Bienvenue à Sott.net
sam., 16 déc. 2017
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
Carte

Family

Expérience de Milgram : 50 ans plus tard, toujours fin prêts à torturer nos semblables


Commentaire : Il y a sans doute une prédisposition naturelle, ou apparaissant comme telle chez l'être humain, à la soumission aux figures de l'autorité : de façon générale, un enfant obéit instinctivement à ses parents. Une tendance à l'obéissance mise à profit, depuis des siècles, par ceux que le pouvoir attire, ceux qui ont donc construit le système que nous connaissons actuellement et qui voit chaque être humain de la planète assujetti aux conventions morales, sociales et politiques de son pays, où l'autorité de l'État se substitue finalement à l'autorité parentale.
L'auteur de l'expérience de la prison de Stanford, Zimbardo, est devenu un témoin expert de la défense pendant la Cour Martiale de l'un des gardiens de nuit de l'infâme groupe des « Sept d'Abu Ghraib », Ivan "Chip" Frederick. En raison de son expérience avec l'histoire de la Prison de Stanford, Zimbardo a fait valoir que c'était la situation qui avait généré ces comportements aberrants chez des gens d'ordinaire bons. Alors que l'armée décrivait ces gardes comme quelques « pommes pourries » dans un pourtant bon cageot de l'armée américaine, Zimbardo a fait valoir que ces gardiens étaient tout à fait normaux, de bonnes pommes dans un cageot pourri. (...) Pour appuyer son accusation selon laquelle le cageot, plutôt que les pommes, était pourri, Zimbardo a mis le système lui-même à l'essai dans « l'Effet Lucifer » (7). Il a constaté que les ordres, les attentes, et la pression de la torture venaient du sommet de la chaîne de commandement, et ses analyses mettaient en évidence la culpabilité du Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, du directeur de la CIA George Tenet, du lieutenant général Ricardo Sanchez, du général Geoffrey Miller, du vice-président Dick Cheney, et du président George W. Bush.

Les analyses détaillées de Zimbardo concluent que « ce cageot de pommes a commencé à pourrir de haut en bas. » Pourtant, il fait aussi l'éloge de nombreux héros, ces dénonciateurs du bas vers le haut de la hiérarchie militaire, ces êtres humains qui ont risqué leur vie et leur carrière en se levant et se montrant déterminé face à ce système toxique.
A la lecture de ce qui précède, on réalise qu'une structure sociale de type pyramidale est une configuration idéale. Elle favorise la dissémination des comportements pathologiques : les personnes qui se situent au sommet de l'édifice ont tout loisir d'infecter les personnes sous leur autorité. Ainsi une personne ordinaire peut voir son « capital bonté » corrompu, diminué, disparu, sous l'effet d'une pression quelconque venant d'un individu qu'elle aura considéré comme « hiérarchiquement supérieure », d'une quelconque manière. Dans le cadre de l'expérience de Milgram, le conflit intérieur que ce genre de situation peut engendrer chez un individu normalement constitué voit apparaître un phénomène de désengagement moral qui transforme le comportement des personnes ordinaires, bonnes a priori, en court-circuitant toute éventuelle culpabilité. Parachevant ainsi la corruption d'un esprit qui n'était pas foncièrement mauvais, à la base. Que les résultats des tests restent les mêmes 50 ans après, cela ne nous montre t-il pas que les soi-disant progrès moraux dont se gargarisent nos sociétés modernes ne sont qu'une illusion ?

milgram experience
© Inconnu
50 ans après la célèbre expérience du psychologue américain Stanley Milgram, une réplication de celle-ci montre que les gens sont toujours aussi prêts à faire du mal à d'autres afin d'obéir à l'autorité, montre une étude publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science (SPPS).

Dans l'expérience de Milgram, publiée en 1963, des volontaires, croyant qu'ils testaient les effets de la punition sur l'apprentissage, administraient, sous les ordres d'un expérimentateur, ce qu'ils croyaient être des chocs électriques, d'intensités de plus en plus grandes, à une autre personne (qui était en fait un acteur) se trouvant dans une pièce séparée.

Dariusz Doliński, chercheur en psychologie sociale à la SWPS University of Social Sciences and Humanities (Pologne) et ses collègues ont recruté 80 participants (40 hommes et 40 femmes), âgés de 18 à 69 ans. Les participants disposaient de 10 boutons, chacun délivrant un niveau de « choc » plus élevé. Alors que les considérations éthiques empêchaient une réplication complète des expériences, les chercheurs ont créé une configuration similaire avec des niveaux de « choc » inférieurs.

Frog

Les contes de fées comme thérapie

Il était une fois... Ces trois mots ont à jamais un pouvoir magique à nos yeux à tous, enfants comme adultes, le pouvoir de nous transporter dans l'imaginaire, dans un ailleurs temporel, spatial (dans un pays lointain), merveilleux... L'ouverture du conte, c'est d'abord l'ouverture à tous les possibles. Mais qu'est-ce qui, dans le conte, agit et permet de penser, de rêver, de jouer ? Qu'est-ce qui en fait un outil thérapeutique ?

contes
© THE BRITISH LIBRARY BOARD, GETTY IMAGES
Une des premières vertus du conte tient au fait que, sous une forme merveilleuse, il traite des questions fondamentales de l'homme. Il s'adresse à nous tous, au groupe comme à l'individu, et bien sûr à l'enfant. Il intervient d'ailleurs de plus en plus dans différentes formes de thérapie. Son langage a la familiarité du récit oral. Il est fait pour être dit et non lu. Il conserve et transmet l'expérience humaine et nous parle de la naissance et de la mort, de l'homme et de la femme, de la richesse et de la pauvreté, de l'envie et de la rivalité, de l'apprentissage de la vie, du mystère des origines...

Brain

Des chercheurs comprennent comment obtenir une meilleure mémoire

Six semaines d'entraînement de la mémoire changent le nombre et la structure des liens entre les neurones dans le cerveau et permettent d'améliorer de façon inédite ses capacités.

Brain
Une étude entreprise par une équipe internationale de neurobiologistes a permis de découvrir que six semaines d'entraînement de la mémoire occasionnaient des changements importants dans le cerveau et étaient en mesure de renforcer de façon considérable ses capacités. Un article paru dans la revue Neuron (cell.com) présente les particularités de la recherche réalisée.

Alors que les records réalisés par les champions du monde de la mémoire prouvent l'efficacité de l'entraînement des capacités mentales, les scientifiques ne comprenaient pas comment ces efforts marchaient du point de vue de la neurobiologie.

Les chercheurs de l'Institut de la psychiatrie sociale Max Plank de l'Université Stanford en Californie et de l'Université Radboud de Nimègue aux Pays-Bas ont essayé de comprendre les différences de fonctionnement du cerveau d'un participant aux compétitions de mémoire et d'une personne lambda.

Black Magic

Dr. Colin Ross à propos du contrôle mental, de la CIA, de MK-ULTRA


Commentaire : Nous avons du mal à imaginer que ce que nous pensons être notre personnalité, nos pensées, nos schémas mentaux, toutes ces choses immatérielles que l'on croirait parfaitement inviolables et qui font partie de la « richesse de notre paysage intérieur », puissent être en réalité oblitérées, détricotées, déconstruites, détruites, remplacées. Pour beaucoup, ces histoires de contrôle mental, ça fournit juste de bons scénarios hollywoodiens. Et représente du pain béni pour les médias toujours avides de stigmatisations conspirationnistes. Hélas pour ceux qui en font les frais, la fiction est bien en-dessous de la réalité, scientifique, elle : Heureusement pour nous, cette faiblesse apparente, cette malléabilité de l'esprit que l'on pourrait considérer comme une tare, ne sert pas uniquement d'exutoire aux tendances psychopathiques des « êtres humains » impliqués dans les abominables expériences mentionnées plus haut. Qui sait si cela ne nous donne pas la possibilité, par un travail spécifique, de pouvoir transcender nos propres instincts, notre égoïsme, nos conduites biologiques, certes tous indispensables et naturels mais qu'il convient de maîtriser et de dépasser, au final, pour le bien de tous ?

Dr. Colin Ross
© Inconnu
Dr. Colin Ross
Mohsen Abdelmoumen : Votre livre «The CIA Doctors : Human Rights Violations by American Psychiatrists » est traumatisant et révèle les expériences criminelles de la CIA sur des sujets humains américains. Comment des médecins ont-ils pu participer à ces expériences ?

Dr. Colin Ross : Je crois que les médecins y ont participé pour diverses raisons : le patriotisme, la mentalité de la guerre froide, l'argent, le prestige parmi les collègues, le frisson d'être un «espion», la promotion académique par le biais de subventions et de documents, le sadisme, et la curiosité. Tout cela devait être accompagné de justifications et de déni.

Le projet MK-ULTRA de la CIA n'est-il pas une expérience contraire à votre déontologie, voire même criminelle ? Pourquoi aucun agent de la CIA n'a-t-il été sanctionné ?

Techniquement, les médecins n'étaient pas des agents de la CIA - ils étaient des actifs ou des contractuels. Les agents sont des employés à temps plein. Les expériences ont clairement violé le serment d'Hippocrate - donc elles devaient être gardées secrètes pour protéger la CIA et les médecins. Ils n'ont pas été punis parce que tout a été classé, puis quand les documents MKULTRA ont été déclassifiés dans les années 70, ils ont été protégés par le réseau des anciens et la corruption de la psychiatrie organisée.

Vous êtes un psychiatre, clinicien et chercheur de renommée mondiale avec un parcours remarquable. Selon vous, vos confrères qui ont participé à ces expériences sont-ils coupables et devraient-ils être jugés ?

Certains des contrats MKULTRA étaient assez insipides et appuyaient la recherche universitaire normale. Mais beaucoup ont clairement violé le serment d'Hippocrate, montrant une faute professionnelle et une mauvaise pratique délibérée qui motivaient un blâme professionnel et des poursuites pour faute professionnelle. Peu ou aucun des contractuels sont encore en vie, c'est donc maintenant un débat stérile.

Book

La formation de la personnalité par la désintégration positive - Dr Kazimierz Dabrowski

La formation de la personnalité par la désintégration positive
© Les Éditions Pilule Rouge
Pour le psychologue et psychiatre Kazimierz Dabrowski, la personnalité ne va pas de soi — elle doit être consciemment créée et développée par l'individu. Dans son second ouvrage en langue anglaise, La formation de la personnalité par la désintégration positive, publié pour la première fois en 1967, le Dr Dabrowski traite de la personnalité de manière exhaustive et toujours pertinente, peut-être encore plus de nos jours qu'à l'époque de sa rédaction. Dans ce livre, Dabrowski décrit les caractéristiques individuelles et universelles de la personnalité, les méthodes qui participent à son façonnage, et présente des études de cas de personnalités célèbres comme Saint-Augustin et Michel-Ange qui démontrent la nature concrète et normative du développement de la personnalité.

Cette édition comprend l'introduction originale rédigée par l'ancien président de l'American Psychological Association, O. Hobart Mowrer, une annexe détaillant une étude conduite par le Dr Dabrowski sur les enfants surdoués et les aptitudes exceptionnelles, ainsi que des articles biographiques inédits analysant la personnalité de Beethoven, Kierkegaard et Unamuno.

Fondé sur la théorie de la désintégration positive de Dabrowski, La formation de la personnalité introduit les concepts au cœur de cette théorie et du potentiel humain, de la créativité, de l'aide apportée à la société, du conflit interne, de la maladie mentale et de la croissance personnelle. La perspective globale de Dabrowski est à la fois une alternative rafraîchissante aux théories et aux courants unidimensionnels omniprésents en psychologie, et en soi une affirmation pleine et entière de tous ces aspects de la nature humaine qui sont trop souvent marginalisés, ignorés ou niés — résultat sincère et révolutionnaire des observations incisives et de la vision globale du Dr Dabrowski.

Kazimierz Dabrowski (1902-1980) a développé sa théorie de la désintégration positive au cours de sa carrière de psychologue clinicien et de psychiatre, et l'a exposée dans plus de trente livres et deux cent cinquante articles en diverses langues. Il a été professeur et directeur de Recherche clinique et d'Internat à l'université de l'Alberta.


Commentaire : Cet ouvrage est désormais disponible chez Les Éditions Pilule Rouge, sur Amazon.fr, ou bien chez votre libraire favori (sur commande). Bonne lecture !


Butterfly

Musicothérapie, la musique qui guérit 2/3

Je l'annonçais dans un commentaire, devant le succès de l'article musicothérapie, la musique qui guérit, j'ai décidé d'en faire une suite ! Chacun y est allé de sa petite suggestion, et pour vous en remercier, je propose à l'écoute plusieurs des compositeurs évoqués, en donnant plus d'infos sur chacun d'eux. A vos casques, prêt? Partez!

musique
© Inconnu
Écouter de la musique ça fait du bien
On sait que la musique a un effet sur les plantes : Une expérience scientifique, menée avec des plantes de serre à qui on diffusait de la musique classique, a abouti à la conclusion que les plantes recevant la musique poussaient presque deux fois plus vite, et étaient plus touffues et plus colorées que le groupe-témoin de plantes « privées » de musique.

Commentaire:
Après silence, ce qui vient le plus près à exprimer l'inexprimable est musique. (Aldous Huxley)
Lire aussi :


People 2

Etre extrêmement d'accord : La façon inattendue de remporter une argumentation

argument
Ne les contredisez pas - essayez une approche plus radicale. La recherche psychologique suggère qu'être extrêmement d'accord pourrait être la réponse pour amener les gens à changer d'avis.

La réaction naturelle lorsque l'on débat avec quelqu'un, c'est de le contredire. Cependant, montrer aux gens une version extrême de leurs opinions qui sont profondément ancrées peut les amener à réfléchir à nouveau.

Il semble que l'absurdité de l'accord extrême aide à favoriser une reconsidération.

Je suis d'accord avec vous

L'étude a recruté 150 Israéliens qui ont visualisé une vidéo sur le conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies.

La vidéo n'a pas argumenté que la poursuite du conflit était contre des valeurs profondément enracinées chez de nombreux Israéliens, c'est-à-dire le fait que de croient qu'ils sont un peuple très moral.

Au lieu de cela, la vidéo a suggéré que, parce que les Israéliens sont un peuple profondément moral, le conflit doit continuer parce qu'il est totalement en adéquation avec la moral israélienne.

Airplane Paper

Remise en question : et si on travaillait moins pour mieux profiter de la vie ?

Je suis tombé hier par hasard sur un vieil article de janvier 2014, mais qui n'a pas pris une ride car intemporel, et d'autant plus d'actualité dans le contexte de la récente Loi travail qui nous a été imposée à grands coups de 49.3 par les gradés de la kommandantur élyséenne.
Que nous le voulions ou non, nous ne sommes que de passage dans ce monde, et nous devons réfléchir à ce que nous retiendrons de ce que nous avons fait de notre courte existence le moment venu de « souffler la veilleuse ».
travail
© Inconnu
Notre routine quotidienne tend à nous le faire oublier, mais notre vie est précieuse, et si vous l'avez perdu de vue ou en doutez encore, souvenez-vous que dans l'immensité de l'univers formé de milliards de galaxies, elles-même composées de milliards de systèmes planétaires similaires au notre, la preuve formelle de l'existence de vie n'a pas encore été apportée...

Commentaire: Vous pouvez lire aussi :


Music

Musicothérapie, la musique qui guérit 1/3

J'ai exploré pas mal de choses pour me soigner du cancer. Fils d'une professeur de piano, ayant joué moi-même de la clarinette pendant 5 ans, je me suis bien sûr intéressé à la musique qui guérit. Y a-t-il des musiques de guérison? Les sons auraient un effet thérapeutique ? La musique pourrait guérir les maladies comme le cancer ? Je vous fais part de ma petite enquête pour répondre à cette question.

musique
© Inconnu
Cet article participe à la radio des blogueurs événement organisé par le blog lolobobo.fr . Le principe: chaque blogueur présente son morceau de musique dans un article. Pour ma part, j'ai choisi de vous proposer une musique new-age à une fréquence qui est supposée guérir: « Temple of silence » de Deuter. Mais parlons d'abord de musicothérapie.

Commentaire: Lire aussi :


Brain

Le cerveau est câblé pour refuser de changer d'opinion politique

Une étude californienne montre que lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance, de défense, comme s'il s'agissait d'une croyance religieuse.

Brain, consciousness

En jaune / rouge, les zones cérébrales activées lorsque l'on défend ses opinions politiques.
« Tu n'écoutes rien, tu restes campé sur tes positions ! » vous assène votre beau-frère, lors d'une discussion politique dans un repas de famille ? Répondez « Ce n'est pas ma faute, c'est mon cerveau », et vous aurez raison ! En effet, une étude de l'Institut du cerveau et créativité de l'université de Californie du Sud (Los Angeles) publiée dans Nature, l'affirme : le cerveau s'accroche à ses croyances politiques contre vents et marées ! Pour démontrer cela, 40 participants américains entre 18 et 39 ans, se décrivant eux-mêmes comme « libéraux » ayant « des opinions politiques solides », ont été soumis à un questionnaire où ils devaient évaluer la force de leurs opinions politiques telles que « l'avortement devrait être légal » ou « les impôts pour les riches devraient être augmentés » sur une échelle de 1 (faible) à 7 points (fort).

Puis les volontaires sont installés dans un appareil d'imagerie de résonance magnétique (IRM) qui va prendre des clichés de leur cerveau en fonctionnement alors qu'on les soumet à un petit jeu sournois. On leur projette, pendant 10 secondes, une des opinions politiques à laquelle ils ont adhéré totalement (entre 6 et 7 points). Puis s'affichent successivement, pendant 10 secondes également, cinq arguments provocants qui contrent l'opinion de départ, quitte à être mensongers.