Enfant de la SociétéS


Family

« Finalement, la volte-face d'Aléxis Tsípras s'explique très bien »

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On ne comprend plus grand-chose à ce qui se passe en Grèce. Grâce ou à cause d'Aléxis Tsípras, les Grecs ont massivement voté « non » aux diktats lors du référendum du 5 juillet, mais deux jours plus tard le même Tsípras acceptait de se soumettre à des mesures encore plus coercitives...

Le 5 juillet, les Grecs ont dit non, massivement non, à la politique d'austérité imposée par l'Union européenne. C'est la première fois qu'un peuple était appelé à se prononcer sur la sauce à laquelle on prétendait le manger. Plus précisément, c'est la première fois qu'un peuple se voyait donner la possibilité de se prononcer politiquement sur une doctrine économique, en l'occurrence la dogmatique de l'orthodoxie néolibérale imposée par les prêteurs usuriers de l'oligarchie mondiale. Ce n'est pas rien. Et cela restera une date historique, quoi qu'il se soit passé par la suite. Exactement comme le « non » français du 29 mai 2005, qui fut lui aussi bafoué.

La volte-face d'Aléxis Tsípras a surpris tout le monde, mais s'explique finalement très bien. Tsípras ne voulait pas quitter la zone euro, et les Grecs ne le voulaient pas non plus. Or, le maintien dans la zone euro impliquait l'austérité. Vouloir conserver l'euro sans avoir l'austérité, c'est vouloir un cercle carré. Face aux exigences toujours plus dures de l'Eurogroupe et de la Troïka, Aléxis Tsípras n'avait le choix qu'entre renverser la table ou passer dessous. N'ayant pas voulu la renverser, il a suffi de le menacer d'une expulsion de son pays de la zone euro pour l'amener à capituler.

Megaphone

40 familles françaises poursuivent CSP en justice pour un dangereux vaccin contre la méningite

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40 familles ont déposé une plainte au tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand contre le laboratoire pharmaceutique français CSP, distributeur pour la France du vaccin Meningitec, rapporte Doctissimo. Elles relient des symptômes graves chez leur enfant à la vaccination avec des lots défectueux du vaccin, entre avril et décembre 2014.

Ce vaccin, sur le marché depuis 2002, est recommandé depuis 2010 au calendrier vaccinal, de 2 mois jusqu'à 24 ans, pour prévenir la méningite C. Cette souche, rapporte Le Parisien, affecte environ 550 personnes en France chaque année, particulièrement des adolescents et jeunes adultes, et se révèle mortelle dans 15 % des cas.

Une demande de retrait du marché de ces vaccins a été lancée par les autorités sanitaires en septembre 2014. CSP avait informé l'Agence du médicament (ANSM) de la contamination par des particules de 21 lots. Un rappel a également été organisé au niveau européen.

Handcuffs

Allemagne : quand dire la vérité est considéré comme un acte de haute trahison

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© East News. Lefteris Pitarakis
La justice allemande a ouvert, jeudi 30 juillet, une enquête pour trahison à l'encontre du site d'information Netzpolitik.org, soupçonné d'avoir dévoilé un secret d'Etat a fait savoir le rédacteur en chef du site, Markus Beckedahl.

L'enquête en question fait suite à une plainte du président de l'Office fédéral pour la protection de la Constitution (BfV) Hans-Georg Maassen. M. Maassen accuse le site d'avoir publié des articles le 25 février et le 15 avril ayant pour sources des informations confidentielles sur les activités du BND, le Service fédéral de renseignement. Il s'agit dans ces documents du renforcement de la surveillance des internautes et notamment du contrôle des usagers sur les réseaux sociaux.

Markus Beckedahl a qualifié cette affaire d'une "atteinte à la liberté de la presse". "Je crois qu'il s'agit d'une tentative d'intimider les journalistes", a-t-il confié au site de la chaîne N-24, en précisant que le 31 juillet il a reçu l'avis de lancement de l'enquête. Il est visé par l'enquête avec Andre Meister, journaliste du site et l'un des auteurs des articles qui ont fait scandales et une source anonyme ayant procuré les documents aux journalistes.

Attention

La Tourmente grecque

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Le taux de mortalité infantile a progressé en Grèce, depuis le début de la crise, de 43 %. C'est à ce taux que l'on reconnaît le niveau de développement d'un pays. La Tourmente grecque, film de Philippe Menut, rappelle cette triste réalité, et bien d'autres, qui montrent que la Grèce sert de "cobaye" aux spéculateurs.

Le réalisateur, Philippe Menut, a été journaliste à France 2 et à France 3. Ce film, débuté en 2012, est régulièrement actualisé. Il décrit la crise humanitaire, véritable "guerre économique et sociale" : 30 000 sans-abri à Athènes, retraites réduites de 25 %, budget de la santé amputé du tiers, chômage multiplié par 3, services publics sinistrés. Alors que les prix sont ceux de Paris ou de Londres, les salaires sont ceux de Bulgarie. Le salaire minimum est à 480 €, 40 % des Athéniens ont passé le dernier hiver sans chauffage.

On accuse les Grecs de ne pas payer d'impôts, alors même que les impôts sont prélevés à la source (ce qui n'est même pas le cas de la France). Ce sont les armateurs qui ne payent pas d'impôts, ce qui a grandement donné cette image d'une Grèce non imposée, mais la troïka n'y voit pas d'objections.

Nuke

Accident nucléaire ? Pas grave, avec la nouvelle révision des seuils...

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© wellphoto
Un projet de règlement européen fixant les limites de contamination applicables aux aliments en cas d'accident nucléaire en Europe suscite une polémique au Parlement européen et parmi les associations d'expertise indépendante de la radioactivité.

C'est dans la plus grande discrétion que le Parlement européen a adopté une résolution législative sur les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive des denrées alimentaires et des aliments pour le bétail après un accident nucléaire, le 9 juillet dernier. Il se prononçait sur une proposition de règlement présenté par la Commission européenne, qui s'imposera à tous les pays de l'Union une fois adoptée par le Conseil européen. Ce texte porte sur quatre principaux groupes de radionucléides : plutonium, strontium, iode et césium, et cinq catégories de denrées alimentaires : aliments pour nourrissons, lait, boissons dont eau potable, aliments de base (viande, poissons, légumes, fruits, céréales) et aliments dits mineurs. L'enjeu est important pour les agriculteurs européens et l'industrie agro-alimentaire puisque les aliments ne pourront plus être commercialisés ni exportés selon leur niveau de contamination radioactive.

Family

Quel leader 84% des Ukrainiens voudraient-ils avoir ?

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On nous assure que le site Nedelya.com, qualifié de site doté d'une "conscience patriotique nationale" très affirmée, jugea utile et intéressant pour la démocratie florissante du pays de demander à ses lecteurs quel leader ils aimeraient avoir pour leur pays. Dix-neuf noms étaient présentés, il y a eu 41 664 réponses... Le classement ainsi obtenu, et les chiffres eux-mêmes, sont à la fois amusants et exaltants du point de vue de la direction ukrainienne, pour le moins : 84% répondent Poutine, 5% Loukachenko (Biélorussie), 2% Xi Jinping, 2% Jirinovski, 1% Porochenko, 1% Merkel, 1% Marine Le Pen (enfin, la France est présente !), 1% Nazarbaiev, 1% Obama ... A partir de là, nous sommes à 0% avec des gens comme Timochenko, Iatseniouk, Lyachko, Kolomoïski, Ioutchenko, etc.

C'est Dinya Simonian qui a écrit le texte original et JJ Hawk, de FortRuss qui l'a traduit pour son site, le 28 juillet 2015 (repris également par OffGuardian, site dédié à une dissidence du Guardian, le 29 juillet 2015).

Bad Guys

France : la fin des paysans et les soldats perdus de l'agriculture industrielle

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La France fut longtemps paysanne avant d'être industrielle. Nous sommes tous des paysans de souche et ce lien ancestral permet au monde agricole de bénéficier encore aujourd'hui d'une sympathie particulière lorsqu'il engage des actions revendicatives pour attirer l'attention des pouvoirs publics. Mais, derrière la bataille engagée aujourd'hui, une nouvelle fois, par nos éleveurs, se cachent les intérêts contradictoires de deux conceptions de l'agriculture et le combat ambigu de la FNSEA et de son président Xavier Beulin. Juchés sur leurs énormes engins agricoles, le plus souvent de marques étrangères, tandis qu'ils arborent des pancartes « Achetez français », noyés dans la fumée dégagée par des monticules de pneus enflammés, les ruraux du syndicat majoritaire ne sont plus des paysans mais les représentants d'un maillon de l'agro-industrie soumis à la mondialisation et à la concurrence libre des autres produits européens. Leurs difficultés s'apparentent finalement à celles que peuvent éprouver les salariés d'autres secteurs industriels car, bien que théoriquement indépendants, ils sont, dans les faits, tenus, enfermés, dans des liens de subordination particulièrement stricts et contraignants.

Eye 1

Loi sur le renseignement : le gouvernement a désormais carte blanche

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Le Conseil constitutionnel a rendu, jeudi 23 juillet, une décision historique par son mépris des libertés individuelles, du respect de la vie privée et de la liberté d'expression. Les « sages » ont choisi de faire l'économie d'une analyse réelle de la proportionnalité des lois de surveillance et démontré ainsi leur volonté de ne pas enrayer le jeu politique, pour finalement endosser le rôle de chambre d'enregistrement.

Communiqué commun de l'Observatoire des Libertés et du Numérique (OLN) (1)

Pourtant, le Conseil constitutionnel avait reçu de nombreuses contributions des organisations citoyennes, via la procédure de la porte étroite, appelant à une analyse en profondeur de la loi et une censure de nombreuses dispositions, à commencer par les trop nombreuses et trop larges finalités. Bien sûr, le Conseil constitutionnel donne les limites de chacune des finalités, en renvoyant aux différents articles des différents codes (pénal et de procédure pénale, de la défense et de la sécurité intérieure). Toutefois ces finalités restent si larges que toute « atteinte à l'ordre public », comme la participation à une manifestation, peut faire l'objet d'une technique de renseignement. Ainsi, il reviendra aux services de renseignement puis à la CNCTR de définir dans l'urgence ce qui entre dans le champ des finalités, sans aucun contrôle judiciaire.

Pistol

Des scientifiques mobilisés contre l'Intelligence Artificielle militaire

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© Sony PicturesUn exemple de l'armement extraterrestre utilisé dans le film District 9, réalisé par Neil Blomkamp
Les chercheurs et personnalités du monde scientifique se mobilisent pour faire interdire la guerre automatisée.

C'est une révolution cynique que pourrait constituer celle du recours aux armes de guerre autonomes. Tandis que nos sociétés utilisent les machines pour intervenir au service de l'humain, lui offrir plus de confort et le libérer de certaines tâches fastidieuses, le secteur militaire s'intéresse à l'intelligence artificielle pour opérer des actions militaires sans intervention humaine.

Et c'est bien ce qui affole le milieu scientifique et les milliers de personnalités signataires d'une lettre ouverte intitulée "Armes automatiques : lettre ouverte des chercheurs en robotique et en intelligence artificielle". Présentée à Buenos Aires (Argentine) le 27 juillet dernier lors d'une conférence internationale portant sur l'intelligence artificielle, cette lettre se présente comme une action de prévention contre la course à l'armement automatisé au niveau mondial, c'est-à-dire l'emploi de robots tueurs lors de frappes guerrières.

Commentaire: Traduction par Gérard-Michel Thermeau de « Autonomous Weapons : an Open Letter from AI & Robotics Researchers » pour Contrepoints :

« Les armes autonomes choisissent et frappent des cibles sans intervention humaine. Elles incluent, par exemple, des quadcopters armés qui peuvent rechercher et éliminer les personnes qui répondent à certains critères prédéfinis, mais ne comprennent pas les missiles de croisière ou drones téléguidés pour lesquels les humains prennent toutes les décisions de ciblage. La technologie de l'Intelligence Artificielle (IA) a atteint un point où le déploiement de ces systèmes est, pratiquement sinon légalement, faisable non dans les décennies mais dans les années à venir et les enjeux en sont élevés : les armes autonomes ont été décrites comme la troisième révolution dans la pratique de la guerre, après la poudre et les armes nucléaires.

De nombreux arguments ont été avancés pour et contre les armes autonomes, par exemple que le remplacement des soldats humains par des machines est positif en réduisant les pertes pour celui qui les utilise, mais mauvais puisqu'il abaisse ainsi le coût d'un engagement au combat. La question clé pour l'humanité d'aujourd'hui est de savoir s'il faut se lancer dans une course mondiale aux armements IA ou l'empêcher. Si une grande puissance militaire décide de développer de l'arme IA, une course mondiale aux armements est pratiquement inévitable, et le point d'arrivée de cette trajectoire technologique est évident : les armes autonomes deviendront les kalachnikovs de demain.

Contrairement aux armes nucléaires, elles ne nécessitent pas de coûteux investissements ou des matières premières difficiles à obtenir, aussi vont-elles devenir omniprésentes et bon marché pour toutes les puissances militaires susceptibles de les produire en masse. Ce ne sera qu'une question de temps avant qu'elles n'apparaissent sur le marché noir et entre les mains de terroristes, de dictateurs souhaitant un plus grand contrôle de leur population, de seigneurs de guerre voulant perpétrer un nettoyage ethnique, etc. Les armes autonomes sont idéales pour des tâches telles que les assassinats, la déstabilisation des nations, la soumission des populations et le massacre sélectif d'un groupe ethnique particulier.

Nous pensons donc que la course aux armements militaire IA ne serait pas favorable à l'humanité. Il existe de nombreuses façons grâce auxquelles l'IA peut sécuriser les zones de combats pour les humains, en particulier les civils, sans créer de nouveaux outils pour tuer des gens.

Tout comme la plupart des chimistes et des biologistes n'ont aucun intérêt à construire des armes chimiques ou biologiques, la plupart des chercheurs en Intelligence Artificielle n'ont aucun intérêt à construire des armes IA, et ne veulent pas que d'autres discréditent leur domaine ; ce faisant, ils créent la possibilité d'un rejet massif par le public de l'IA qui bloquerait ses futurs avantages sociétaux.

En effet, les chimistes et les biologistes ont largement soutenu les accords internationaux qui ont permis d'interdire les armes chimiques et biologiques, tout comme la plupart des physiciens ont soutenu les traités interdisant les armes nucléaires spatiales et les armes à laser aveuglantes.

En résumé, nous croyons que l'IA offre un grand potentiel pour le bénéfice de l'humanité dans bien des domaines, et que nous devons avoir pour objectif de le réaliser. Le lancement d'une course aux armements IA est une mauvaise idée, et doit être empêché par une interdiction des armes offensives autonomes sans contrôle humain significatif. »


Eye 1

Royaume-Uni : 3 ans et déjà considéré comme un terroriste

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Le nombre de jeunes et enfants de moins de 18 ans surveillés par le programme Channel
Le programme britannique «Channel» qui vise à repérer les populations en voie de radicalisation terroriste a reconnu avoir fiché un petit garçon de 3 ans. Des dizaines d'autres d'enfants, de moins de 12 ans, seraient sous surveillance au Royaume-Uni.

484. C'est le nombre d'adolescents et d'enfants qui seraient dans le collimateur du programme national de lutte contre le terrorisme, Channel en 2015. 84 ont moins de 12 ans. Le plus petit n'en a que 3 !

Cet enfant que les autorités britanniques soupçonnent d'être en voie de radicalisation, habite la banlieue de Londres à Tower Hamlets. Il aurait été repéré en même temps que tous les membres de sa famille. Les écoles, les services sociaux, les services de santé sont habilités à signaler des suspects auprès du programme Channel. Selon certains enquêteurs de cette cellule de lutte contre le terrorisme, un dessin avec des bombes ou des armes ou un récit relatant un attentat à la bombe, peut conduire des enseignants à signaler le comportement de tel ou tel enfant.