
Sous les feux des médias, la grande messe planétaire de la Coupe du Monde de football. Dans l'ombre, la triste réalité de la société brésilienne. Flambées de violence, répression policière brutale... des centaines de blessés, des assassinats ciblés, des disparitions, près de 10.000 familles expulsées... La situation sociale devient explosive au Brésil où les protestations contre la gabegie de la Coupe du Monde de football se multiplient, et alors que la police militaire s'est installée durablement dans les favelas de Rio où de vastes programmes de transformation urbaine sont engagés depuis quelques années. L'indécence des milliards dépensés en pure perte dans un contexte de paupérisation absolue des masses populaires brésiliennes montre une nouvelle fois l'absurdité du capitalisme mondialisé où se côtoient dénuement total et dépenses somptuaires. Mais les enjeux de la Coupe du Monde pour l'oligarchie mondialiste sont énormes : tenter de masquer la faillite inexorable du système par le spectacle d'une opulence factice, réactiver les réflexes nationalistes pour cacher les désastres de la mondialisation, désamorcer les luttes de classe par la grande communion dans le jeu, contrôler les quartiers populaires par le quadrillage militaro-policier. Et,
last but not least, permettre aux firmes multinationales d'engranger des profits énormes tandis que les coût pharamineux seront supportés par le peuple brésilien. Socialiser les pertes, privatiser les profits : on ne change pas une recette qui marche.
La colère du peuple brésilien contre l'oligarchieLa révolte populaire ne cesse de s'étendre au Brésil. Tout s'est dégradé fin avril à Copacabana quand
la ville est devenue le théâtre d'affrontements violents entre les unités de la police militaire et les habitants des favelas (bidonvilles) de la région. En cause, l'assassinat par balles de Douglas Rafael da Silva Pereira, 26 ans, connu sous le nom de DG, dont le corps a été découvert dans une crèche de la favela Pavão-Pavãozinho-Cantagalo située sur la colline qui surplombe les deux quartiers les plus touristiques du pays, Copacabana et Ipanema. Le jeune danseur, célèbre pour avoir participé à plusieurs émissions de télé, avait tourné dans un court métrage, «
Made in Brazil » produit en 2013 par le collectif
Contraa parede (« contre le mur ») montrant la réalité quotidienne des jeunes des favelas dans une ville qui se prépare à accueillir l'événement le plus médiatisé de la planète. Film pour le moins prémonitoire : sa propre exécution par la police y était mise en scène ! Mais il n'est pas, loin s'en faut, la seule victime. Violences policières, tortures, expulsions de familles pauvres,...
le bilan de la répression est accablant pour le gouvernement brésilien.