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lun., 05 déc. 2016
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Israël Shamir : Quelle est la vraie cible de la vague de réfugiés en marche vers l'Europe ?

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Commentaire : « On the Move » est un article écrit par Israël Adam Shamir en 2005 qui prédit la crise actuelle des réfugiés en marche vers l'Europe. Israël Adam Shamir est un écrivain russo-israélien, traducteur, journaliste et anti-sioniste converti au christianisme orthodoxe et naturalisé Palestinien. Son article pourrait avoir été écrit ces dernières semaines tant il est confondant d'exactitude avec la réalité d'aujourd'hui.



La vague de réfugiés est en marche. La vraie cible de l'offensive anglo-américaine est l'Europe, trop prospère et égalitaire pour l'Empire des Râpe-tout.
© Frank Augstein/AP Photo
Des centaines de réfugiés à la gare de Budapest, début septembre 2015
I

Au début de l'automne, quand mûrissent les grenades, j'aime aller visiter les ruines du village palestinien - détruit - de Saffuriéh. Ce village, qui a vu naître la mère de la Vierge Marie, conserve son église Sainte-Anne, bâtie par les Croisés. Il y a deux mille ans, c'était une ville importante, nommée Sephoris : elle avait refusé de se plier aux Zélotes juifs, demeurant loyale à l'Empire romain. Elle offrit un refuge confortable à l'homme qui a réinventé le judaïsme après son effondrement, le rabbin Judah le Prince, ainsi qu'à de nombreux sages chrétiens et nobles romains. Le village qui lui avait succédé traversa les vicissitudes de l'histoire, jusqu'au raid de l'armée israélienne, en 1948, qui entraîna sa destruction. Ses habitants perdirent tous leurs biens et se retrouvèrent dans des camps de réfugiés ou à la périphérie de Nazareth, toute proche. Les vergers du village détruit ont survécu, blottis dans les vallées, produisant chaque année des grenades plantureuses, lourdes, les branches pliant sous leur poids, grenades qui finissent par éclater sur l'arbre, car il n'y a plus personne pour les cueillir. Les habitants de la colonie juive construite près des ruines de Saffuriéh se moquent comme de leur première chemise des grenadiers et des paysans qui les ont plantés. Dans ce royaume de désolation, au milieu des arbres croulant sous les fruits rubiconds, on peut trouver aussi une mosaïque romaine à la facture parfaite, à tel point qu'on l'appelle la Mona Lisa de Galilée. Ses myriades de petits carreaux vernissés, aux nuances infiniment variées, composent un visage altier, au nez droit, une coiffure sophistiquée et des lèvres charnues, le tout encadré par des feuilles d'acanthe.

© Pomlife.com
Cette mosaïque me rappelle, chaque fois que je la contemple, la beauté de notre monde, ce délicieux puzzle de petites villes, de prairies verdoyantes, de mégapoles complexes, de châteaux et de villas, de rivières et de fleuves, d'églises et de mosquées : chaque tesselle de cette mosaïque est belle, précieuse et parfaite. J'en ai vu des quantités et toutes me plaisent. Les îlots rocheux émergeant à peine de la transparence de la mer baltique, d'où des petits blondinets font des signes de la main aux bateaux quittant la jetée. La France Profonde de Conque, un minuscule hameau du Massif Central, sur le vieux chemin du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, avec son petit ruisseau qui babille en contournant la colline, ses toits de lauze, ses rues pavées il y a mille ans. Les églises russes, aux dômes tarabiscotés, s'élevant à la verticale des herbes hautes qui longent la rivière Oka, et au pied desquelles des jeunes filles, dans leurs châles fleuris, écoutent un choeur. Les belles voix des jeunes femmes de Suzhou, auxquelles répond l'écho de la cour de la pagode, parmi un lacis de canaux comme on n'en voit qu'en Chine du sud. Les maisons baroques des cigariers de Trinidad, et la prestance des Cubains qui dansent dans ses rues. Les corps oeuvres-d'art, recouverts de tatouages, des Masai, autour d'un feu, dans la savane du Serengeti. Ce monde est magnifique, et les peuples qui l'habitent sont bons.

Dominoes

Syrie : danger de paix !

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© Inconnu
La presse-Système bobo atlantiste peut à nouveau se lâcher. Pensez-donc, après avoir sauvagement attaqué et envahi l'Ukraine puis arraché la Crimée (1), voilà que le très très méchant Poutine vient encore de jouer l'un de ses sales tours contre la paix mondiale, la démocratie universelle, la liberté cosmique et la défense de la baudroie des abysses.

Depuis mercredi en effet, la Russie s'emploie à écraser les gangs de tueurs qui plongent la Syrie dans l'enfer depuis quatre ans et demi maintenant. Plutôt positif à première vue non? Sauf que comme l'a déclaré sans sourciller le néocon américain McCain, Moscou aurait « frappé des groupes armés et entraînés par la CIA » (SIC) (2). Il est vrai que contrairement à la fumeuse coalition atlantiste Obama-Hollande, la Russie n'entend faire aucune différence entre les bouchers d'al-Nosra (copains de Fabius), d'al-Qaïda (copains de la CIA) ou de Daesh (copains de plus personne).

Pour la première fois depuis le début du chaos initié par les puissances occidentales dans le pays (3), la Syrie a donc une vraie chance de commencer à voir le bout du tunnel, si toutefois on laisse faire Moscou.

L'Empire et son inculpabilité

C'est quand même du caviar : entendre le sénateur John McCain reconnaître publiquement que la CIA arme et forme des combattants en Syrie est tout simplement savoureux. Il est vrai que la formation de « contras » pour alimenter les charniers mondiaux est une tradition de la machine de guerre qu'est l'Empire US. Mais tout de même, que des officiels trouvent tout à coup naturel de le reconnaître publiquement témoigne une fois de plus, s'il en était besoin, de cette arrogance, de cette inculpabilité propre à un Empire qui s'estime par nature au-dessus du droit et qui constitue, à cet égard, la principale menace pour la paix mondiale.

Le plus fantastique est que la presse bobo-atlantiste ne s'est absolument pas émue de la chose, trop occupée qu'elle était à propager la bonne parole russophobe que le Système exigeait d'elle. Des fonctionnaires aguerris de la propagande atlantiste aux jeunes plumitifs en formation rêvant de leur Guerre d'Espagne, chacun a donc pu s'offrir son petit supplément d'âme du jour en prêtant comme de coutume à Poutine les pires intentions hégémoniques qui soient.


Commentaire : Concernant McCain, faisant preuve de son habituelle attitude violente, il a récemment affirmé que, s'il était le Président des États-Unis, il autoriserait les rebelles "modérés" à abattre des avions russes en territoire syrien (vidéo en anglais), tout ceci, dit avec un grand sourire, et au milieu d'autres affirmations ignorantes, ridicules et propagandistes. De plus, il a prédit avec sa boule de cristal que la Russie aurait le même destin que La Libye. À ces mots remplis de haine et de mépris, Poutine a répondu ainsi, en gros :
"Tout d'abord, nous ne sommes pas amis, McCain et moi. Je l'ai rencontré une fois à Munich, je crois."

[...] "Premièrement, son message ne m'était pas adressé directement, mais il parlait plutôt de toute la Russie. Il y a des gens qui aimeraient voir la Russie écartée. [...] Ils ont toujours peur de notre potentiel nucléaire, et c'est pour ça que nous pouvons encore faire de la politique indépendante. C'est pour ça aussi que nous sommes un pays qui "dérange" sur la scène internationale. [...] Deuxièmement, l'Occident n'est pas homogène. Nous avons plus d'alliés que nous n'avons d'ennemis." [...]

"Enfin, Monsieur McCain est un ex-combattant de la Guerre du Vietnam,. J'imagine qu'il a les mains couvertes de sang jusqu'aux coudes. Apparemment, il ne peut se passer de certaines images qui, pour nous, sont épouvantables, comme celles de l'assasinat de Kadhafi. [...] Est-ce cela que vous appelez "démocratie" ? [...] Ils l'ont assassiné avec des drones, [...] sans lui donner l'opportunité de subir un procès juste. S'il avait été capturé, le peuple aurait pu décider de son sort par voie démocratique. [...] Pour en revenir à McCain, c'est un ex-combattant au Vietnam. Au lieu de le mettre en prison là-bas, on l'a mis dans un trou. Il y a passé plusieurs années. Et comme tout homme dans une telle situation, c'est dans le trou qu'il a laissé sa tête. Alors, il n'y a plus rien à dire."
Si vous comprenez l'anglais, regarder toute l'interview. Il est possible que les merdias francophones ne soient pas pressés de la diffuser :



Chess

Guerre en Syrie : la locomotive Russe, l'hypocrisie occidentale

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© Inconnu
Lorsque avant-hier en fin d'après-midi Vladimir Poutine a prononcé son discours corrosif à l'ONU, il était clair que la Russie était sur le point de passer à l'offensive. Cela n'a pas trainé, dés mercredi matin, Sergeï Ivanov, le chef de l'administration présidentielle de Russie a déclaré : « Je veux vous informer que le président de la République arabe de Syrie a demandé son aide militaire au gouvernement de notre pays. Ainsi, on peut constater qu'il faut bien entendu lutter contre le terrorisme, il faut unir les efforts, mais dans le même temps il faut respecter le droit international », (Source) Sous-entendu, ce que ne font pas les pays de la coalition de Washington, qui n'ont pas demandé l'autorisation au pouvoir légitime de Syrie pour intervenir dans l'espace aérien de ce pays.

Commentaire: Et effectivement, ça commence à aboyer dans les merdias dominants où l'on accuse les autres de ce dont on est soit-même coupable, au centuple. Petit cours de propagande et de désinformation, avec, allez, au hasard, L'express ?

- La Russie a-t-elle vraiment visé Daech en Syrie?
- La guéguerre américano-russe pour la maîtrise du ciel syrien


Bad Guys

Surprise ! Les services secrets occidentaux impliqués dans l'essor de l'EI ?

© © AFP 2015. Tauseef MUSTAFA
Les groupes radicaux semant la terreur islamique semblent être l'œuvre des services de renseignement occidentaux, qui ont besoin d'une "armée de confiance" pour parvenir à leurs buts s'agissant de la politique extérieure, a estimé la journaliste et partisane de la paix Vanessa Beeley dans son entretien à Sputnik.

La journaliste a posé crûment la question: comment est-il possible que le groupe terroriste Etat islamique continue à prendre de l'ampleur malgré toutes les mesures des USA?

Ensuite, "comment leurs réserves de munitions ont proliféré à un rythme exponentiel? Ce n'est pas logique", a insisté Mme Beeley.


Commentaire : De très bonnes questions, Mme Beeley.


Megaphone

Poutine sur les révolutions « démocratiques » : Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ?

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© John Moore/Getty Images/AFP
Vladimir Poutine s'adresse à l'Assemblée générale des Nations unies à New York le 28 septembre 2015.
Le président russe s'est rendu le 28 septembre à New-York pour participer à l'AGNU après 10 ans d'absence. La 70e session risque de prendre l'allure d'un véritable parcours du combattant compte tenu de l'instabilité géopolitique mondiale.

Lors de son intervention, Vladimir Poutine a évoqué les révolutions «démocratiques» au Moyen-Orient et les conséquences qu'on subit dorénavant «sous la forme de vagues de migrants fuyant les régions ravagées par la guerre et cherchant une vie meilleure en Europe». Dans le même temps, les terroristes ont pris de plus en plus de pouvoir dans les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Il a précisé que malgré la Charte de l'ONU «les droits de l'Homme avaient été violés massivement».


«Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? Personne n'y répondra. Au lieu du triomphe de la démocratie, nous voyons la violence et le désastre social, personne ne pense aux droits de l'Homme et aux droits à la vie», a-t-il souligné.

Snakes in Suits

De mythomanie en perversion narcissique

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© Inconnu
« Mentir est le talent de ceux qui n'en ont pas. » [Marie-Joseph Chénier (1796), Discours sur la calomnie.] Dans la première partie de cet article[1], nous avons vu à quel point nous étions tous de bien piètres détecteurs de mensonges. Au mieux, et en l'absence d'entrainement spécifique, nous ne parvenons à détecter que 50 % des mensonges auxquels nous sommes quotidiennement exposés, soit un score égal ou légèrement supérieur au hasard. Pour autant, et paradoxalement, une très grande majorité d'entre nous s'imagine être de très bon détecteur de mensonges.

C'est dire notre ignorance, notre crédulité et notre vulnérabilité face aux mensonges (et à la manipulation[2]).

Il existe toutefois une autre forme de mensonge, que l'on qualifie de « pathologique », dont la définition usuelle du mot mensonge, qui sous-tend un propos ou une affirmation contraire à la vérité et un dessein ou une intention de tromper, n'est pas pertinente : il s'agit de la mythomanie. Si, comme nous allons pouvoir nous en rendre compte avec notre exemple, le sujet de la mythomanie est abondamment traité dans les œuvres littéraires et cinématographiques, il est à noter que les recherches psychiatriques s'y rapportant sont relativement rares.

Better Earth

Corruption du féminin, les jeunes filles et les herbacées

Prisonnier d'une éprouvette, le sang peut passer pour un liquide statique, mais il est vivant, aussi animé et intelligent que le reste de ce qui vous compose. Il représente également une partie importante de vous-même : des 50 billions de cellules vous composant, un quart sont des cellules sanguines. Deux millions de celles-ci naissent chaque seconde. Durant leur processus de maturation, les globules rouges abandonnent leur noyau ― leur ADN, leur capacité à se diviser et à se réparer. Elles n'ont pas de futur, seulement une tâche à accomplir : transporter l'hémoglobine contenant votre oxygène. Elles n'utilisent pas l'oxygène elles-mêmes ― elles ne font que le transporter. Et cela, elles le font avec une précision exquise, complétant un cycle de circulation à travers votre corps toutes les 20 secondes, pendant une centaine de jours. Enfin, elles meurent.

Le cœur de l'hémoglobine est une molécule de fer. C'est ce fer qui vient saisir l'oxygène à la surface de vos poumons, qui s'accroche à travers le flux sanguin, puis le distribue aux cellules demandeuses. Si le fer vient à manquer, le corps, comme toujours, a une solution de repli. Il ajoute plus d'eau afin d'augmenter le volume sanguin ; le sang plus fluide voyage plus rapidement à travers les minces capillaires. Faire plus avec moins.

Pirates

Les guerres prédatrices occidentales sont responsables de la crise des réfugiés en Europe

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© Inconnu
Les images déchirantes de la dépouille d'un petit garçon syrien, Alan Kurdi, sur une plage turque, le visage dans le sable, puis dans les bras d'un travailleur de sauvetage, ont révélé au monde entier l'horreur de la crise qui se déroule aux frontières de l'Europe.

Sa famille était venue de Kobani, fuyant avec des centaines de milliers d'autres. Un siège prolongé du groupe Etat islamique (EI) et d'intenses bombardements américains n'ont laissé de cette ville syrienne que des ruines, détruit ses maisons, son approvisionnement en eau et en électricité, son système d'assainissement, et ses infrastructures médicales. En tout, douze réfugiés ont trouvé la mort avec Alan, dont sa mère et son frère âgé de cinq ans, noyés en essayant d'atteindre la Grèce. Son père, seul survivant de la famille, a dit qu'il retournerait en Syrie avec leurs corps pour dire à ses parents qu'il espérait seulement mourir et être enterré à côté d'eux.

Les coupables de ces décès ne manquent pas, comme pour plusieurs milliers d'autres morts, noyés en Méditerranée ou asphyxiés après avoir été entassés dans des fourgons surchauffés.

Le gouvernement du Parti conservateur au Canada a ignoré une demande faite en juin par la tante de l'enfant, qui vit en Colombie-Britannique, d'accorder l'asile à la famille d'Alan.

Bad Guys

La guerre de terreur étasunienne : la CIA, le 11-Septembre, l'Afghanistan et l'Asie centrale

Traduction : Maxime Chaix

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« Quatorze ans après les tragiques événements du 11-Septembre - et tandis que l'ancien directeur de la CIA conseille au gouvernement des États-Unis de collaborer avec des transfuges d'al-Qaïda pour lutter contre Daech (!) - , je reproduis sur mon site un important chapitre du dernier livre de mon ami et mentor intellectuel Peter Dale Scott. Intitulé L'État profond américain, cet ouvrage a été recensé positivement dans Paris Match en juin 2015. Le chapitre suivant était déjà paru sur Internet en 2012, mais je publie ici sa toute dernière version, qui est plus que jamais d'actualité. En effet, n'en déplaise aux esprits conformistes, le 11-Septembre reste un événement mystérieux et irrésolu, dont les funestes conséquences se font encore ressentir à l'échelle globale. D'avance, je vous remercie de lire cette enquête de Peter Dale Scott avec la plus grande attention, et de la diffuser autour de vous si elle vous semble pertinente. » - Maxime Chaix

« La fabrication d'une série de provocations destinées à justifier une intervention militaire est réalisable et pourrait être accomplie à l'aide des ressources disponibles. » [1]

- Rapport du J-5 du Comité des chefs d'États-majors interarmées des États-Unis (JCS), 1963

Magnify

Les politiques profondes occidentales : « La bannière étoilée derrière le drapeau noir »

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Les politiques profondes occidentales et l'émergence de Daech

La « Politique profonde » a été définie par Peter Dale Scott comme l'étude de « l'ensemble des pratiques et des dispositions politiques, intentionnelles ou non, qui sont habituellement refoulées dans le discours public plus qu'elles ne sont admises ».[1] Aujourd'hui, l'un des principaux spécialistes de cette discipline est le chercheur britannique Nafeez Mosaddeq Ahmed, qui se présente sur son site officiel comme un « journaliste d'investigation analysant les politiques profondes de la "guerre contre le terrorisme", dans le contexte de la crise de la civilisation [industrielle]. »[2] Le Dr. Ahmed est un lecteur assidu de Peter Dale Scott, dont il a vivement recommandé le dernier ouvrage, intitulé L'État profond américain. À cette occasion, il a décrit le Dr. Scott comme « un pionnier dans l'étude méthodique de l'État de sécurité nationale [,] et de son influence occulte dans tous les domaines de la politique étrangère et intérieure des États-Unis ».[3]