Enfant de la SociétéS


Eye 1

Surveillance et contrôles arrivent jusqu'aux églises

La piqûre de rappel est bienvenue : le ministre de l'intérieur a adressé aux préfets, le 16 décembre, un « télégramme » recensant les mesures mises en place dès le 23 avril, au lendemain de l'attentat évité contre une église de Villejuif (Val-de-Marne). Bernard Cazeneuve demande « une vigilance toute particulière à l'égard des messes et offices de Noël qui, tout à la fois, concentreront en un même lieu un public nombreux et pourraient constituer des cibles d'une exceptionnelle force symbolique », ordonnant de prendre contact avec les responsables diocésains et leurs « référents sécurité ».

soldat
© CHRISTOPHE ENA/APTout est sous controle et tout est surveillé

Commentaire : Il faut surtout habituer les citoyens à vivre sous la menace, mais aussi leur faire comprendre que du fait de cette menace, la présence de soldats dans les rues, de policiers, de barrières, de fouilles sont nécessaires et vont devenir la routine. C'est comme si on voulait mettre dans la tête de la population que la guerre faisant rage dans certains pays - guerre qui génère le terrorisme - fait maintenant partie de notre quotidien, d'une certaine façon. Pourtant les citoyens, dans leur grande majorité, sont contre les guerres. Mais qu'importe ! Ce que pense et désire la population ne compte pas. Il faut la rassurer tout en lui faisant peur. Et aussi faire sentir aux bons catholiques qu'ils sont protégés des barbares.


A Pontoise (Val-d'Oise) comme ailleurs, on adapte ces consignes aux réalités locales. La cathédrale Saint-Maclou, édifice gothique du XIIe siècle, est prête, avec crèche et bouquets de fleurs, à accueillir les messes de Noël des 24 et 25 décembre. Une trentaine de paroissiens ont été mobilisés : par groupes de quatre ou cinq, ils filtreront les entrées par une seule porte à la fois, en surveillant particulièrement les sacs d'une certaine taille. « Nous connaissons déjà bien les fidèles et les habitués, mais Noël est, bien sûr, l'occasion d'un plus large rassemblement », explique Pierre Machenaud, curé de Pontoise.

« Le but est d'abord d'être accueillant en ces temps où nous ressentons plus encore le besoin de fraternité et d'attention les uns aux autres, juge Vincent Malherbe, retraité de fraîche date et paroissien très actif, qui dirigera les opérations. Il y a huit jours, à l'occasion d'une messe télévisée, nous avons déjà pris des précautions particulières et nous sommes donc rodés. »

Commentaire: Intéressant de voir à que point la peur provoque une affluence dans les églises. A quel point les gens s'habituent aux contrôles, à la surveillance, à la perte de leur vie privée. Cela les « rassure ». Peu à peu, tout cela va devenir normal, fera partie du quotidien. Ce qui compte, c'est que la masse ne proteste pas, et accepte cette nouvelle façon de vivre, la considère comme la norme, la règle - que ce soit dans les lieux de culte ou partout ailleurs...

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Bell

Au coeur de Paris ... des réfugiés campent place de la République à Paris

Des centaines de migrants ont décidé de camper sur la place de la République à Paris afin d'être plus visibles dans les yeux des autorités françaises.


Commentaire : Comment se fait-il que des réfugiés soient obligés de vivre dans la rue pour que les autorités du pays prennent en main leur situation ? Pourquoi le gouvernement français les laisse-t-il livrés à eux-mêmes, dehors, dans le froid ?


paris
Dans le cœur de Paris...
Après avoir manifesté pour un soutien aux migrants et réfugiés, plus de 200 demandeurs d'asile se sont décidés à s'installer sur la place de la République à Paris. Ils ne veulent pas quitter ce lieu tant que le gouvernement français ne leur proposera pas un logement.

"Nous avons décidé de rester place de la République jusqu'à ce que le gouvernement nous donne des logements, la justice des droits et des papiers", annoncent les manifestants.

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Cut

Main ferme sur la déchéance de la nationalité en France

L'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français reconnus coupables de faits de terrorisme figure bien dans le « projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation », présenté, mercredi 23 décembre au conseil des ministres.


Commentaire : Comme nous avons pu le constater depuis la mise en place de l'état d'urgence, il s'est produit certains abus de la part des autorités au nom de la sécurité. Il existe toujours une fine line rouge qui sépare ce que dit la loi et son interprétation. Et cette interprétation permet justement les abus. En ce qui concerne la déchéance de la nationalité, les autorités vont-elles franchir cette fine ligne rouge ?


decheance naionalité
Plusieurs rumeurs et informations de presse,voire déclarations de ministre, avaient pourtant laissé entendre que le gouvernement se préparait à reculer sur cette disposition symbolique et controversée, annoncée par François Hollande dans son discours de « guerre », prononcé devant le Congrès réuni à Versailles le 16 novembre.

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Light Sabers

Un bataillon féminin en Syrie qui lutte contre Daech

Après les Kurdes, un bataillon de 50 femmes syriennes et chrétiennes s'engage contre Daesh. Les femmes combattantes terrifient les islamistes, car ces derniers sont persuadés qu'ils ne peuvent pas aller au paradis s'ils sont tués par une femme.

soldats siriens
« Les Forces Féminines de Protection de la Terre entre les Deux Rivières »
« Je n'ai pas peur de Daesh », explique fièrement à l'AFP Thabirta Samir, 24 ans. « Avant,je travaillais pour une association culturelle syrienne, mais ça me plait de travailler dans le milieu militaire », poursuit-elle.

Comme 10% de la population syrienne, Thabirta est chrétienne. Son peuple est persécuté par l'État islamique. Alors avec une cinquantaine d'autres femmes chrétiennes et comme les Kurdes avant elles, elle a pris les armes pour défendre sa terre, ses droits et sa religion.

Commentaire: Ces femmes sont un exemple de courage, de force et de patriotisme. Alors que bien des gens vivent dans la peur et sont devenus amorphes, le bataillon des femmes syriennes chrétiennes nous enseigne la détermination dans sa lutte pour la liberté.


Handcuffs

Le dernier état d'urgence en France a donné les massacres du 17 octobre 1961 et du métro Charonne

Henri Leclerc
© AFP
Président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme, l'avocat pointe les dangers d'un état d'urgence qui deviendrait quasi permanent.

« Je suis très réservé sur le fait d'intégrer à notre loi fondamentale un régime de réduction drastique des libertés, alors qu'on aurait très bien pu se contenter d'en passer par la loi. Cette volonté de l'inscrire dans la Constitution me paraît témoigner de la recherche d'un objectif politique, beaucoup plus que d'une réelle efficacité. De mon point de vue, il était plus urgent de sortir de la Constitution l'état de siège ou les pleins pouvoirs prévus par l'article 16. Et si aujourd'hui, on se presse pour modifier la Constitution, c'est aussi parce que dans les réformes prévues, il y en a une qui est totalement contraire à ses principes : la déchéance de nationalité pour les personnes nées en France et condamnées pour terrorisme. C'est une atteinte à notre conception républicaine de la citoyenneté. L'exécutif semble hésiter sur le sujet. J'espère bien qu'il va faire machine arrière. Par ailleurs, le projet de révision constitutionnelle prévoit la possibilité de prolonger certaines mesures, hors état d'urgence, pendant une durée de six mois, si la menace terroriste persiste. Mais qui pourra dire un jour que la menace terroriste n'existe plus ? On glisserait alors vers un état d'urgence permanent, un état d'exception pérenne. C'est pour le moins préoccupant. L'état d'urgence peut certes être un moyen de se défendre face à une agression, mais il doit être très limité dans le temps.
Quand vous donnez des pouvoirs à la police, elle ne se limite pas aux raisons pour lesquelles vous lui avez donné ces pouvoirs. Certes, les perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence (2700 - NDLR) ont permis de saisir des armes (187 procédures ont été lancées sur cette base - NDLR) et de la drogue (167 procédures - NDLR), mais cela n'a rien à voir avec le terrorisme. L'état d'urgence n'est pas fait pour ça. Enfin, l'utiliser pour des raisons politiques est encore plus scandaleux. C'est ce qui a été fait avec l'interdiction de certaines manifestations ou l'assignation à résidence de militants écologistes lors de la COP 21.
Plus on prolonge un état qui donne des pouvoirs considérables à l'exécutif, plus le risque de dérives est grand. Nous avons connu ça lors de la dernière utilisation durable de l'état d'urgence en France : en 1961, après le putsch des généraux à Alger. Cela a produit le couvre-feu pour les Algériens, qui est à l'origine des massacres du 17 octobre 1961. Puis, l'interdiction de la manifestation du 8 février 1962, qui est à l'origine des morts du métro Charonne. Voilà quelles peuvent être les conséquences d'un état d'urgence qui se prolonge exagérément. »

Commentaire: Rien n'a vraiment changé depuis 40 ans dirait-on :


Recensement des joies (ou pas) de l'état d'urgence en France :


Snakes in Suits

Londres : un millionnaire saoudien qui a « accidentellement pénétré » une adolescente a été acquitté

Ehsan Abdulaziz
Ehsan Abdulaziz
À Londres, un millionnaire saoudien, Ehsan Abdulaziz, accusé de viol par une jeune fille de 18 ans, a finalement été acquitté par la justice. Un procès qui fait les gros titres en Angleterre.

« Je suis tombé accidentellement mais rien ne s'est jamais passé. Entre moi et cette fille, rien ne s'est jamais passé », a martelé devant les juges britanniques Ehsan Abdulaziz, un promoteur immobilier accusé de viol par une jeune fille âgée de 18 ans au moment des faits.

L'histoire remonte à août 2014. L'homme d'affaires fait la fête dans un club londonien avec des connaissances professionnelles, une jeune femme de 24 ans qu'il fréquente depuis quelques mois et l'amie de cette dernière, tout juste majeure, rapporte The Independent. Alors que la soirée touche à sa fin, le Saoudien invite les deux jeunes femmes dans sa voiture et propose de les raccompagner chez la plus âgée. Selon l'accusé, l'adolescente insiste pour continuer les festivités chez lui et vider quelques autres verres d'alcool, peut-on lire dans le Daily Mail.

Commentaire: Dans le système capitaliste, peu importe l'absurdité de votre mensonge, l'argent l'emporte toujours. Et dans le système psychopathique qui prévaut de nos jours, peu importe les preuves qui accablent l'agresseur, c'est souvent la faute de la victime (« trop provocante », « elle l'a cherché », « c'est elle qui m'a séduit », « elle était consentante », etc.)


Bad Guys

La violence quotidienne de la culture moderne, tous les jours, pour tout le monde


Commentaire : Force est de constater, en décortiquant un tant soit peu les habitudes qui composent notre quotidien, que rien de ce que nous considerons comme étant normal ne l'est vraiment. « Bilans énergétiques » exemplaires, normes anti-polluantes certifiées, labels de qualité, engagements de respectabilité, impact raisonné : gymnastique sémantique utilisée en pansements dérisoires, inapte à réparer les ravages que nous causons en réalité tout autour de nous. Sous l'influence d'une propagande consumériste irrésistible et d'une pression sociale constante, on nous apprend qu'il est juste et légitime de posséder ce que nous possédons, de l'eau qui sort du robinet à la voiture que nous avons payée. Qu'il est justifiable de détruire pour le « progrès ». La légitimité, par définition, a bien du mal à se remettre en question. Est-il alors étonnant de constater que rien ne change autour de nous, si ce n'est en pire, puisque le paradigme ne change pas ? Il ne s'agit pas ici de culpabiliser les masses, ce n'est pas constructif et nos dirigeants psychopathes le font déjà suffisamment bien ; il s'agit plutôt de prendre conscience que nous sommes bien à l'abri dans un système qui s'auto-justifie, et de le voir comme tel.

La violence quotidienne de la culture moderne
Notre société moderne, la civilisation industrielle, repose sur la violence.

Cette violence passe largement inaperçue. Lorsqu'on la remarque, on la perçoit souvent comme une série d'incidents isolés plutôt que comme faisant partie intégrante de la culture dominante.

Voici une matinée type, au sein de cette culture.

Elle commence alors que tu te réveilles sur un matelas en mousse, dont la lente décomposition libère des composés volatiles et toxiques. Pendant 10 000 ans, des morceaux de ce matelas continueront à empoisonner l'environnement. Tu es levé, donc, et les vêtements que tu enfiles portent les étiquettes du Bangladesh, de Puerto Rico ou de la « République » Dominicaine. Les gens qui ont fait ces vêtements travaillent comme des esclaves.

Tu descends pour te servir un verre d'eau. En ouvrant le robinet l'eau coule immédiatement. Elle provient d'une rivière domestiquée par un système de barrages, depuis 127 ans. Les espèces qui vivaient dans ces eaux sont beaucoup moins présentes depuis. Tu la bois.

Tu te sers un bol de céréales. Elles proviennent du blé et du maïs qui sont cultivés là où poussaient les hautes herbes, dans les Grandes-Plaines de l'est. 90% de ces prairies, sur des milliers de km2, ont vu leur habitat labouré et systématiquement détruit pour faire place à l'agriculture. Les sols ont été épuisés, et seuls les engrais et dérivés du pétrole rendent ton repas possible aujourd'hui.

Beaker

Thomas Sankara : pas d'ADN sur les restes de sa dépouille

Sept mois après l'exhumation du corps présumé de Thomas Sankara, tué en 1987 lors d'un coup d'État, les analyses pratiquées sur la dépouille n'ont pas permis de détecter un ADN, a indiqué lundi l'avocat de la famille de Mariam Sankara.
Thomas Sankara
Thomas Sankara
« On peut simplement dire qu'au regard de ces résultats, l'état des restes ne permettaient pas au laboratoire de certifier l'existence d'ADN » sur les corps exhumés fin mai, a déclaré lundi 21 décembre Me Bénéwendé Stanislas Sankara.

« Les premier et deuxième niveaux (des tests ADN) certifient des résultats qui confortent ceux de l'autopsie mais au troisième niveau, l'expertise scientifique conclut qu'il n'y a pas d'ADN détectable conformément à l'état actuel de la science », a-t-il expliqué à la presse. Les résultats de l'autopsie livrés mi-octobre 2015 indiquent que la dépouille présumée du président Sankara était « criblée de balles ».

Commentaire: Est-ce que le corps de Thomas Sankara aurait été remplacé par un autre corps qu'on aurait acheté ? Pour qu'on ne puisse pas déterminer la vraie cause de la mort du révolutionnaire ?

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Eye 1

Selon certaines sources, 272 terroristes seraient déjà en Europe et 150 autres seraient en route

Deux groupes de terroristes de Daech se sont entraînés pour mener en Europe des attentats-suicides ou des attaques semblables à celles de Paris.
terroriste
272 terroristes seraient déjà en Europe ?
Selon le quotidien norvégien Dagbladet, le premier groupe terroriste est déjà arrivé en Europe. Un autre se trouve actuellement en Syrie après s'être entraîné dans un camp militaire situé entre Sinjar et Mossoul en Irak.

L'information provient d'une source connaissant bien la situation en Syrie (précédemment, la source avait déjà fourni des informations véridiques). Le service de renseignements norvégien PST a confirmé à Dagbladet être au courant de l'information.


Commentaire : Le danger est que les gens confondent terroriste avec réfugié. Il n'y a pas de réfugié terroriste mais bien des terroristes infiltrés comme réfugiés. Avec l'immense attirail de contrôle que les gouvernements ont mis en place, ces terroristes latents devraient être repérés. Car sinon, à quoi servent tous ces moyens de surveillance sur la population en général ?


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Bad Guys

Brutalité, ratés et violence policière : le résultat de plus d'un mois d'Etat d'urgence

Qui sont-ils, ces assignés et ces perquisitionnés que la police dit liés au terrorisme depuis le début de l'état d'urgence, décrété au lendemain des attentats du 13 novembre ?
Police
Les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence, détaillées depuis un mois sur notre Observatoire, ont toutes des points communs. ( JACQUES DEMARTHON / AFP)

Commentaire : Réponse : des citoyens lambdas comme vous et moi.


Au fond, la question qui a donné naissance à notre Observatoire de l'état d'urgence, installé sur Le Monde.fr depuis le 23 novembre, est assez simple. Que se cache-t-il derrière les bilans chiffrés communiqués par le ministre de l'intérieur et même par le premier ministre pour afficher leur réactivité après les attentats du 13 novembre ? Tant de perquisitions, tant d'assignations à résidence, tant d'armes saisies, tant de drogue confisquée... Tiens, de la drogue ! On pensait pourtant que les mesures liées à l'état d'urgence n'étaient destinées qu'à lutter contre le terrorisme.

Rapidement, les témoignages spontanés, la lecture attentive de la presse régionale, qui assure un suivi détaillé du sujet, nous ont permis de déceler des points communs, une ambiance générale, un contexte : l'improvisation, l'exagération dans la communication, la brutalité de certaines opérations. Les récits que nous avons recueillis ne prétendent pour autant ni à l'exhaustivité, ni à la représentativité. Ils racontent simplement le quotidien d'un état d'urgence inédit dans son ampleur.