés et d'être moins sensible aux messages persuasifs. Pour l'esprit non entraîné, la conscience objective est régulièrement détournée par une abondance de souvenirs, de perceptions, de pensées, d'émotions et de jugements, ce qui a pour conséquence un gaspillage de temps, d'énergie et d'attention, qui sont toutes des ressources limitées. »

Heart

À la recherche de l'humanité avec Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry, mort le 31 juillet 1944 alors qu'il effectuait un vol de reconnaissance photographique des côtes françaises, n'a cessé d'exprimer, dans ses œuvres, son tourment de voir l'homme vivre trop souvent en-dessous de lui-même, en-dessous de sa véritable humanité.

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Antoine de Saint-Exupéry ( 1900 - 1944 )
« Aujourd'hui [...] je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui, n'ayant connu que le bar, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd'hui dans une action strictement grégaire qui n'a plus aucune couleur. » [1]

Alarm Clock

La méditation selon le Dr. John Kabat-Zinn

Pour la première fois, le docteur Jon Kabat-Zinn est venu en France pour parler de la méditation de la pleine conscience et des méthodes qu'il a commencé à mettre au point il y a 30 ans maintenant, aux Etats-Unis. Il vient de fêter ses 65 ans. Son travail commence à peine à être découvert par les Européens, du moins dans le milieu médical, encore peu familiarisé avec les étonnantes capacités de transformation de l'esprit. Mais les choses changent rapidement.

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John Kabat-Zinn
En quelques jours, dès l'annonce de sa venue à Paris pour animer un séminaire, plus de 300 personnes se sont inscrites pour venir écouter cet homme, qui est à la fois médecin, scientifique, écrivain, enseignant de méditation et professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université du Massachussets (le célèbre MIT), où il a fondé en 1979, la première clinique de réduction du stress, la Mindfulness Based Stress Reduction Clinic (MBSR = Méditation de la pleine conscience pour réduire le stress).

Chalkboard

Plus on ment, plus il est facile de mentir et plus le cerveau est endommagé

Une nouvelle étude a montré que la partie du cerveau qui est activée pendant un mensonge réagit de moins en moins à chaque mensonge suivant, apportant une nouvelle explication au fait que des mensonges apparemment mineurs finissent par conduire à des actes sérieusement malhonnêtes.
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La personne qui ment émet des signes pouvant être décelés.
Si vous mentez une fois, vous mentirez probablement encore. C'est la conclusion formelle d'une étude récemment publiée dans la revue Nature Neuroscience. En bref, le fait de dire de petits mensonges sans importance désensibilise le cerveau à la malhonnêteté et facilite progressivement le mensonge.

« Qu'il s'agisse d'évasion fiscale, d'infidélité, de dopage sportif, d'inventer des données scientifiques ou de fraude financière, les menteurs se rappellent souvent comment les petites actions malhonnêtes du début ont fini par les conduire à des crimes assez importants », commentait Tali Sharot, neuroscientifique à l'University College London (UCL) et auteur principal de l'étude.

Lorsque nous trompons quelqu'un, la partie du cerveau qui régule l'émotion (le noyau amygdalien) est activée et nous ressentons souvent de la honte ou de la culpabilité. Cette zone réagit aussi lorsque nous voyons quelque chose qui nous rend heureux (comme la dernière vidéo à la mode d'un chat adorable sur YouTube) ou triste. Il a déjà été démontré que lorsque nous voyons et revoyons ces scènes gaies ou tristes, le noyau amygdalien réagit de moins en moins à chaque fois. L'équipe de l'UCL voulait savoir s'il en allait de même pour le mensonge.


Commentaire : « Le mensonge génère une activité cérébrale unique qui peut être mesurée par l'IRM fonctionnelle (IRMf), des scanners cérébraux qui pourraient un jour devenir un outil d'expertise médico-légale bien plus puissant que le lacunaire test polygraphique. » Voir la suite en fin d'article.

Lire aussi :

Commentaire: Utilisation de l'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique pour détecter les mensonges en psychologie légale. Impact du mensonge sur l'activité du cerveau.

De Kaja Perina

Le mensonge génère une activité cérébrale unique qui peut être mesurée par l'IRM fonctionnelle (IRMf), des scanners cérébraux qui pourraient un jour devenir un outil d'expertise médico-légale bien plus puissant que le lacunaire test polygraphique.

Des chercheurs ont distribué des cartes à jouer à 18 sujets, une carte par sujet, puis, contre rétribution, leur ont demandé de mentir à un ordinateur à propos de ladite carte tandis que leur cerveau subissait une IRMf. En cas de mensonge, les scans des sujets ont révélé une activité accrue dans plusieurs régions du cerveau, dont le cortex cingulaire antérieur, qui est impliqué dans la gestion des conflits, l'inhibition de l'attention et de la réponse. Selon Daniel Langleben, M.D., professeur de psychiatrie à l'université de Pennsylvanie et responsable du projet, cela confirme que la réaction « par défaut » du cerveau est de dire la vérité. « Aucune zone du cerveau n'a plus de difficultés à dire la vérité qu'à mentir », selon Langleben. ...

Anterior Cingulate Gyrus Dysfunction and Selective Attention Deficits in Schizophrenia: [15O]H2O PET Study During Single-Trial Stroop Task Performance [Dysfonctionnement du cortex cingulaire antérieur et déficit de l'attention sélective chez les schizophrènes : [15O]H2O PET étude sur la performance au test de Stroop]

Dans cette étude, les auteurs ont exploré la fonction du cortex cingulaire antérieur (CCA) mentionné ci-haut dans l'article sur le mensonge, et ont découvert que les patients schizophrènes présentent une activation du cortex cingulaire antérieur extrêmement plus faible lorsqu'ils mentent. C'est-à-dire que mentir sans provoquer l'activation du CCA signifie que l'on a sombré dans la folie.

Un article de Wikipedia sur le sujet apporte des indices intéressants quant à la possibilité que le mensonge et la croyance en des mensonges endommage le cerveau :
La partie dorsale du CCA est connectée avec le cortex préfrontal et le cortex pariétal ainsi que les aires motrices et l'aire motrice oculaire frontale ce qui en fait une station centrale de traitement pour des stimuli montants et descendants et d'affectation de contrôle vers d'autres zones du cerveau. [...] Le CCA semble être particulièrement impliqué lorsqu'un effort est nécessaire pour mener à bien une tâche, comme dans l'apprentissage et la résolution de problèmes. De nombreuses études lui attribuent des fonctions telles que la détection d'erreur, l'anticipation des tâches, la motivation et la modulation des réactions émotionnelles.

L'activité du CCA dans des expériences sur l'effet Stroop (conçues pour mesurer la conformité à des chemins décisionnels séquentiels) reste relativement élevée chez les sujets humains moyens lorsque le choix de la spontanéité est abandonné. La répétition d'une tâche que l'on fait de manière spontanée, des réponses originales à des productions rigides, des réponses stéréotypées provoquent une diminution de la réponse du CCA.

Alors que la plupart des recherches se sont concentrées sur des tâches limitées - souvent pour diagnostiquer subjectivement un trouble du déficit de l'attention - des recherches récentes sur des singes ont révélé que l'activité accrue du CCA (généralement associée à une réduction de l'utilisation de dopamine) réduisait la capacité d'apprendre à utiliser des indices visuels pour l'anticipation de récompenses. [...]

Les preuves selon lesquelles le CCA possède une fonction de détection d'erreur sont issues d'observations consistantes de la présence d'une négativité d'erreur (ERN, ou Error Related Negativity) uniquement générée dans le CCA en cas d'erreur. [...]

L'étude des effets des dégâts causés au CCA offre un aperçu du type de fonction qu'il occupe dans un cerveau intact. Les comportements associés aux lésions du CCA incluent : incapacité à détecter les erreurs, difficulté conséquente à résoudre les conflits de stimuli... instabilité émotionnelle, inattention, et mutisme akinétique.

Selon les indices recueillis, les patients atteints de schizophrénie présentent un CCA endommagé, des études ayant montré que ces patients avaient des difficultés à gérer des lieux spatiaux contradictoires lors de tests de Stroop et présentaient des ERNs anormales. Les participants souffrant d'un trouble de l'attention présentaient une activation moindre de la région dorsale du CCA lorsqu'ils exécutaient une tâche de Stroop. Ces découvertes corroborent les résultats obtenus sur la variété des fonctions attribuées au CCA dans le cadre d'études utilisant l'imagerie électrique.

Helen S. Mayberg... a identifié l'aire 25 de Brodmann comme conduit-clé de la circulation neuronale entre le cortex frontal « pensant » et la zone limbique centrale phylogéniquement plus ancienne qui donne lieu aux émotions. Mayberg a ensuite découvert que l'aire 25 semblait suractivée chez ces personnes dépressives - « comme une porte laissée ouverte qui permettrait aux émotions négatives de submerger les processus de raisonnement ainsi que l'humeur », explique-t-elle...

La région CCA du cerveau est associée à de nombreuses fonctions qui requièrent une expérience consciente de la part du sujet. Des niveaux supérieurs d'activation du CCA ont été observés chez des participants de sexe féminin plus conscients émotionnellement parlant, lorsqu'on leur montrait de courts extraits de vidéos « émotionnelles ». Une meilleure conscience émotionnelle est associée à une reconnaissance supérieure de signaux ou de cibles émotionnels, reconnaissance reflétée par l'activation du CCA.

L'idée que la prise de conscience est associée au CCA est étayée par le fait que lorsque les réponses données par le sujet ne correspondent pas aux vraies réponses, une ERN plus importante est générée.

Une étude a observé la présence d'une ERN même lorsque les sujets n'étaient pas conscients de leur erreur. La conscience ne semble pas être nécessaire pour provoquer une ERN, mais elle pourrait influer sur l'effet de l'ampleur de l'ERN feed-back. À rapprocher de la théorie de l'apprentissage fondée sur la récompense, la conscience pourrait moduler les violations des attentes. Une conscience accrue pourrait résulter en une diminution des violations des attentes, tandis qu'une conscience diminuée pourrait générer l'effet inverse...
Les indices semblent tous pointer vers l'idée que mentir, s'accrocher à un mensonge, même s'il ne s'agit que d'un mensonge à soi-même, et croire à des mensonges, endommage cette zone du cerveau. Il est dit que toute lésion du tissu cérébral provoque un certain relâchement du raisonnement pertinent et que, en conséquence, cela peut affecter la personnalité. Lobaczewski fait remarquer que les personnes qui n'aiment pas penser, se focaliser, ou parler de sujets dérangeants lorsque ces éléments dérangeants les environnent, doivent recourir à des sortes d'œillères les rendant inaptes à voir à la vérité. Ils agissent avant tout ainsi parce que, s'ils affrontaient la vérité sans ciller, s'ils sentaient en eux comme un principe interne, ils devraient faire des changements souvent inconfortables ou malvenus dans leur vie. Par exemple, une femme qui se ment à elle-même sur les infidélités de son mari volage adopte ce comportement parce que, si elle affronte la vérité, elle devra faire un choix, décider quoi faire : divorcer et changer complètement de vie (c'est-à-dire celle à laquelle elle est habituée - « un danger connu est préférable à un danger inconnu ») ou accepter la situation, auquel cas elle devra s'autocensurer - ou censurer ses amis et sa famille. Bien sûr, certaines femmes s'en sortent en projetant une attitude de je-m'en-foutisme, clamant qu'elles ont une relation « libre ». Dans certains cas, c'est peut-être vrai, mais la plupart du temps, elle ne font que se mentir à elles-mêmes, à un autre niveau. Et n'est-ce pas justement de cela que je parle ? La limite étant bientôt atteinte, les gens ont de plus en plus recours aux illusions auto-générées afin d'éviter de faire face à la cruelle vérité, à la vérité sans fards.

En tous les cas, ce processus revient à éliminer consciemment ou inconsciemment des informations de son champ de vision. Cela peut devenir une habitude. Mais il y a un prix à payer. Tout processus de pensée fondé sur des informations incomplètes et où, à un certain niveau, le Moi sait qu'elles ont été ignorées ou éliminées afin - par désir ou besoin - d'arriver à une conclusion plus plaisante, plus acceptable socialement parlant, relève du raisonnement psychopathique. Et que se passe-t-il lorsqu'on prend l'habitude de raisonner comme un psychopathe, même si l'on en est pas un soi-même, génétiquement parlant ? Cela conduit le cerveau à la psychopathologie ; et une fois que ce seuil a été franchi, il est très dur de faire demi-tour.

Extrait de l'article Le cadeau des Rois mages aux élus