Les Maîtres du MondeS


Dollars

FMI, UE, Bâle : les comptes bancaires plus que jamais menacés

À quoi jouent les banques et les Etats ? Voici quatre nouvelles concomitantes qui doivent alerter tous ceux qui placent encore leur confiance dans le système bancaire européen.

Premièrement l'adoption de la directive européenne pour ponctionner les comptes des épargnants en cas de faillite bancaire et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2016 (nous en avons parlé le 18 décembre dernier).

Deuxièmement, la semaine dernière, le FMI revient à la charge sur la ponction des comptes bancaires, sur l'idée d'une taxe généralisée sur l'épargne afin de réduire la dette publique, et que l'institution avait déjà évoquée (nous en avions parlé le 16 octobre dernier). Cette fois le FMI convoque le célèbre duo d'économistes de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, pour expliquer que la dette publique atteint des sommets depuis 200 ans et qu'il va inévitablement falloir recourir à un cocktail mélangeant restructurations, défauts et inflation...

Star of David

A l'Assemblée Nationale, un député français demande « des sanctions fermes contre Israël »


Snakes in Suits

L'irrésistible ascension de Manuel Valls

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Diatribes contre les Roms, islamophobie revendiquée, allégeance à Israël, nouvelles lois antiterroriste et antivoile, encadrement des réseaux sociaux, censure d'État contre un humoriste, attaques contre la liberté d'expression, défense de son bilan sécuritaire, Manuel Valls fait feu de tout bois. Derrière son ambition personnelle (accéder à la présidence de la République) et sa méthode (sur-occuper le terrain médiatique) se cache un projet d'envergure : achever de mettre la France aux normes économiques et sociales du mondialisme sur le plan intérieur, l'arrimer totalement au bloc atlantiste (USA-Israël) sur le plan extérieur. Projet bien peu "socialiste"... mais il est vrai que la gauche a depuis bien longtemps jeté aux oubliettes son combat pour la défense du monde du travail.

Né à Barcelone en 1962, naturalisé en 1982, à la fois Maire d'Evry et député de l'Essonne entre 2002 et 2012, Manuel Valls est rentré à 18 ans au PS où il milite dans le courant rocardien de la « deuxième gauche » libérale et antimarxiste. Également militant au syndicat UNEF-ID à cette période, il fait la connaissance d'Alain Bauer et de Stéphane Fouks avec lequels il conservera des liens d'amitié politique et personnelle (il est notamment le parrain de l'un des enfants du premier) mais aussi maçonniques (Alain Bauer et Manuel Valls étaient franc-maçons et le premier deviendra même Grand maître du Grand Orient de France au début des années 2000). Ses convictions sont déjà bien peu « socialistes ». En 1985 il quitte la Ligue des Droits de l'Homme quand elle s'oppose à l'extradition des membres de l'ETA par le gouvernement socialiste français vers l'Espagne (voir ici).

Partisan de la première heure d'une évolution droitière, «blairiste» ou «clintonienne», du PS, il se distingue par ses appels à la refondation de ce parti (et à son changement de nom) dans un rassemblement plus large incluant des hommes et des femmes comme Dominique de Villepin, François Bayrou ou Corinne Lepage. De fait, ses prises de position marquent une nette rupture par rapport à l'orthodoxie socialiste : à la fois économiquement libéral et politiquement autoritaire, il est par exemple hostile aux 35 heures qu'il souhaite « déverrouiller » ainsi qu'au projet de dépénalisation de cannabis proposé par Daniel Vaillant mais il est revanche favorable aux quotas d'immigration et à l'amendement instituant le délit d'outrage au drapeau tricolore et à l'hymne national, pour lequel il a voté en janvier 2003.

Wall Street

Les grandes banques bénéficient de subsides de 234 milliards d'euros octroyés par les Etats

Les grandes banques européennes se financent sur le dos des contribuables: ces établissements trop grands pour tomber en faillite (too big to fail) profitent de la garantie offerte par les Etats pour emprunter à des taux préférentiels, créant ainsi une distorsion de concurrence avec les banques plus petites, selon une étude commandée par le groupe des Verts au Parlement européen.

"Pile elles gagnent, face les contribuables paient", résume l'eurodéputé belge Philippe Lamberts. L'étude, réalisée en 2012, montre que les grandes banques européennes, celles dont une faillite entraînerait un effondrement de l'économie européenne, ont bénéficié de "subsides implicites" grâce à la garantie que les Etats leur octroie afin de garantir l'épargne de leurs citoyens. L'auteur de l'étude a chiffré le montant de ces subsides implicites à près de 234 milliards d'euros pour 2012. La même année, les bénéfices des plus grandes banques européennes se sont élevés à 16,5 milliards d'euros.

Or ces subsides bénéficient peu à l'économie réelle, celle des petites entreprises et des particuliers, souligne Philippe Lamberts (Ecolo). Les subsides et les liquidités dont les banques centrales inondent l'économie ont surtout permis aux banques de spéculer, en faisant par exemple gonfler des bulles immobilières. "Elles savent que de toute façon les Etats interviendront si cela se passe mal. Pile elles gagnent, face les contribuables paient."

Snakes in Suits

Rob Ford, le maire de Toronto, accusé d'avoir fait tabasser l'ex-ami de sa sœur

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Rob Ford, 44 ans, qui demeure maire en titre de Toronto, a été dépouillé de tous ses pouvoirs exécutifs par le conseil municipal. | REUTERS/MARK BLINCH
Le maire de Toronto Rob Ford a été accusé, mercredi 29 janvier, d'avoir fait passer à tabac l'ancien fiancé de sa sœur pour le dissuader de rendre public ses problèmes d'abus d'alcool et de drogue.

Dans une plainte déposée à la cour supérieure de l'Ontario, l'ex-ami de la sœur de l'édile, Scott MacIntyre, affirme que le maire était « indirectement » impliqué dans cette attaque qui a eu lieu dans une prison de Toronto, en mars 2012, a indiqué le quotidien canadien Toronto Star.

L'avocat du maire, Dennis Morris, a confirmé lors d'un point de presse mercredi à la mairie que Rob Ford faisait face à des accusations, mais n'avait pas voulu commenter plus avant, disant « ne pas avoir tous les détails ».

A l'époque, les problèmes de consommation d'alcool et de drogue du maire Ford n'étaient pas encore publics. Rob Ford a avoué en novembre, après plusieurs mois de déni, avoir fumé du crack. Il avait déjà aussi reconnu avoir fumé beaucoup de cannabis.

Star of David

Tribalisme sioniste : la liaison du fils de Nétanyahou avec une fille non juive scandalise l'extrême droite en Israël

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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a l'habitude de faire face à des critiques, que ce soit pour sa politique intérieure ou pour avoir approuvé la construction de colonies supplémentaires. Mais la plus récente ne concerne pas son programme, mais sa famille.

Les partis ultraorthodoxes sont en effet furieux que le premier ministre israélien accepte que son fils ait une relation amoureuse avec une jeune Norvégienne qui n'est pas juive. Le journal norvégien Dagen a en effet rapporté, dimanche 26 janvier, que Yair Nétanyahou, 23 ans, fréquentait une Norvégienne de 25 ans, Sandra Leikanger, qui étudie actuellement à proximité de Tel-Aviv.

Dagen croit savoir que lors d'une rencontre au récent sommet de Davos, M. Nétanyahou se serait réjoui, face à son homologue norvégien, que les deux amoureux aient récemment passé des vacances en Norvège.

Pistol

Le Congrès US vote secrètement l'envoi d'armes en Syrie

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Selon l'agence de presse britannique Reuters, le Congrès des États-Unis a voté secrètement le financement d'une aide militaire aux « rebelles syriens » jusqu'à la fin de l'année fiscale (c'est-à-dire jusqu'au 30 septembre 2014) [1].

Il ne semble pas qu'il s'agisse d'une session secrète du Congrès, mais plutôt d'une séance secrète au cours de la session normale.

L'agence précise que cette aide comprend des armes légères, ainsi que des roquettes anti-tanks, mais pas de matériel anti-aérien.

Réagissant immédiatement, la délégation de la République arabe syrienne à la Conférence de Genève 2 a soumis à signature, le 28 janvier, un communiqué reprenant plusieurs points du texte final de la conférence de Genève 1 [2], notamment la condamnation du soutien militaire étranger au terrorisme (donc du double-jeu US).

Propaganda

Fuite du rapport de l'UE : l'UE va dépenser des millions pour contrôler et cibler des médias alternatifs, des journalistes et des médias sociaux...

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Selon une déclaration publiée par le parti conservateur pan-européen MELD, la Commission européenne projette d'investir environ deux millions d'euros pour restreindre les reportages des médias critiques envers l'UE - ainsi que des opinions critiques de l'UE sur des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter jusqu'aux élections au Parlement européen en 2014.

Selon le MELD, l'UE projette des mesures, incluant des amendes pour les médias, obligeant les médias à publier des rétractations ou des corrections, et refusant les journalistes critiquant l'UE et l'accès aux médias. D'autres mesures que projettent les Commissaires de l'UE non-élus incluent le contrôle de voix critiques de l'UE dans les réseaux sociaux. Dans des annonces dans les journaux danois, le MELD déclare qu'il trouve les mesures projetées inacceptables et les considère comme une agression contre la liberté d'expression et anti-démocratiques.

Les affirmations du MELD sont corroborées par un article du Daily Telegraph. Selon l'article, le Daily Telegraph a vu des propositions de dépense confidentielles et des documents internes, projetant une vaste campagne de propagande sans précédent en amont et au cours des élections au Parlement européen en 2014.

Le Telegraph rapporte que l'une des clés de la stratégie sera « les outils de contrôle de l'opinion publique » et "identifier très tôt si les débats politiques parmi les followers sur les réseaux sociaux et les blogs ont le potentiel de susciter l'intérêt des médias et des citoyens".

Selon les propositions confidentielles de dépense, le journal britannique rapporte que le budget pour une « analyse qualitative des médias » doit être augmenté de £1.7 million. Alors que la plus grande partie des fonds doit être trouvée dans des budgets existants, il serait question de lever l'année prochaine 797,000 livres britanniques supplémentaires, et cela malgré des appels pour que les dépenses de l'UE reflètent l'austérité nationale. Selon la proposition confidentielle, rapporte leTelegraph, l'UE est censée porter une attention spéciale aux pays qui ont vécu un élan d'euro-scepticisme.

Bomb

Défense : la France a exporté pour 6,3 milliards d'euros d'armes en 2013

Après une année difficile en 2012 en matière d'exportations (4,8 milliards d'euros), les industriels de la défense tricolores ont réussi à augmenter de 31 % leurs prises de commandes en 2013. Ils ont exporté l'année dernière au moins 6,3 milliards d'euros de ventes de systèmes d'armes.

Bateau de guerre
© InconnuC'est l'Arabie Saoudite qui a été le meilleur client de la France en 2013 avec 1,8 milliard d'euros de commandes, soit plus du quart du montant des contrats engrangés (6,3 milliards d'euros)


C'est une bonne nouvelle pour les industriels de l'armement tricolores. Après une année difficile en 2012 en matière d'exportations (4,8 milliards d'euros), ils ont réussi à augmenter de 31 % leurs prises de commandes en 2013 pour atteindre au moins 6,3 milliards d'euros de systèmes d'armes. Un chiffre qui reste encore à affiner mais il serait fiable à 95 %, assure-t-on au ministère de la Défense. Avec ce chiffre, la France réalise plutôt un bon cru, proche de celui de 2011 (6,5 milliards), et reste encore bien calé à la quatrième place devant Israël, le rival le plus dangereux pour la France... mais derrière les Etats-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit annoncer ce chiffre ce jeudi à Brest lors de la cérémonie de la remise de la frégate multimissions (FREMM) Mohammed VI au Maroc.

Bad Guys

Syrie : L'attaque à l'arme chimique du 21 août 2013 ne provenait pas de Bashar el-Assad. Les menteurs doivent s'excuser

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Nous savons à présent, cela ne fait plus aucun doute, que la CIA a menti et que le bombardement d'armes chimiques sur la banlieue de Damas le 21 août 2013 a été mené par des mercenaires qui combattent Bashar al-Assad. C'est le MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui le confirme dans cette étude exhaustive publiée le 16 janvier. Plus de 1000 victimes seraient tombées, soi-disant. Ils mentaient, mais c'est leur métier. Ce n'était pas une erreur.

Pendant des semaines, tous les journaux papiers ou télévisés, par leurs titres, leurs articles, leurs commentaires, nous ont expliqué que « ce dictateur sanguinaire d'Assad » gazait et massacrait sa propre population. Les preuves ? Aucune. L'essentiel était de reprendre les propos d'Obama.

Aujourd'hui, ces personnes devraient être obligées de démentir, mais ils ne le font pas. On devrait licencier les journalistes menteurs et incompétents (ce seraient bien les seuls licenciements que nous applaudirions). Mais ils ne sont pas licenciés. Les directeurs de ces journaux et de ces télévisions devraient apparaitre en vidéo, en première page, et s'excuser pour leur « erreurs » et leurs horreurs. Mais ils font semblant de ne plus se rappeler de rien.

Pourtant, il ne s'agissait pas d'une mince affaire. Nous sommes passés à deux doigts du bombardement de Damas par les forces américaines et de l'OTAN, pour aller punir le « gazeur ». Eux se taisent, mais cela ne nous empêche pas de leur demander des comptes.

Restons très vigilants : une bande de délinquants (ou d'irresponsables) détient les rènes des principaux canaux d'information en Occident. Nous avons désormais la preuve qu'ils peuvent nous mener à la guerre.

Et nous savons aussi que cela s'est produit à plusieurs reprises. Ils sont armés. Il faut leur retirer les armes du mensonge dont ils disposent.