Après la longue série des témoignages accompagnés de quelques recensions cliniques, les analyses scientifiques sur le Covid-long sont disponibles. L'étiologie de cette nouvelle pathologie devient accessible.
La piste inflammatoire est privilégiée. J'espère que ces notes sauront vous éclairer. Il ne faut ni s'affoler ni prendre à la légère cette question médicale et trouver des solutions.
1) La peur de la maladie s'installeL'épidémie de Covid-19 s'est déroulée en deux phases, du moins en Europe. Lors de la première phase à la cinétique très rapide, la peur a gagné les âmes, ce que l'on peut comprendre. Le Covid est vite apparu comme une pathologie plus grave que la grippe, avec une létalité importante, croissante avec l'âge ainsi que les facteurs fragilisant, hypertension, diabète, surpoids. Une seconde vague est arrivée en octobre 2020. Quelques témoignages ont été diffusés par des personnalités affectées parmi lesquelles figure le philosophe le plus médiatique, Michel Onfray. Il ressort que des sujets secoués par la forme symptomatique se demandent s'ils ne vont pas mourir, même s'ils n'ont pas un âge avancé.
Cette peur est plus culturelle que naturelle et quelque peu irrationnelle. Un sexagénaire comme Onfray ou Bruel a bien plus de probabilité de décéder d'un cancer ou d'un accident vasculaire que du Covid. La peur du Covid est apparue parce que cette épidémie est soudaine, inhabituelle et en plus, médiatisée.
Il y a fort à parier que si les médias annonçaient chaque jour les morts du cancer et des AVC, les gens seraient hantés en permanence par des pathologies, surveilleraient leur tension et leur gestes alimentaires chaque jour. La peur du Covid est renforcée par l'effet du nombre et des annonces. Comme l'avait noté Virilio,
le gigantisme des catastrophes amplifie la perception de l'événement. Avec 600 personnes dans un Airbus, un seul crash produit une onde de choc médiatique planétaire, alors que 600 morts espacés sur les routes laissent indifférents.
Une nouvelle phase de l'épidémie s'est dessinée avec les témoignages récurrents de patients témoignant de symptômes durables, jusqu'à près d'un an pour les affectés du printemps 2020. La médecine commence à peine à comprendre ce qui se passe, mais elle ignore quelles prédispositions font que les uns sont épargnés et les autres durablement affectés par des symptômes post-Covid. Que l'on observe après les formes graves assorties parfois de réanimation, sans que cela ne soit obligatoire. Des sujets assez jeunes sont affectés. Et maintenant, une seconde peur est arrivée, se superposant à la peur de mourir. Les gens ont peur de la longue maladie. Comme s'il y avait deux cartouches dans le virus, l'une qui crée une infection aiguë plus grave que la grippe et la seconde qui crée une pathologie chronique plus ou moins invalidante.
La médiatisation du Covid chronique est vouée hélas à s'amplifier avec une multiplication des témoignages, ce qui ne peut que renforcer l'anxiété généralisée dans un contexte brumeux pour ne pas dire opaque, personne ne pouvant indiquer une date de retour à une vie presque normale. Il n'est du reste pas certain que la vie normale puisse advenir une fois les craintes ancrées et les mesures antisociales acceptées et devenues une habitude.