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mer., 22 sept. 2021
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
Carte

Books

La lecture, ce vice impuni

Parmi les révolutions de l'humanité, de l'alphabet à l'imprimerie à Internet, de la charrue au vaccin, il en est une, oubliée, qui a bouleversé notre vie quotidienne : celle de l'édition. En février 1953, Henri Filipacchi, secrétaire de la librairie Hachette, lance, sur le marché, un livre au petit format, à petit prix : le livre de poche. Quel séisme !
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© Inconnu
Aliénor d'Aquitaine un livre entre les mains
Désormais, une aristocratie de lecteurs mène le monde. Un Balzac en poche, Baudelaire, Shakespeare, Dante pour sept euros ! Mesurons-nous, à son juste prix, notre bonheur d'être en relation avec les plus grands esprits de tous les temps, chez soi, dans le train, dans un aéroport, dans le métro ? Un livre en poche ? Le bonheur !

Vader

La dystopie totalitaire émergente — Entretien avec le professeur Mattias Desmet

Peu de phénomènes ont eu un impact profond au niveau mondial aussi rapidement que l'actuelle épidémie de Coronavirus. En un rien de temps, la vie humaine a été complètement réorganisée. J'ai demandé à Mattias Desmet, psychothérapeute et professeur de psychologie clinique à l'université de Gand, comment une telle chose est possible, quelles en sont les conséquences et à quoi nous pouvons nous attendre à l'avenir.
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© Inconnu
« Nous vivons dans un monde psychotique. Les fous sont au pouvoir. »
~ Philip K. Dick, L'homme dans le château fort
Près d'un an après le début de la Coronacrise, comment se porte la santé mentale de la population ?

Mattias Desmet — Pour l'instant, il existe peu de chiffres qui montrent l'évolution d'indicateurs possibles comme la prise d'antidépresseurs et d'anxiolytiques ou le nombre de suicides. Mais il est surtout important de replacer le bien-être mental lié à la Coronacrise dans sa continuité historique. La santé mentale était en déclin depuis des décennies. Le nombre de dépressions et de problèmes d'anxiété ainsi que le nombre de suicides ont depuis longtemps régulièrement augmenté. Et ces dernières années, l'absentéisme dû à la souffrance psychologique et aux burnouts a connu une croissance énorme. L'année précédant l'épidémie de Coronavirus, on pouvait sentir ce malaise croître de manière exponentielle. Cela donnait l'impression que la société se dirigeait vers un point de basculement où une « réorganisation » psychologique du système social était impérative. C'est ce qui se passe avec la Coronacrise. Au début, nous avons remarqué que des personnes ayant peu de connaissances sur le virus évoquaient des peurs terribles, et une véritable réaction de panique sociale s'est manifestée. Cela se produit surtout si une forte peur sous-jacente existe déjà chez une personne ou au sein d'une population.

Les dimensions psychologiques de l'actuelle Coronacrise sont sérieusement sous-estimées. Une crise agit comme un traumatisme qui prive un individu de son sens de l'histoire. Le traumatisme est considéré comme un événement isolé en soi, alors qu'il fait partie d'un processus continu. Par exemple, nous négligeons facilement le fait qu'une partie importante de la population a été lors du confinement initial étrangement soulagée, se sentant libérée du stress et de l'anxiété. J'ai régulièrement entendu des gens dire : « Oui, ces mesures sont sévères, mais au moins je peux me détendre un peu ». Parce que le train-train de la vie quotidienne s'est arrêté, un calme s'est installé dans la société. Le confinement a souvent libéré les gens d'une ornière psychologique, ce qui a permis de créer un soutien inconscient pour le confinement. Si la population n'avait pas déjà été épuisée par sa vie, et surtout par son travail, elle n'aurait jamais soutenu le confinement. Du moins pas en tant que réponse à une pandémie qui n'est pas trop grave par rapport aux grandes pandémies du passé. Quelque chose de similaire s'est produit lorsque le premier confinement a pris fin. On a alors régulièrement entendu des déclarations telles que « Nous n'allons pas recommencer à vivre comme avant, être à nouveau coincés dans les embouteillages », etc. Les gens ne voulaient pas revenir à la vie normale d'avant la Coronacrise. Si nous ne tenons pas compte du mécontentement de la population vis-à-vis de son existence, nous ne comprendrons pas cette crise et nous ne pourrons pas la résoudre. D'ailleurs, j'ai maintenant l'impression que la nouvelle normalité est redevenue une ornière, et je ne serais pas surpris que la santé mentale commence vraiment à se détériorer dans un avenir proche. Peut-être surtout s'il s'avère que le vaccin n'apporte pas la solution magique que l'on attend de lui.

Beaker

L'amour, philtre de feu...

« Le pouvoir enivrant qui change l'homme en dieu ;
L'amour, miel et poison, l'amour philtre de feu,
Fait du souffle mêlé de l'homme et de la femme,
Des frissons de la chair et des rêves de l'âme »

a écrit Victor Hugo dans un poème intitulé Noces et Festins, extrait du recueil, Les chants du crépuscule... Hugo, dans ce texte, met en scène les festins des grands de ce monde, repas démesurés faits de plaisirs et d'excès.
tristan isolde

Tristan et Isolde avec la potion – John William Waterhouse
Le mot "philtre", qui apparaît dans ce poème, évoque la puissance de l'amour, à travers une image, mais ce nom désigne, le plus souvent, un breuvage magique destiné à inspirer l'amour : l'étymologie même révèle bien le sens premier, "philtron" en grec est formé sur le verbe grec "philein, aimer", que l'on retrouve dans nombre de mots : philosophe, philanthrope, bibliophile, philharmonie...

Ce terme est, donc, forgé à partir du radical du verbe, auquel on a ajouté un suffixe -tron, à valeur d'instrument : le philtre est ce qui sert à susciter l'amour...

Lié à la magie, à la sorcellerie, le philtre nous entraîne dans un univers mystérieux, inquiétant, celui des contes où tout est possible, celui des légendes anciennes, comme celle de Tristan et Iseult...

Tristan et Iseut forment un couple mythique. Leur histoire illustre la force irrésistible de la passion amoureuse, force symbolisée par le philtre qui leur fait braver l'ordre social, le mariage. Ce récit relate les principaux moments de la passion irrésistible qui lie le chevalier Tristan et l'épouse de son oncle le roi Marc.

Bulb

L'Esprit des pierres avec Jean-Paul

Jean-Paul crée d'étonnants équilibres de pierres dans la nature, sculptures poétiques et éphémères. Patience, calme et observation... Tel est le secret de Jean-Paul Gobet. Il créé des sculptures improbables, éphémères, et qui défient les lois de l'équilibre, en pleine forêt, dans les cours d'eau.
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© Jean-Paul Gaubet
Des roches comme suspendues en apesanteur, posées les unes sur les autres. Ses créations éphémères racontent des histoires d'eau, de forêt, des habitants secrets des sous-bois, puis se défont aux rythmes du temps, des airs, des forces.

Bulb

Est-ce utile, est-ce nécessaire, est-ce bienfaisant ?

Telles sont les questions qu'il est sage qu'un médecin se pose avant tout acte. Pour y répondre, il est opportun de prendre conscience de son MOI : M = Motivation, O = Objectif, I = Intention. Face à un être humain, il est bon que le thérapeute ne se sente pas écartelé entre différentes tendances mais unifié en son âme et conscience.
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Il est d'autant plus approprié de se poser la question à l'égard des enfants, êtres humains pas encore solidement constitués et dont la sensibilité est très éveillée.

Che Guevara

Quelques réflexions sur certaines stratégies de défense face à la dictature

Notre rapport à la dictature, à la révolte et à la soumission. Adhésion, compromis, auto-trahison, intransigeance, renoncement... ? Quelles stratégies de défense face à la dictature ? Prenons par exemple l'obligation du port du masque...
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© Josie Desmarais/Métro
Nous pouvons : - Adhérer à la menace du virus mortel. Dans ce cas de figure le port du masque sera non seulement une contrainte acceptable, mais de plus sera en accord avec nos valeurs et, qui plus est, valorisé par la dictature, mais aussi auto-valorisé. « Qu'est-ce que je suis une personne bien quand même ! Je protège les autres ! » Précisons que 2020 a été l'année de la solidarité, fini l'égoïsme... (ne rions pas).

Gear

Le contrôle mental à l'ère du Covid

C'est une grande joie pour moi d'accueillir sur ce blog un nouveau texte du Dr Frédéric Badel. Cet auteur nous avait déjà gratifiés de deux excellents articles sur la manipulation mentale que l'on doit bel et bien observer dans la gestion catastrophique de la crise sanitaire en Occident.
Contrôle mental
© Inconnu
Les lectrices et lecteurs désireux d'en savoir plus ou de creuser cette question pourront bien sûr se tourner vers les travaux de Mme Ariane Bilheran, docteure en psychopathologie, ou la suite d'entretiens donnés à Ema Krusi par M. Philippe Bobola, physicien, biologiste, anthropologue et psychanalyste, sur le thème de l'ingénierie sociale.

Ici, le Dr Badel pose des questions qui sont hélas reléguées hors de la sphère publique — ce qui est non seulement dommage mais aussi hautement dommageable.

Avec une conclusion pas chouette à laquelle tous les esprits un peu avertis sont déjà parvenus : nous sommes non seulement maltraités mais aussi délibérément manipulés par nos gouvernements.

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Le contrôle mental

Comment parvient-on à faire porter le masque à toute une population sans qu'aucune preuve ne soit apportée d'une quelconque utilité du port de celui-ci ? Comment en vient-on à proposer le principe d'un passeport vaccinal pour un virus peu létal, mutant, qui tue essentiellement des personnes de plus de 80 ans ?

Et comment se fait-il que ces propositions, solutions ou injonctions déclenchent si peu de réactions auprès des populations concernées ?

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De la psychologie des adeptes du déni de conspiration

Comment se fait-il que des personnes par ailleurs parfaitement intelligentes, réfléchies et rationnelles reculent devant l'idée que les psychopathes conspirent pour les manipuler et les tromper ? Et pourquoi défendent-ils avec autant de véhémence cette position sans fondement ?

obsédé par les complots
© Inconnu
L'histoire elle-même regorge de machinations commises par des menteurs, des voleurs, des tyrans et des narcissiques et décrit leurs effets dévastateurs. Les preuves de corruption et d'inouïes fourberies abondent également à l'époque moderne.

Nous savons, sans la moindre équivoque, que les hommes politiques mentent et occultent les relations qu'ils ont entre eux et que les entreprises témoignent couramment d'un mépris total pour les normes morales — en bref, nous baignons dans la corruption.

Nous savons que le jeu des chaises musicales entre les entreprises et les sphères politiques, le système de lobbying, les régulateurs corrompus, les médias et le système judiciaire signifie que les actes répréhensibles ne sont pratiquement jamais soumis à un semblant de véritable justice.

Books

Pour votre cerveau, vous êtes votre personnage de fiction préféré - c'est la science qui le dit

S'identifier à un personnage de fiction est un réflexe naturel. Mais chez certaines personnes, ce phénomène va plus loin : le cerveau réagit comme si nous étions le héros de notre série du moment.


Commentaire : Ou de notre roman du moment. Ce phénomène est peut-être encore plus exacerbé lorsque nous lisons des ouvrages de fiction, car au lieu d'être passifs et de « subir » les images d'un film ou d'une série, nous sommes actifs, dans la mesure où notre capacité d'imagination ainsi que d'autres processus cognitifs sont mis à contribution lors de la lecture.

Beatrice

Beatrice, 1895 – Marie Spartali Stillman
Plutôt Joey ou Chandler ? Buffy la tueuse de vampires ou Willow la sorcière ? Quand on est mordu d'une série, on a tendance à se prendre d'affection pour l'un des personnages et à s'y identifier (certains vont même jusqu'à tomber amoureux d'un personnage fictif, mais c'est une autre histoire). Quand notre héros souffre, on souffre. Quand il lui arrive des péripéties, notre coeur bondit avec lui. Bref, notre degré d'implication dans un programme télévisuel est souvent influencé par notre amour des personnages. À tel point que certains vont même « devenir » le personnage de fiction qu'ils portent dans leur coeur.

Alors non, on ne se réveille pas un beau matin de l'autre côté de l'écran perché sur un dragon, mais notre cerveau, lui, réagit comme si nous étions le personnage de notre série préférée du moment. C'est ce que révèle une étude américaine récente publiée dans la revue scientifique Social Cognitive and Affective Neuroscience. « Lorsqu'une personne pense à son personnage fictif préféré, il se passe la même chose dans une partie de son cerveau que lorsqu'elle pense à elle-même », résume Timothy Broom, l'auteur principal de l'étude.

Commentaire: Ci-dessous, un extrait traduit de l'étude susmentionnée : « Becoming the King in the North: identification with fictional characters is associated with greater self - other neural overlap » (Devenir le Roi du Nord : l'identification à des personnages de fiction est associée à un plus grand chevauchement neural entre le soi et l'autre] :
Les résultats présentés dans cette étude montrent l'importance de la fiction pour certaines personnes. Pour celles-ci, « les livres sont une chance de trouver une nouvelle identité, de voir le monde à travers les yeux d'une autre personne, et peut-être même de changer, à la suite de l'expérience qu'elles ont vécue en lisant », déclare Dylan Vanger, l'un des auteurs de l'étude.

Cette étude démontre que la représentation neurale des personnages de fiction dans le cortex préfrontal ventromédian présente une différence entre les personnes qui font, avec facilité et régularité, l'expérience de récits et d'histoires du point de vue des personnages, et celles qui ne le font pas.

Pour les personnes qui ont une forte capacité d'identification, qui intériorisent les expériences des personnages de fiction, l'accès aux connaissances relatives à ces personnages ressemble davantage à l'accès à la connaissances de soi, et cela peut être particulièrement vrai pour les personnages dont elles se sentent les plus proches et qu'elles aiment le plus.

Les données présentées ici montrent que la fusion du soi et de l'autre qu'entraîne l'identification aux personnages de fiction peut perdurer au-delà des limites de l'expérience narrative elle-même. Lorsque des personnages de fiction sont rappelés à la mémoire ultérieurement en dehors du contexte narratif, les individus diffèrent néanmoins dans les niveaux de chevauchement neural qu'ils présentent entre le soi d'une part, et l'autre d'autre part.

Il existe d'innombrables exemples de fictions narratives qui modifient le cours de la vie des gens en influençant leurs attitudes, leurs valeurs et, dans certains cas extrêmes, certaines décisions de vie majeures, comme le choix d'une carrière. Lorsque les individus vivent ces histoires comme s'ils étaient l'un des personnages, un lien avec ce personnage se forme et, ainsi que le suggèrent nos résultats, ce dernier devient intimement lié au soi.
« Un lecteur vit mille vies avant de mourir. L'homme qui ne lit pas n'en vit qu'une. » - Georges RR Martin


Magnify

« Il y a quelqu'un dans ma tête, mais ce n'est pas moi »

Piotr Ouspenski disait en 1947 qu'un fait d'une importance prodigieuse avait échappé à la psychologie occidentale, à savoir que l'homme ne se rappelait pas lui-même, qu'il vivait, agissait et raisonnait dans un profond sommeil, dans un sommeil non pas métaphorique mais absolument réel. Depuis les développements récents en neurosciences et en sciences cognitives, la psychologie occidentale vient de rattraper son retard, et le tableau qu'elle dresse s'accorde parfaitement avec l'ésotérisme chrétien ravivé par Gurdjieff et Mouravieff. L'homme est effectivement une machine gouvernée par les influences extérieures.
Cerveau humain
© Inconnu
Pour le psychologue Daniel Kahneman, notre mode de réflexion est composé de deux systèmes. Le premier, la pensée rapide (le Thinking fast) ou système 1 (l'inconscient adaptatif de Timothy Wilson), est inconscient, intuitif, ne demande pas trop d'effort, est incontrôlable et non-intentionnel. Ce système n'est pas sujet au doute. Il simplifie les événements, supprime les ambiguïtés, saute sur les conclusions et utilise un système d'association d'idées pour produire un rapide croquis d'une situation donnée, ainsi que pour construire une histoire la plus cohérente possible. Le système 1 reconnaît instantanément des modèles de situation et permet « de produire des solutions adéquates » :