Les Maîtres du MondeS


Snakes in Suits

Traité transatlantique : 8ème cycle de négociations pour une transparence en trompe-l'œil

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© Inconnu
La Commissaire européenne Cecilia Malmström avait promis un nouveau départ pour les négociations d'un accord transatlantique de commerce et d'investissement - TAFTA. Mais à la veille de l'ouverture du 8ème cycle de négociations, qui se tient à Bruxelles toute cette semaine, les manœuvres d'apaisement et les pseudo-réformes engagées ces dernières semaines ne fournissent aucune réponse aux innombrables critiques remontant de toute l'UE. Au contraire, les promoteurs de l'accord - DG Commerce, leaders politiques, lobbies industriels - s'affairent pour le parer des plus séduisants atours. Efforts qui équivalent, faute d'une remise en cause substantielle du mandat initial et selon la gracieuse expression de nos collègues britanniques, à « tartiner de rouge à lèvres un cochon » : l'Accord transatlantique reste un danger majeur pour les peuples et la planète.

Alors que les négociations de l'accord transatlantique entrent dans leur troisième année, le cycle de négociations qui se tient à partir du 2 février à Bruxelles sera le premier de la Commissaire européenne Cecilia Malmström. L'occasion du nouveau départ promis lors de sa prise de fonction ? Difficile à croire à l'analyse des événements de ces dernières semaines.

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Roberto Quaglia : vers un monde multipolaire malgré des médias à sens unique

Traduction : Christophe

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© Inconnu
La grande question de la géopolitique aujourd'hui est de savoir si nous nous dirigeons vers un monde unipolaire totalement dominé par les USA (les Américains, avec fierté et arrogance, appellent cela « Full Spectrum Dominance ») ou si au contraire nous allons vers un monde multipolaire où plusieurs centres de pouvoir coexistent.

D'un point de vue économique, le monde est déjà multipolaire : la part des USA dans la production brute mondiale s'élève à environ 18% (données de 2013), et est en constante diminution. Dans ces conditions, comment se fait-il que les États-Unis exercent une telle domination globale ? Son gigantesque budget militaire n'explique pas tout ; vous ne pouvez pas, en pratique, bombarder le monde entier...

Le premier outil magique que les USA utilisent pour la domination mondiale est le dollar. Le mot « magique » n'est pas un effet de style ici ; le dollar est effectivement une création magique puisque la Réserve fédérale peut en créer en quantité illimitée dans ses ordinateurs, et le monde entier considère ces dollars comme une valeur effective, avec en arrière-pensée les pétrodollars. Cela rend extrêmement aisée pour les USA de financer à coups de milliards de dollars des « révolutions colorées » et d'autres opérations subversives autour du globe. Fondamentalement, cela ne leur coûte rien. C'est l'un des problèmes qui devra être traité pour accéder à un monde multipolaire, quel qu'il soit.

Pistol

Les Etats-Unis envisagent à nouveau d'envoyer des armes à Kiev

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Le commandement militaire de l'Otan et des responsables de l'administration américaine envisagent de soutenir l'envoi d'armes défensives aux forces ukrainiennes qui combattent les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, a affirmé le New York Times dimanche.

Le président Barack Obama n'a pas encore pris de décision sur l'envoi d'"aide létale", mais son administration évoque le sujet en raison d'une recrudescence des combats entre Kiev et les séparatistes soutenus par la Russie, rapporte le quotidien.

Le commandant en chef de l'Otan, le général américain Philip Breedlove, est désormais favorable à l'envoi d'armes défensives aux forces ukrainiennes, et le secrétaire d'Etat est ouvert à la discussion, selon le Times.

"Bien que nous restions concentrés sur la recherche d'une solution via les moyens diplomatiques, nous évaluons sans cesse d'autres options afin de créer un espace pour une solution négociée de la crise", a pour sa part déclaré au quotidien la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Bernadette Meehan.

Bad Guys

American Sniper : le film où Hollywood tue des Arabes

Traduit par LGS

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L'art et la propagande ont un rapport intime. Tout spécialement aujourd'hui, aux Etats-Unis, où les films de guerre sont un genre sacré qui montre intimement des M. Toutlemonde états-uniens tirés de la classe moyenne ordinaire des Etats-Unis et placés au milieu des dangers d'un champ de bataille étranger où ils deviennent des héros aux proportions historiques.


L'illustration la plus récente de ce genre, American Sniper (1), se déroule en Irak. Le film, réalisé par Clint Eastwood, présente toutes les caractéristiques essentielles du genre guerrier : le soldat protagoniste traité comme personnage principal, le paradigme du bien contre le mal, et la présentation de ce dernier comme implacablement méchant, menaçant, et déterminé à détruire tout ce qui est pur et civilisé.

American Sniper ne déçoit pas et présente cette néfaste dichotomie, renforcée par les lieux communs ordinaires sur les Irakiens et musulmans, qui attirent des masses de spectateurs. Au point que le film a établi un record au box-office pendant son premier week-end, qui se confirme tandis que le film entame sa deuxième semaine.

Dollar Gold

Grèce : l'union avec la Russie pour éviter le contrôle de l'Occident

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La crise de la dette grecque a été utilisée pour démontrer que les banques accordant une aide financière à des gouvernements européens dépendants ne portaient aucune responsabilité pour les frais de la dette de l'Etat concerné.

Pour ne pas être placée sous le contrôle des banques et institutions financières la Grèce doit opter pour la coopération avec la Russie, estime Paul Craig Roberts, sous-secrétaire au Trésor dans l'administration Reagan.

Selon le politologue et économiste américain, la pression diplomatique que Bruxelles exerce sur Athènes a été aggravée par la dégringolade des indices boursiers grecs. L'Occident donne à comprendre que les autorités grecques ne doivent pas s'attendre à des concessions de sa part et que le pillage de la Grèce sera poursuivi. En outre, il les met en garde contre la coopération avec Moscou.

Le message adressé à la Grèce par Bruxelles et Washington est suffisamment clair: si elle n'accepte pas les conditions de l'Occident, elle sera anéantie, estime l'économiste. Face à la perspective d'entrée dans le nouveau gouvernement grec des communistes favorables aux relations avec Moscou, l'Occident a lancé une attaque contre les indices boursiers et le marché des valeurs grecs. Ainsi le rendement des obligations à trois ans a atteint 6,69% (+2,66 points) et les indices de la bourse des valeurs d'Athènes ont perdu 9 % pour toucher les plus bas d'il y a trois ans et provoquer de graves problèmes pour les banques.

Eye 1

Comment l'État français nous surveille

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© CC Fabio Venni
La France suit-elle le même chemin que les États-Unis, et sa National Security Agency (NSA), en matière d'espionnage généralisé des citoyens ? Quelques jours après les attaques des 7 et 9 janvier, Manuel Valls annonce de nouvelles mesures pour mieux surveiller Internet. Une loi sur le renseignement, déjà prévue avant les attentats, sera votée dans les prochains mois. Elle vient renforcer la nouvelle loi antiterroriste votée en novembre 2014, ainsi que la loi de programmation militaire adoptée un an plus tôt et la loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2) de 2011. Tous ces textes élargissent progressivement les possibilités de surveillance d'Internet. Et ce en dehors du contrôle judiciaire et quel que soit le profil des citoyens. Qui communique avec qui ? Quand ? Et de quel endroit... Nous sommes désormais tous sous surveillance.

Depuis les attentats de Paris, le gouvernement veut légiférer au plus vite sur le renseignement. Un projet de loi était déjà dans les cartons. Il doit maintenant être accéléré, pour une discussion au Parlement dès mars. Avec, dans le viseur, le net et les réseaux sociaux, « plus que jamais utilisés pour l'embrigadement, la mise en contact et l'acquisition de techniques permettant de passer à l'acte » terroriste, selon Manuel Valls.

Snakes in Suits

Juncker, en bon apprenti dictateur des temps modernes

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© Inconnu
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » : voici ce que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a déclaré au Figaro au sujet des négociations avec Athènes qui ont suivi l'élection de Syriza, qui a fait plusieurs annonces retentissantes cette semaine.

Haussement de ton ?

Face à un Alexis Tsipras offensif, Juncker répond sèchement : « Athènes a accepté deux plans d'ajustement, elle doit s'y tenir. Il n'est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays européens ne l'accepteront pas (...) Dire qu'un monde nouveau a vu le jour après le scrutin de dimanche n'est pas vrai. Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l'Europe. Des arrangements sont possibles, mais ils n'altèreront pas fondamentalement ce qui est en place (...) Dire que tout va changer parce qu'il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c'est prendre ses désirs pour des réalités ».

Quenelle - Golden

Tsipras et Poutine : l'exemple grec

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© Inconnu
Ce qui se passe en Grèce est énorme. Je dois dire tout d'abord que je me méfiais des intentions « à la Hollande » de Tsipras. (« La finance est mon ennemie ». On connaît la suite . )

Le parti communiste grec (KKP) qui ne soutient pas Syriza, ce qui peut paraître paradoxal, en avait donné les raisons cet été. Raisons qui ont été reprises par Asselineau récemment. Bref Tsipras qui avait fait la tournée des maîtres du monde, leur avait laissé entendre qu'ils pouvaient le laisser être élu sans crainte, qu'il n'était pas dangereux et qu'il n'entendait absolument pas quitter l'Europe ou l'Euro. C'est alors que le KKP l'avait traité de traître à la Grèce. Or la réalité est tout à l'opposé.

Tsipras joue une partie d'échecs qui n'est pas sans rappeler celle d'un maître qui s'appelle Poutine. Il avance à coup précis et audacieux. D'une part, sauf pour les aveugles, dès les premières heures de son mandat il donne des signes de son intérêt pour Moscou. Comme le fait remarquer Bild dans « Die Russen-Connection der Griechen-Radikalos » : « A peine 90 minutes après son investiture [...], Tsipras rencontre qui ? L'ambassadeur russe en Grèce ». Cet été, déjà, Tsipras avait refusé de reconnaître le gouvernement fasciste de Kiev. Il échappe donc à la doxa européenne. Comment imaginer que la Grèce puisse rester dans l'UE en ayant une politique extérieure tout à l'opposé et sur quel sujet !

Bizarro Earth

SOTT Focus: Bizarro World

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Pour savoir qui te gouverne, il suffit de trouver qui tu n'es pas autorisé à critiquer
Chez nous, les conversations les plus intéressantes ont lieu autour de la table du petit-déjeuner avant d'entamer notre journée de travail. Les sujets vont des comportements étranges des animaux à la politique, en passant par tout ce qui peut exister entre les deux (hum... en fait, les « comportements étranges des animaux » et la « politique » peuvent avoir plus en commun que ce que l'on ne soupçonnerait au départ). Quoi qu'il en soit, ce matin, un membre de la famille a fait l'observation que tout est tel que je le décrivais dans l'un des chapitres de L'Onde il y a environ 16 ans, que l'on peut regarder par la fenêtre et voir les voitures passer, les oiseaux sautiller de ci de là, les gens vaquer à leurs occupations comme si tout était toujours pareil alors que ce n'est pas le cas ; et savoir que ce n'est plus pareil peut avoir un effet profond et viscéral sur une personne.

Dans L'Onde, j'abordais la question de devenir conscient, en collectant des preuves et en reliant les points, que notre réalité peut/doit être ancrée dans une sorte de « réalité hyperdimensionnelle » bizarre et que nous menons nos vies comme l'illustre Platon avec son allégorie de la caverne. Lire des choses du domaine des idées platoniciennes est un exercice intellectuel intéressant, mais pour moi, et beaucoup d'autres, il s'agit d'une expérience viscérale. Quoi qu'il en soit, le passage en question énonce ce qui suit :

MIB

SOTT Focus: Desseins impériaux

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Thomas Cole : « Le cours de l’Empire – la destruction » - 1836
Au cours d'une discussion en interne, le Président Eisenhower, fit remarquer à son personnel, et là je le cite, qu'« Il y a une campagne haineuse à notre encontre au Moyen-Orient, non pas du fait des gouvernements, mais des peuples. » Le Conseil de sécurité nationale a débattu de cette question et déclaré, « Oui, et la raison est que dans cette région, l'opinion est que les États-Unis soutiennent le statu quo des gouvernements qui empêchent la démocratie et le développement, et que nous faisons cela en raison de nos intérêts pour le pétrole du Moyen-Orient. En outre, il est difficile de contrer cette perception car elle est juste. » 1
Tandis que ces 13 dernières années l'Occident menait une guerre contre le terrorisme, les musulmans ordinaires des pays du Moyen-Orient étaient les premiers à subir les effets dévastateurs de celle-ci. La guerre contre le terrorisme a impliqué l'invasion, l'occupation et le bombardement uniquement des nations du Moyen-Orient. Les pays en question - Irak, Afghanistan, Libye, Syrie et Palestine - ne disposaient d'aucune armée permanente importante pour parer une quelconque offensive, et les attaques occidentales étaient, par définition, des attaques contre les civils de ces nations, dont certains prirent les armes dans une tentative futile de résister. Rien qu'en Irak, 2,7 millions de musulmans irakiens, des civils pour la plupart, ont été massacrés par conséquence directe ou indirecte de la « guerre contre le terrorisme ».2