Lors des guerres menées par les États-Unis depuis la chute du mur de Berlin au nom d'une certaine idée de leur puissance, est apparue une notion, celle de«
dommages collatéraux », qui a été utilisée par les organes des relations publiques du Pentagone pour justifier et faire accepter aux opinions occidentales des actes de guerre provocant des victimes civiles. Ces dommages collatéraux ne seraient pas souhaités par lapuissance militaire qui déplore ces tragiques erreurs, fruits de renseignements erronés ou d'une technologie défaillante.
Or, a y regarder de plus près, on s'aperçoit que la plupart de ces actes de guerre ayant détruit la vie de milliers de civils en Afghanistan, en Irak, enLibye ces dernières années[1], ne sont pas des erreurs, des dommages collatéraux d'une entreprise militaire qui ne prendrait pour cible que des soldats en uniforme appartenant à la partie adverse, mais bien
des actes délibérés visant à tuer des femmes, des enfants et des hommes sans défense.On pourrait se demander dans quels buts de telles horreurs seraient entreprises. La doctrine militaire répond : pour imposer la terreur source de toute obéissance.
La doctrine militaire dément ici brutalement la propagande politique : faire souffrir les populations civiles est un des moyens de gagner laguerre ; torturer leur corps est un des moyens de courber leur échine ; atteindre leur conscience est un des moyens de gagner leur âme (les bombardements des Alliés à la fin de la seconde guerre mondiale l'attestent amplement - la question de savoir si la fin justifie les moyens est un autre débat).