Pour la première fois depuis la guerre, la balance commerciale agroalimentaire française avec les pays européens a été négative l'an dernier, selon l'Inra. Les exportations sont quasi-stables depuis 2011, tandis que les importations ont bondi de 24 %. La France paie son positionnement haut de gamme.

© ShutterstockLa France réalise la moitié (47 %) de ses exportations alimentaires sur seulement cinq pays, ce qui la met dans une situation de grande fragilité.
« Il y a dix ans cela aurait été impensable », s'exclame Vincent Chatellier, économiste de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Pour la première fois depuis la guerre, le solde des échanges agroalimentaires de la France avec le reste de l'Union européenne est devenu négatif. La France a exporté pour 38,1 milliards d'euros en Europe (21,7 milliards hors UE) en 2018. Des chiffres stables (+2 % depuis 2011) vers l'UE face à des importations en provenance des voisins européens qui ont bondi de 24 % (à 38,4 milliards d'euros).
La France, réputée « puissance agroalimentaire de premier rang dans le monde », a donc acheté plus de produits alimentaires à ses voisins de l'UE qu'elle ne leur en a vendu en 2018. De quoi en sidérer plus d'un un. A la commission économique du Sénat, qui s'est intéressée au sujet, l'émotion est à son comble.
« Au train où vont les choses, d'ici à cinq ans c'est la balance commerciale agroalimentaire avec le monde entier qui sera en négatif », s'affole Michel Raison, élu LR de la Haute Saône. Que s'est-il passé ?
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