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© Jacques Nadeau/Le Devoir La brèche dans les droits fondamentaux a été ouverte. Et le SPVM ne se gêne pas pour entrer dedans à coups de matraque et de gaz lacrymogène, constate Frédéric Bérard.
Les gouvernements ont ouvert la porte à une « petite dérive autoritaire », voire à un État policier, en adoptant d'urgence des lois visant à mater les manifestations légitimes, estiment des experts du droit canadien. L'an dernier, Frédéric Bérard a publié un livre sur les menaces à l'état de droit au Canada. Depuis, il a constaté tellement d'accrocs au régime de droit qu'il prépare un deuxième tome.
Ce spécialiste du droit constitutionnel, chargé de cours à l'Université de Montréal et à l'Université McGill, s'emporte quand on lui parle de la répression policière des manifestations à Montréal. Il considère que les gouvernements ont offert à la police une occasion en or de réprimer les citoyens, avec des initiatives comme la défunte loi 78 et le règlement municipal P-6. La brèche dans les droits fondamentaux a été ouverte. Et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne se gêne pas pour s'y engouffrer à coups de matraque et de gaz lacrymogène, constate Frédéric Bérard.
« On assiste à une dérive vers un État policier. On donne tous les pouvoirs aux policiers. C'est une manière de violer clairement des droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés », dit-il sans détour.