Les Maîtres du MondeS


Pistol

Les affres du Congo

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La nouvelle n'a pas fait grand bruit, et pourtant elle devrait : Hilary Clinton est candidate à la présidence des Etats-Unis. Une information anodine mais qui pourrait être le point de départ des bouleversements géopolitiques catastrophiques dans la région des Grands Lacs. Pour rappel, c'est l'administration Clinton qui provoqua les deux Guerres du Congo derrière les présidents rwandais Paul Kagame et ougandais Yoweri Museveni, essentiellement autour de l'enjeu des gisements miniers congolais dont le coltan indispensable à la fabrication des nos téléphones portables. L'aventure meurtrière va causer la mort de six millions de Congolais, la moitié étant des enfants, et occasionné le viol de plus de cinq cent mille femmes. Si les temps ont changé, les objectifs stratégiques des Américains sur le Congo sont restés quasiment les mêmes, et ils sont terriblement nocifs. Le moins qu'on puisse dire est que les Clinton, en cas de victoire des démocrates en décembre 2016, reviennent à la Maison Blanche pour « finir le boulot ».

Ne nous berçons pas d'illusion : la justice pour les millions de morts du Congo et les centaines de femmes violées et contaminées, ce n'est pas pour demain. Le Congo est, au contraire, au point d'entrer dans les pires moments de son histoire. Autant on devrait être préoccupé pour les Irakiens en cas d'un retour des Bush à la Maison Blanche, autant il faut se préoccuper pour les populations congolaises en cas de retour des Clinton à la Maison Blanche.

Arrow Down

Yémen : le Pentagone abandonne ses ressortissants américains

Les Etats-Unis n'ont toujours pas entamé l'évacuation de leurs ressortissants du Yémen, où la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite mène une opération militaire contre les rebelles houthis. La Russie a évacué plusieurs citoyens américains.

41 Américains bloqués au Yémen, théâtre de l'opération spéciale lancée par la coalition arabe contre les insurgés houthis, ont déposé une plainte auprès du tribunal fédéral de Washington contre le Département d'Etat et le Pentagone, réclamant d'être évacués.

"L'administration Obama n'a toujours rien fait pour aider les citoyens américains à se retrouver dans un lieu sûr, en dépit du danger auquel sont exposés les ressortissants américains ou résidents permanents au Yémen et la mort d'au moins un Américain", est-il indiqué dans la plainte.

Selon les plaignants, il y aurait "plus de 450 personnes enregistrées" à Sanaa. Un Américain a déjà été tué lors des frappes aériennes de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite contre le Yémen.

Boat

Surprise : la Suède confirme que le mystérieux « sous-marin russe » n'était en fait qu'un bateau de travail

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Une corvette suédoise HMS Visby recherche un sous-marin prétendument russe
Le navire étranger inconnu recherché par la marine suédoise près de Stockholm l'automne dernier était en réalité un «bateau de travail», a déclaré un haut responsable de la marine et non pas un sous-marin russe, comme évoqué à l'époque.

Le Contre-amiral suédois Anders Grenstad a déclaré samedi à l'agence de presse suédoise TT que ce que l'on pensait être un navire ou un sous-marin étranger n'était qu'un «bateau de travail».

La marine suédoise a changé la formulation de «probable sous-marin» à «non sous-marin» en se référant à la mission de reconnaissance qui avait repéré un vaisseau non-identifié dans l'archipel de Stockholm.

Commentaire: Le « sous-marin » russe dans l'hystérie suédoise - délibérément diffusée par les médias occidentaux - la « guerre froide » nouvelle formule


Stock Up

Malgré les sanctions, c'est la croissance pour l'économie russe

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Les analystes de la célèbre agence américaine Bloomberg n'en sont pas revenus : malgré les sanctions du camp occidental, l'économie russe accuse une croissance de +0,4% au quatrième trimestre de l'année 2014.


Plus surprenant, après avoir vacillé fin 2014 face à une spéculation féroce, le rouble est redevenue une des monnaies les plus performantes depuis le début de l'année 2015 (+4%).

Enfin, les analystes de Bloomberg constatent avec surprise un retour des investisseurs internationaux sur le marché des obligations et des investissements russes. Il faut dire que celles-ci leurs ont rapporté quelques 7%, toujours depuis début 2015.

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Pathologie du mensonge : l'Iran bientôt accusée d'être responsable de la guerre au Yemen ?

Traduit par Wayan, relu par Diane

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Est-ce que le manque de conscience de soi est une caractéristique nécessaire pour devenir secrétaire d'État américain ?

Pour résumer. L'ex-président yéménite, Hadi, a été installé par l'Arabie saoudite et les États-Unis. En fonction du narratif que l'on choisit (ils contiennent tous une part de vrai) son mandat avait expiré et il a démissionné, ou alors il a été renversé par des groupes tribaux/religieux, les Houthis, en cheville avec l'ancien président Saleh. L'ex-président Hadi a fui le pays pour se réfugier en Arabie saoudite. Personne au Yémen ne souhaite son retour.

Puis l'Arabie saoudite a lancé une guerre sur le Yémen et bombardé des cibles militaires, gouvernementales et économiques mais aussi des civils, provoquant une importante crise alimentaire. Un centre de distribution alimentaire a encore été bombardé aujourd'hui. Une attaque au sol est en préparation et pourrait démarrer bientôt.

Document

Les sept péchés d'Hugo Chavez : la CIA accusée par ses propres documents

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Depuis quelques années, la CIA « arrose » toutes sortes d'organisations au Venezuela : les partis politiques de droite et un ensemble d'associations présentées comme émanant de la 'société civile' mais qui en réalité servent de paravent pour attaquer le gouvernement et préparer son renversement « à la chilienne ». (Extrait du livre Les sept péchés d'Hugo Chavez de Michel Collon)

2002 : Washington derrière le coup d'Etat

L'affrontement est devenu inévitable. Et il se prépare depuis Washington. Le 25 février 2002, Charles Shapiro est désigné comme nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Caracas. Ce n'est pas n'importe qui. Ca fait vingt-quatre ans qu'il s'occupe de l'Amérique Latine. Il était conseiller militaire à l'ambassade US de Santiago du Chili lors du coup d'État fasciste contre Allende en 1973. Il a été en poste cinq ans au Salvador au plus fort de la répression militaire dans ce pays.

Au même moment, plusieurs hauts gradés de l'armée vénézuélienne appellent publiquement à se débarrasser de Chavez. Ils sont soutenus par la hiérarchie de l'Eglise catholique, toujours très proche des États-Unis et de la haute bourgeoisie locale. Les évêques refusent le dialogue proposé par le gouvernement. En février également, Carlos Ortega, leader du syndicat droitier CTV, rencontre à Washington les dirigeants du syndicat AFL-CIO. Comme il a été démontré par des historiens (1), ce syndicat a souvent servi d'intermédiaire pour transmettre des fonds de la CIA à des organisations d'opposants dans certains pays sensibles.

Au Chili, par exemple, l'AFL-CIO a aidé l'administration Nixon et les multinationales US à renverser le gouvernement d'Unité Populaire : transferts de fonds vers les mouvements contre-révolutionaires : plus de huit millions de dollars selon le New York Times du 24 septembre 1974, création de groupes paramilitaires pour terroriser les militants de gauche, assistance à la grève des propriétaires de camions qui paralysa l'économie pour créer le chaos, formations en leadership c'est-à-dire à l'agitation anti-Allende... Henry Kissinger a reconnu que les programmes d'éducation en question avaient été un élément important de la politique US contre le Chili. (2)

Bref, au niveau de ces dirigeants, on devrait plutôt parler d'AFL-CIA. Mais l'élément-clé du complot anti-Chavez est incontestablement Otto Reich... Un fameux passé ! Il a joué un rôle décisif dans la déstabilisation du gouvernement de gauche au Nicaragua dans les années 80. Il est en étroite relation avec Orlando Bosch, un des plus grands terroristes du continent latino-américain, impliqué dans l'attentat contre un avion de ligne cubain en 1976, l'assassinat du général chilien Letellier en 1978 et de nombreux autres actes terroristes. C'est à un tel homme que George Bush a confié le poste de vice-ministre US des Affaires étrangères pour l'Amérique Latine entre 2002 et 2004. En ce début de l'année 2002, Otto Reich se réunit fréquemment avec les chefs de l'opposition vénézuélienne. Et particulièrement avec Pedro Carmona, président de Fedecamaras, la fédération des patrons.

Padlock

Espagne : la « loi bâillon », toujours d'actualité

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© AFP PHOTO/ JAVIER SORIANOLa loi sur la sécurité publique, jugée liberticide par ses détracteurs, a provoqué de nombreuses manifestations, comme ici, le 14 février dernier.
En profitant de leur majorité absolue au Parlement espagnol pour approuver, en solitaire et contre tous les autres partis, une nouvelle loi sur la sécurité publique, les conservateurs du Parti populaire ont adressé un message à la frange la plus radicale de l'électorat de droite espagnol. Surnommée « Ley mordaza » - « loi bâillon »- par ses détracteurs, elle est considérée comme liberticide par l'opposition et de nombreux mouvements sociaux.

Depuis que la loi sur la sécurité publique a été présentée en Conseil des ministres, le 29 novembre dernier, la polémique n'a cessé d'enfler, en Espagne et au-delà. Et le vote par le Parlement de cette même loi, le 26 mars dernier, a renforcé encore le débat. En Espagne, la mémoire des 40 ans de franquisme a laissé des traces. Et chaque loi qui censure, règlemente ou restreint les libertés publiques, a extrêmement mauvaise presse.

En l'occurrence, la loi sur la sécurité publique va encore plus loin. Qu'on en juge : le fait de photographier un policier en service pendant une manifestation peut coûter jusqu'à 600 euros ; le fait de protester face au Sénat, devant la Chambre nationale des députés à Madrid, ou tout Parlement régional peut être puni de 30 000 euros d'amende, tout comme brûler un container ou encore refuser de décliner son identité à un agent des forces de l'ordre. Et si on est à l'origine de l'organisation d'une activité festive dans un endroit proscrit par les autorités, on risque jusqu'à 600 000 euros de contravention...

Bomb

Le Yemen d'abord, l'Iran ensuite ?

Traduit par Daniel, relu par jj et Diane

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© Reuters/Khaled Abdullah
L'Opération Tempête décisive, ce bombardement horrible du Yémen à la manière du Pentagone glorifié par la maison des Saoud, se résume en un paragraphe.

Le pays arabe le plus richissime, la pétro-hacienda de la maison des Saoud, avec l'appui d'autres rackets pétroliers membres du Conseil de coopération du Golfe ainsi que de l'Occident bien nanti, a lancé au nom de la démocratie un bombardement, une guerre et une opération cinétique contre le pays arabe le plus pauvre, et ce, en toute illégalité.

La haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, qui est aussi inoffensive qu'un cannolo [pâtisserie sicilienne, NdT] rassis, semble légèrement inquiète. Elle a signalé que le bombardement d'hôpitaux par les Saoudiens et le fait de prendre délibérément pour cible et détruire des résidences privées, des établissements d'enseignement et des infrastructures de base ne peuvent être tolérés.

N'empêche que l'UE tolère exactement la même chose lorsqu'elle est perpétrée par les brutes de Kiev dans le Donbass. L'indignation feinte de la Mogherini ne donnera donc strictement rien.

La Croix-Rouge et la Fédération de Russie, pour leur part, en appellent au moins à un cessez-le-feu temporaire pour assurer une aide humanitaire. Sauf que l'aide humanitaire, la maison des Saoud n'en a rien à cirer. Ce qui fait qu'après deux semaines de choc et stupeur à la sauce saoudienne, le bilan actuel (qui ne manquera pas de s'alourdir) se chiffre à au moins 560 civils yéménites morts et à 1 700 blessés, dont des dizaines d'enfants.

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Monsanto : un service entier dédié au discrédit de toutes les personnes s'opposant à eux

Traduction amis de la Terre Landes

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© InconnuLa photo vient d’être prise dans les Landes, près d’une zone sensible de captage des eaux !! Le couvert végétal de l’hiver est arrosé d’herbicide. Lorsque les herbes crèvent, elle prennent cette "belle" couleur rouge
Un employé de Monsanto l'a reconnu : il existe un département entier pour « discréditer » les scientifiques. Mais personne ne le sait.

Gare si vous osez publier une étude contre les biotechnologies : Monsanto va vous diffamer, vous discréditer. Pour la première fois, un employé de Monsanto reconnaît publiquement qu'au sein de l'entreprise, un service entier a pour seul but de « discréditer » et « dégommer » les scientifiques qui critiquent les OGM .

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment classé le glyphosate - qui est présent dans le Roundup, le produit en tête des ventes chez Monsanto - comme cancérigène, une information qui enflamme le débat sur les biotechnologies. Monsanto a tout simplement exigé que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) reviennent sur leur position concernant le caractère toxique de ce produit pour la santé humaine. Monsanto exige cela alors qu'une étude contrôlée par des pairs et publiée en mars 2015, dans le très respecté journal « The Lancet for Oncology » présentait des analyses qui prouvaient que le glyphosate était en fait « probablement cancérigène ».

Eye 2

Lorsque le gouvernement considère sa propre population comme l'ennemi

Traduit par Dominique Muselet

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© Inconnu
Le contrôle des populations : par qui ? pour quoi ? comment ?

Le débat public sur la surveillance étatique qui a été, sinon inauguré, en tous cas intensifié par la publication des documents fournis par Edward Snowden a été, à certains égards, surréaliste et trompeur. Un camp affirme que la surveillance de masse de la NSA est nécessaire pour protéger le public du terrorisme et qu'en fait, elle a permis de déjouer de nombreux actes terroristes potentiels. L'autre camp affirme, avec de meilleurs arguments, que la collecte de données tous azimuts a peu ou pas d'impact sur la protection des simples civils. Mais peu de commentateurs sont assez audacieux pour déduire de tout cela que pour commencer le gouvernement n'a aucun intérêt à protéger ses citoyens (en tant que tels). En fait, il a intérêt à faire exactement le contraire: exposer ses citoyens au danger - à l'exception de certains privilégiés .

Vous trouvez cela absurde ? Alors penchez-vous sur l'actualité récente et vous verrez qu'elle ne corrobore pas du tout l'idée que le gouvernement américain se soucie de la protection des Américains. La pièce à conviction n°1 est l'attaque du 11 septembre. C'est depuis longtemps devenu un lieu commun chez les gauchistes et les libéraux de citer le mémo de la Maison Blanche du 6 août 2001, portant le titre Ben Laden est déterminé à frapper les États-Unis, qui a apparemment été ignoré à l'époque par l'administration Bush. Peut-être plus accablant encore est le livre de 2006 de Lawrence Wright: The Looming Tower, qui montre on ne peut plus clairement que la lutte contre le terrorisme n'était pas la priorité de la CIA et du FBI, même après les attentats du World Trade Center en 1993 et d'Oklahoma City en 1995.
Quelqu'un qui aurait l'esprit mal tourné pourrait penser que les institutions gouvernementales doivent être capables d'autre chose que d'attraper des voleurs et que, peut-être, l'organisation et les efforts ridiculement contre-productifs - du point de vue de la lutte contre le terrorisme - de la CIA et du FBI avant le 11 septembre avaient, par une logique institutionnelle pervertie, précisément pour but de rendre possible ce qui est arrivé : un acte terroriste de grande envergure.