Les autorités vont rouvrir discrètement la zone interdite entourant la centrale nucléaire. Les réfugiés pourront retrouver leur domicile, à leurs risques et périls.
© Thierry RibaultMadame Kowata devant son logement provisoire à Aizu Wakamatsu
Making of
Thierry Ribault est l'un des auteurs du livre Les Sanctuaires de l'abîme - Chronique du désastre de Fukushima. Il est chercheur au CNRS en poste à la Maison franco-japonaise de Tokyo, où Cécile Asanuma-Brice est chercheur associé.
Dans le cadre des enquêtes qu'ils mènent tous deux à Fukushima depuis deux ans, ils ont recueilli le témoignage d'anciens voisins de la centrale, évacués loin de chez eux. Rue89
Au lendemain de l'accident de Fukushima, le 12 mars 2011, les onze mille cinq cents habitants d'Okuma sont évacués. Comme les soixante-cinq mille habitants des huit autres communes situées à moins de vingt kilomètres de la centrale.
Accueillis en premier lieu dans des gymnases et des abris de fortune - ces réfugiés ayant été, pour nombre d'entre eux, contaminés - , ils sont ensuite relogés dans des lotissements publics de logements dits « provisoires ».
Et puis le provisoire est devenu permanent. Aujourd'hui, après leur avoir versé une indemnité forfaitaire, les autorités départementales exigent des réfugiés qu'ils remboursent les sommes versées, afin de les redistribuer sous forme d'allocations mensuelles pour une période non définie.
Et parce qu'il faut bien susciter la reprise économique de la région, les autorités ont aussi décidé de rouvrir intégralement la zone de vingt kilomètres évacuée après l'accident.