Traduit de l'hébreu par Tal Haran et de l'Anglais par D. Muselet pour Le Grand SoirL'humiliation est quelque chose de subjectif ; cela dépend de nos représentations personnelles. Pour moi par exemple, ce qui me semble le plus humiliant ce n'est pas qu'ils aient pissé sur lui mais qu'ils l'aient mis tout nu. Au début, le père de Mohammad avait honte de nous dire qu'ils lui avaient pissé dessus. Il ne pouvait pas prononcer ces mots là tout haut, je crois que pour lui c'était la chose la plus humiliante qu'ils aient faite à son fils.
Quel genre de personnes, je me demandais, appréhendent un enfant de 13 ans et le torturent de la sorte ? Et puis je me suis répondu : à peu près n'importe quel soldat israélien. N'importe quel soldat de l'armée israélienne se conduit ainsi avec les Palestiniens. N'importe qui, en fait, si les règles locales le permettent.
La première fois que je l'ai vu, c'était dans le hall numéro deux de la Cour militaire de "Ofer". C'est là qu'on juge les enfants : 20, 22, 23 enfants par jour. Les enfants et les adolescents arrivent par groupes de deux, trois et parfois quatre, en tenues de prisonnier marrons, leurs pieds entravés, menottés à l'enfant suivant.