L'Europe planche actuellement sur l'idée d'une législation destinée à empêcher un Bank Run au cas où une banque se trouverait dans de telles difficultés financière qu'elle perdrait la confiance de ses clients.
Seul petit problème ? C'est la quasi-totalité du système bancaire qui est au bord de l'effondrement. Toutes les banques sont exposées à des degrés divers à des emprunts toxiques dont une bonne partie est composée de créances totalement irrécouvrables. Depuis le déclenchement de la crise financière en 2007, et l'investissement massif par les États membres de l'UE dans le sauvetage des banques (avec votre argent), ce sont des centaines de milliards qui ont été investis... en pure perte. Nous voilà dix ans plus tard et rien n'a changé sous le soleil.
En fait, la situation a même empiré, et des banques systémiques comme la Deutsche Bank sont au bord de la banqueroute.Pendant ce temps, dans presque tous les médias on vous serine que « tout va très bien, Madame la Marquise... ». Et si je dis presque tous, c'est parce que c'est l'agence Reuters qui a soulevé ce drôle de lièvre, dans
un article du 28 juillet intitulé EU explores account freezes to prevent runs at failing banks (L'Union Européenne envisage un gel des comptes pour prévenir la ruée dans des banques en difficulté).Faillite de la Banco PopularDébut juin Santander rachetait pour un euro symbolique la 3
ème banque privée du pays (100 milliards sous forme de prêts), la Banco Popular, après ce qu'il faut bien appeler un bank run (jusqu'à deux milliards en une seule journée). Ne vous laissez pas endormir par les titres comme celui-ci :
Santander sauve Banco Popular de la faillite (Figaro). La banque est bel et bien terminée, finie, lessivée. Après vous pouvez appeler ça comme vous voulez. Les actionnaires sont en slip; une partie des créanciers, qui avait troqué des taux d'intérêt plus élevés (plus de 8 %) contre la possibilité de ne pas être remboursés en cas de problèmes, a tout perdu.
Pour avoir un avis plus objectif sur ce qui s'est réellement passé, je ne puis que vous conseiller la lecture de journaux situés en dehors de l'Union Européenne, comme par exemple
cet article du New York Times. Vous noterez au passage qu'on parle bien de « collapse », d'effondrement et non d'une sorte de
merveilleuse concentration de deux fleurons européens.
Commentaire: Est-ce que le monde est devenu complètement fou ?