OF THE
TIMES
[A propos de Poutine]c'est sans aucun doute la conviction de l'homme ; sa fièvre insistante qui baigne le calme habituel, presque monocorde, de sa voix, avec en toile de fond de cette intervention, ceci comme une supplique s'adressant aux journalistes qui l'entourent : "Mais ne comprenez-vous donc pas ce qui se passe ? Si cela continue, ne comprenez-vous donc pas nous allons être obligés de 'riposter', de frapper contre cette épée de Damoclès qu'ils sont en train d'installer au-dessus de nos moyens stratégiques fondamentaux ?" Une supplique, sans nul doute...Qu'un responsable politique de l'envergure de Poutine parle de la sorte, il y a de quoi s'inquiéter. Au symbolisme lourd de sens révélé par une situation mondiale catastrophique, il va sans dire que la "direction irréversible" à laquelle il est fait allusion plus haut devrait nous inciter à mettre de l'ordre dans nos affaires, pour le moins, à tout un chacun.
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Les phrases les plus frappantes dans l'intervention de Poutine (dont on retrouve des éléments dans d'autres de ses très récentes déclarations, lors du séminaire de Saint-Petersbourg notamment, - voir John Helmer de Dances with the Wolf le 19 juin), sont celles-ci, en préliminaire : « Ils [l'OTAN/les USA, tous les bouffons du même culte-Système] nous mentent... Nous savons ce qu'ils font, année après année, et ils savent que nous savons... » ; et puis celles-ci surtout, dites aux journalistes qui l'entourent, et celles-ci dites comme une supplique, et parmi celles-ci, soulignées de gras, où la supplique devient véhémente et si pressante :
« C'est précisément à vous [journalistes] qu'ils disent tous ces bobards et vous les acceptez, et vous les répercutez auprès des concitoyens de vos pays ; et, de ce fait, vos concitoyens ne réalisent en rien le sentiment du danger imminent, - et c'est ce qui me préoccupe tant. Comment ne pouvez-vous ne pas comprendre que le monde est en train d'être poussé vers une direction irréversible, alors qu'ils prétendent que rien ne se passe. Je ne sais quoi faire de plus que ce que je fais pour vous pénétrer de cette réalité... »
Le suprême raffinement en matière de désinformation consisterait ainsi à obtenir de l'opinion publique qu'elle acquiesce par avance à cette inversion [du thème du débat], qu'elle se mette d'elle-même à « penser à l'envers », volontairement, sans jamais prendre conscience de la manipulation dont elle est l'objet ni douter un seul instant avoir perdu son libre arbitre précisément parce que que ce que le discours qu'on lui a tenu correspondait à ce qu'elle avait « envie d'entendre ».Pour ce qui est de la population, le rouleau compresseur médiatique est passé maitre dans l'art de fabriquer les envies, toutes artificielles. De celles qui aplanissent les « dissonances cognitives » quelques peu inconfortables issues de sa confrontation avec une réalité objective. Quand aux instigateurs des plus grandes impostures de notre temps, on pourra donc finir avec Bossuet :
"Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. "
Cependant l'auteur ne mentionne pas que le Pentagone dépense à peu près la même somme chaque mois pour nourrir l'appétit vorace de son empire militaire. Et depuis que les conflagrations mondiales ont éclaté suite aux interventions des forces de l'OTAN à l'étranger, de nombreux pays ne perçoivent pas ce monstre que sont les États-Unis comme une chose lointaine et positive. Ils le voient bien sûr comme une menace directe à leur survie nationale.La Russie, qui se retrouve en ligne de front avec cette invasion, n'a pas perdu de temps pour moderniser son armée après avoir compris que la promesse de Washington de coopérer avec Moscou dans la lutte contre le terrorisme - pour ne pas mentionner le système de défense anti-missiles construit pas les États-Unis en Europe de l'Est - était une arnaque élaborée, destinée à mener la Russie en bateau en lui faisant croire à une sécurité bilatérale avec la superpuissance mondiale.
« Les politiques anti-russes [de Washington] ont convaincu les dirigeants russes que faire des concessions ou négocier avec l'Occident était inutile. Il est devenu évident que l'Occident soutiendra toujours tout individu, mouvement ou gouvernement anti-russe, que ce soit des oligarques qui trichent, des criminels de guerre ukrainiens notoirement coupables, des terroristes wahhabites soutenus par l'Arabie saoudite en Tchétchénie ou des punks profanant des cathédrales moscovites » ont écrit les docteurs Evgenia Gurevich, Victor Katsap, Dmitri Orlov et Andreï Raevski.

Le fait qu'un si grand nombre de fonctionnaires du Département d'État plaident en faveur d'un élargissement de la guerre d'agression en accord avec l'agenda néoconservateur, qui a placé la Syrie sur une liste noire il y a vingt ans, est révélateur du degré de folie qui s'est emparé du Département d'État.Le Département d'État semble être devenu un mélange de néoconservateurs pur jus, de libéraux interventionnistes et de quelques arrivistes qui ont compris qu'il était dans leur intérêt de se comporter comme des proconsuls globaux qui imposent leurs solutions ou recherchent un « changement de régime » plutôt que de se comporter en diplomates respectueux à la recherche de véritables compromis.
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