Les Maîtres du MondeS


Bomb

Meilleur du Web: Pepe Escobar dans l'est de l'Ukraine : « J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie »

Traduit par Daniel, relu par jj pour Le Saker francophone

Image
© InconnuLa statue du Superman sortant des ruines à Saur-Mogila
Pepe Escobar, l'œil itinérant de Asia Times, revient d'un voyage de presse dans la République populaire de Donetsk, l'enclave pro-russe de l'oblast de Donetsk dans l'est de l'Ukraine. Le secteur a été le théâtre d'intenses combats entre les rebelles pro-russes et l'armée ukrainienne.

À peine revenu de la République populaire de Donetsk en lutte, je me retrouve de nouveau devant l'arrogance et l'insolence de l'Otanistan dans toute sa splendeur.

Plusieurs personnes au Donbass, à Moscou et maintenant en Europe, m'ont demandé ce qui m'a le plus frappé au cours de cette visite.

Je vais commencer par paraphraser Allen Ginsberg dans son poème Howl : J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie.

Ces lignes ont été écrites pendant la Guerre froide, au milieu des années 1950. En ce début du XXIe siècle, nous voilà maintenant plongés dans la Guerre froide 2.0.

Ce que j'ai vu, ce sont les effets secondaires atroces de la folie (guerrière) des plus obtus esprits de ma génération (et de la génération suivante).

Du côté russe de la frontière, j'ai vu des réfugiés, des familles européennes de classe moyenne pour la plupart, dont les enfants, lorsqu'ils sont arrivés pour la première fois au refuge, se cachaient sous les tables dès qu'ils entendaient un avion voler dans le ciel.

Airplane

Pannes massives d'électricité, trafic aérien en folie... Que se passe-t-il ?

Image
A quelques jours d'intervalle, deux grandes zones géographiques distantes de milliers de kilomètres ont été paralysées par des pannes d'électricité.

Le 27 Mars, Amsterdam, ainsi qu'une zone entourant l'aéroport international de Schiphol, ont été privées d'électricité pendant plus de deux heures. Selon TenneT, l'opérateur du réseau électrique néerlandais, cette gigantesque coupure serait due à une surcharge du réseau.

Le 31 Mars, c'est au tour de la Turquie d'être touchée par une panne d'électricité encore plus massive. Plusieurs villes dans 44 provinces se sont retrouvées privées d'électricité. Les autorités turques examinent toutes les hypothèses pour trouver une explication à cette coupure.

Dans les deux cas, le trafic aérien a été paralysé dans les zones touchées. En Turquie, par exemple, 11 des 16 stations de contrôle de la circulation aérienne étaient hors service. Dans le contexte du crash inexplicable de l'A320 de Germanwings, inexplicable sauf par une crise de folie d'un pilote toute aussi inexplicable, il est difficile de ne pas être troublé.

Bomb

Le Yemen révélateur

Image
© Inconnu
Pour certains et pour l'heure, la crise du Yémen qu'implique la décision saoudienne, prise vraiment de la seule initiative de l'Arabie Saoudite et prise semble-t-il sous l'effet de la panique qui n'est en général guère productrice de grande stratégie, est un événement nouveau d'une extrême importance, qu'on peut équivaloir à la crise ukrainienne. L'argument central de cette approche est que l'enjeu n'est pas tant le sort du Yémen que le sort de l'Arabie Saoudite, et au-delà, de ce qu'il reste d'architecture à peu près structurée au Moyen-Orient. En quelque sorte, ce serait plus qu'une "sous-crise" (voir le 28 mars 2015) de la crise générale du Moyen-Orient, même si elle l’est incontestablement au départ ; dit autrement, la "sous-crise" du départ, conséquence du désordre incessant du Moyen-Orient, pourrait amener des conséquences qui la feraient devenir le cœur même de la crise générale du Moyen-Orient.

Cette perception, - dans tous les cas celle de l'importance de cet événement, - est discutable, bien entendu, mais elle a sa logique propre incontestable parce qu'elle est liée d'une part à cet acteur régional important qu'est l'Arabie Saoudite, parce que cet "acteur principal" agit de son propre chef et sans beaucoup d'attention ni d'intérêt pour son manipulateur-en-chef que sont les USA d'autre part. Dans ce cas, la "sous-crise" ainsi grandie s'inscrit dans un contexte de "vérité de situation" qui l'installe dans la grand rangement crisique autour de la crise générale de l'effondrement du Système, et elle aurait éventuellement sa place au côté de la crise ukrainienne sans qu'il y ait concurrence d'importance entre elles deux, mais simplement complément. (De même, d'ailleurs, dans le même texte référence du 28 mars 2015, on voit que certains aspects de la crise ukrainienne ont cette même importance contestable que l'on accorde à la "sous-crise" du Yémen. Toutes ces choses ont une infinie souplesse dans l'échelle et les variations de l'importance qu'il importe de leur reconnaître.)

Gold Coins

La Grèce compte solliciter une aide économique russe

Image
L'UE est préoccupée par les tentatives de rapprochement entre Athènes et Moscou.

Les hommes politiques grecs ont l'intention de demander une aide économique à la Russie, rapporte lundi le magazine allemand Spiegel.

"La Grèce mène une lutte désespérée pour empêcher la faillite du pays. Les discussions avec ses créanciers actuels étant au point mort, Athènes cherche à s'assurer d'un soutien de Moscou, ce qui suscite la méfiance de Bruxelles et de Berlin", écrit le quotidien.

Selon le Spiegel, le gouvernement grec mené par Alexis Tsipras envisage d'inviter Moscou à baisser le prix du gaz naturel livré à Athènes ainsi qu'à lever l'embargo imposé par la Russie sur certains produits alimentaires grecs, notamment les fruits.

Bomb

États-Unis - Arabie saoudite : guerre éclair sur le Yémen

Traduit par le Saker Francophone

Image
Le modèle de guerre par procuration que les États-Unis ont employé partout au Moyen-Orient, en Europe de l'Est et même dans certaines parties de l'Asie semble avoir de nouveau échoué, mais cette fois-ci au Yémen.

En défaisant le régime yéménite soutenu par les Étasuniens, les Saoudiens et une coalition d'extrémistes sectaires dont Al-Qaïda et sa nouvelle version rebaptisée Daech, les milices yéménites pro-iraniennes, les Houthi, ont contrecarré la puissance tranquille étasunienne et l'ont obligée à intervenir militairement de manière directe. Alors que les forces militaires étasuniennes ne sont prétendument pas impliquées, ce n'est pas le cas des avions de guerre saoudiens et d'une possible force terrestre.

Bien que l'Arabie saoudite prétende que dix pays ont rejoint sa coalition pour l'intervention au Yémen - de même que les États-Unis pour l'invasion et l'occupation de l'Irak - il s'agit bien d'une opération saoudienne qui se camoufle derrière une coalition, vaine tentative de générer une légitimité diplomatique.

Pistol

USA ou l'âge de l'assassinat de haute technologie

Traduit par Étienne, relu par jj et Diane

Image
© Inconnu
Andrew Cockburn vient de sortir un ouvrage que chacun devrait lire. Son titre est Kill Chain : The Rise of the High-Tech Assassins [Meurtres en série : l'âge de l'assassinat de haute technologie]. Et son titre pourrait tout aussi bien être : De la métamorphose du gouvernement et de l'armée des USA en Meurtres & Compagnie.

L'armée des USA ne mène plus de guerres. Elle pratique l'assassinat, et généralement des mauvaises personnes. Les principales victimes des meurtres perpétrés par la politique étrangère des États-Unis sont des femmes, des enfants, des chefs de village, des participants à des mariages, à des enterrements, et parfois même des soldats américains confondus avec des talibans par les moyens de surveillance US, qui travaillent avec une acuité visuelle comparable à la définition légale de la cécité.

Gear

L'Amérique divisée, l'Europe aussi

Traduction : Christophe

Image
© AP Photo/ Hani Mohammed
L'initiative de Moscou d'accueillir une réunion sur le « processus de paix » en Syrie semble marquer l'ouverture d'un espace de dialogue qui, jusqu'à très récemment, semblait encore impossible.

Si le Kremlin va dans cette direction, c'est que les conditions sont désormais réunies. Elles découlent d'une crise politique évidente en cours à Washington, où la récente incursion de Benjamin Netanyahou a fini par provoquer un véritable tremblement de terre...

Barack Obama, attaqué et provoqué sur son propre terrain, était obligé de réagir. S'il ne parvient pas à arrêter la ligne de conduite du futur premier ministre israélien reconfirmé dans ses fonctions, les États-Unis risquent de se retrouver dans une situation qu'Obama considère comme absolument non acceptable. Pire, cette situation pourrait devenir périlleuse pour les intérêts américains eux-mêmes.

Netanyahou a été clair : l'objectif doit être d' « arrêter Téhéran » à tout prix ; d'interdire tout État palestinien, aujourd'hui comme demain ; et de se débarrasser définitivement de Bashar al-Assad.

Airplane

Reuters a falsifié les propos d'un témoin du crash du vol MH-17 en Ukraine

Image
Reuters aurait falsifié les propos d'un habitant de la région de Lougansk au sujet du crash du MH-17 en évoquant un missile anti-aérien tiré du territoire des milices. En fait, la personne aurait mis en cause l'armée ukrainienne dans son récit.

Dans son rapport de mars sur le crash du vol MH-17, Reuters a parlé avec Pyotr Fedotov, un habitant de 58 ans du village Chervonniy Zhovten dans la région de Lougansk à l'est de l'Ukraine.

«Dans une interview pour Reuters, Fedotov, le témoin qui a décrit la trajectoire du missile, a d'abord dit que le missile a été lancé depuis un territoire contrôlé par l'armée ukrainienne. Ensuite, hors caméra, il a dit qu'il a été lancé du territoire voisin contrôlé par les rebelles. Quand on lui a demandé il avait d'abord dit le contraire, il a répondu qu'il avait peur de rebelles», lit-on dans le reportage de Reuters.

Dollar Gold

Dédollarisation, AIIB: la Russie et la Chine poursuivent leur lune de miel à Bo'ao

Image
La Russie et la Chine ont poursuivi leurs efforts de rapprochement tous azimuts dans le domaine économique dans le cadre du Forum de Bo'ao pour l'Asie (FBA), qui s'est clôturé dimanche dans la province insulaire chinoise de Hainan (sud).

Banque asiatique d'investissement: la Russie répond présent

Le premier vice-premier ministre russe Igor Chouvalov a annoncé samedi à Bo'ao que la Russie rejoignait la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB). Selon lui, l'AIIB créera des possibilités supplémentaires pour le développement et la prospérité.

Créée en 2014 à l'initiative de la Chine, cette banque, dont le capital statutaire s'élèvera à 1.000 milliards de dollars, a pour objectif d'investir dans des projets d'infrastructure dans la région Asie-Pacifique.

Elle est considérée comme un concurrent de la Banque mondiale, basée à Washington, née des accords de Bretton Woods ainsi que de la Banque asiatique de développement (BAD), dominée par les Etats-Unis et le Japon. L'hostilité de Washington n'a pas empêché des pays comme le Royaume-Uni, la France, l'Italie, et l'Allemagne, la Suisse et aussi l'Australie et le Brésil, de manifester leur intérêt pour le projet.

Sheriff

L'Amérique et sa politique de déstabilisation au Venezuela

Traduction : Estelle et Carlos Debiasi

Image
© Inconnu
L'Amérique Latine et les Caraïbes, principalement les nations de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), et en particulier, le Venezuela, sont le théâtre d'opérations d'un jeu géopolitique sourd entre les États-Unis d'Amérique et ses alliés de l'OTAN, contre la Chine et la Russie, deux puissances émergentes qui ont développé des liens économiques et de coopération technico-militaire avec des pays situées dans ce que d'usage Washington considère comme son « espace vital ».

Rarement comme aujourd'hui -après le récent décret présidentiel de Barack Obama qui a désigné le Venezuela comme une « menace extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique extérieure des Etats-Unis d'Amérique » −, les concepts brandis par Nicholas J. Spykman en 1942, quand après avoir défini la « Méditerranée Américaine » (qui comprenait le littoral du golfe du Mexique et la mer caribéenne, le Mexique, l'Amérique centrale, la Colombie, le Venezuela et la ceinture d'îles qui se succèdent depuis la Trinité à la pointe de la Floride, Cuba incluse), ont pris toute leur dimension ; il avait dit que cette région devait rester sous « la tutelle exclusive et indiscutée » de Washington.