La Science de l'EspritS


Book 2

Il faut que tout change pour que rien ne change

S'il est vrai qu'une phrase lue dans un livre suffit à engager une vie, on en connait qui passent leur vie à creuser une phrase. Ils confesseront volontiers que toute leur vie n'aura pas suffi à en épuiser le sens. Encore ne s'agit-il pas là de traducteurs du Bartleby le scribe qui s'affrontent depuis 1853, pour savoir si « I would prefer not to », la formule-clé de l'anti-héros d'Herman Melville, doit se traduire par « Je préfèrerais ne pas », « je ne préfèrerais pas », « Je préfèrerais pas » ou « j'aimerais mieux pas ». Personnellement, je me garderais bien de ne trancher pas la querelle.
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De quoi s'agit-il alors ? D'une phrase échappée du Guépard (1958), le roman posthume de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, et du mémorable film qu'en tira Luchino Visconti en 1963. Le plus souvent, elle est reprise sous une forme simplifiée : « Il faut que tout change pour que rien ne change ».

Books

Maurice Bardèche et la race à prix unique

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Tous, nous savons ce que sont devenues nos rues à Paris, Londres, Berlin. On sait aussi qu'il est trop tard et que les gens s'en foutent (sauf Zemmour, le pauvre). Trotta a transmis une vidéo comparative entre les rues de New York en 1930 (époque de Céline) et 2023. On vous laisse juger.

Commentaire:

En bonus :




Cross

Rudolf Steiner, le Culte des vaccins et le déclin de la spiritualité en Europe

« Dans le passé, on a éliminé l'esprit. On éliminera l'âme au moyen d'un médicament. En partant d'une « saine vue des choses », on trouvera un vaccin grâce auquel l'organisme sera traité dès la prime jeunesse autant que possible, si possible dès la naissance même, afin que ce corps n'en vienne pas à penser qu'il existe une âme et un esprit...On confiera aux médecins matérialistes le soin de débarrasser l'humanité des âmes.
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Oui, ceux qui croient qu'on peut prévoir l'avenir à l'aide d'idées qui jouent avec la réalité, sont bien dans l'erreur... Les esprits des ténèbres souffleront à leurs hôtes, aux hommes qu'ils habiteront, de découvrir un vaccin qui puisse dès la prime jeunesse, par la voie du corps, extirper la tendance à la spiritualité... ». D'où l'effondrement spirituel-culturel-moral des occidentaux depuis lors.

Cross

Le satanisme vu par Douguine

« En fait, nous sommes déjà dans un état de guerre des civilisations, où notre ennemi — la civilisation de l'Occident — est appelé par son vrai nom. C'est une civilisation satanique, combattant Dieu, anti-Dieu, anti-humaine... Le satanisme, c'est la primauté de la matière sur l'esprit, le relativisme postmoderne, c'est-à-dire la relativité de toutes les valeurs, y compris celles de l'être humain et de l'esprit.
Et c'est la voie que l'Occident a empruntée, non pas hier, mais il y a environ 500 ans, avec le début du New Age. »
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Von der Leyen a gagné comme à la parade et Bardella a déjà rétropédalé sur les retraites et le reste. C'est fini : il faut quitter l'Europe avant les rats. Dictature Draghi et super-État européen cet été. Revoir aussi nos textes sur le satanisme culturel et leur eurovision.

Microphone

À redécouvrir : Henri Laborit - Itinéraires

« La pharmacologie, on s'en fout. On ne cherche pas des drogues, c'est parce que nous vivons dans une société de boutiquiers et de marchands, et que la seule façon qu'on ait de se faire plaisir et qu'on nous foute la paix, qu'on ait notre autonomie économique, c'est de leur foutre des pilules pour qu'ils les vendent. La finalité de l'évolution humaine n'est pas la pharmacologie, sûrement pas. »

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Henri Laborit, 1914-1995
Film sur Henri Laborit, co-réalisé par son fils Philippe (avec François Chouquet) et produit en 1996 par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) à Paris.

Books

Alain Soral présente : Conseils de lecture — mai 2024

Au menu de ce mois de mai 2024, trois livres, trois thématiques très différentes au premier abord, mais reliées en profondeur par leur haut niveau d'abstraction et de lucidité.
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Alain Soral, en bon vendeur de sa maison d'édition Kontre Kulture, fait l'article avec sa vivacité d'esprit habituelle. Que les autres auteurs ne prennent pas (trop) mal les compliments adressés à la troïka du mois, leur tour viendra.

Eagle

La bête et l'écrivain : les regards de Colette, Giraudoux et Vialatte

Pierre d'Almedia s'interroge ici sur les relations de la bête et l'écrivain chez Colette, Giraudoux et Vialatte Giraudoux et Vialatte ont tous deux rendu hommage à Colette : au début de « La Bête et l'écrivain », texte inclus en 1941 dans Littérature, Giraudoux explique que si la littérature, depuis l'Antiquité n'a présenté « sous le nom d'animaux » que « de burlesques parodies de l'homme », « Colette, qui marche pieds et âmes nus, a eu la première près d'elle de vrais chiens et de vrais chats ».
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© Maurice Tabart, 1928-29Colette et son chien Souci
En août 1954, à la mort de la Dame du Palais-Royal, Vialatte affirme, dans sa 87ᵉ chronique de La Montagne, que le style de Colette « lui a permis de faire un sort glorieux à tout ce qui se voit, se sent, se lèche, se hume, se renifle ou se tripote. [...] Elle entre de plain-pied dans le mystère animal ». Ajoutons que Vialatte admirait Giraudoux, et que Colette, pourtant souvent réservée devant ses pièces, a vivement goûté dans Électre, en 1937, « le délire énumérateur » du Mendiant, qui, dit-elle, « cueille » toute une faune - je crois que nous l'entendrons tout à l'heure divaguer sur les hérissons.

Apple Green

Les Millennials, sur le canapé, attendent que quelqu'un fasse la révolution à leur place

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Tout est de la faute du bug du millénaire. Mattia Madonia, écrivain de Catane et représentant de la génération millennial, a découvert les raisons de la crise d'une société immobile (qui se dirige en fait, et rapidement, vers le déclin) qui n'accorde pas d'espaces et de perspectives à ceux qui ne font pas partie de la génération du baby-boom.
"La génération entière, écrit Madonia dans The Vision, qui était censée conduire la fortune de la planète au cours de ces vingt-quatre années, en gros ceux qui sont nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990, a souffert de son propre "bug". Par rapport aux générations précédentes, la société a entravé ou empêché leur équilibre professionnel, relationnel, affectif, voire existentiel. Une génération fantôme, écrasée par les pressions du capitalisme et les crises qui ont marqué les deux dernières décennies. C'est le Millennial Bug, et nous en payons encore les conséquences".
Tout cela est vrai, bien sûr. Mais il faudrait que quelqu'un — son père et sa mère, par exemple, s'il a la chance de les avoir encore — lui explique que les générations précédentes ont conquis leurs droits. Et puisqu'il est écrivain, Madonia pourrait lire les livres d'autres auteurs plus anciens (la presse existait déjà) qui ont raconté 68 ou 77. Le changement n'était pas donné, mais obtenu avec des heurts, des protestations, des morts même.

Les bonnes familles italiennes du début des années 60 auraient voulu des enfants polis et bien peignés, avec costume et cravate, de bonnes études et des carrières professionnelles sûres et ordonnées. Des mariages heureux et des petits-enfants à élever dans le respect des principes. Cela ne s'est pas passé comme ça, et peut-être que cela s'est mal passé. Mais les générations qui ont occupé les places qui comptaient et excluaient l'"équilibre existentiel" ne se sont pas allongées sur le canapé en attendant des concessions qu'elles n'avaient même pas demandées. Elles n'avaient peut-être pas de smartphones ou de tablettes, mais elles vivaient avec leurs pairs et c'est avec leurs pairs qu'elles se sont rebellées. Étrange mot que celui de "rébellion". Peut-être est-ce l'un de ceux qui ne figurent plus parmi les rares que connaissent les nouveaux jeunes. Remplacée par les pleurnicheries, l'impolitesse, la résignation.

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"71 % des millennials interrogés en Italie ne croient pas en la possibilité de fonder une famille et 73 %, poursuit Madonia, considèrent qu'il est impossible d'acheter une maison dans un avenir immédiat. En outre, 79 % des millennials considèrent que la flexibilité du travail est fondamentale, avec la possibilité de travailler à distance et avec des horaires moins rigides, se déclarant même prêts à quitter leur emploi pour trouver un travail à taille humaine.

Parmi les différentes demandes formulées, la semaine de travail de quatre jours se distingue. Pour conclure l'étude, 42 % des millennials se considèrent comme très "anxieux et stressés", et comme préoccupations pour l'avenir, ils placent en tête de liste les craintes concernant leur santé mentale, le changement climatique et les dommages causés à l'environnement, le coût de la vie et le chômage.


Commentaire : C'est très significatif que des jeunes soient "inquiets" pour leur santé mentale... Que se passe-t-il ? N'est-ce pas alarmant ? Leur santé mentale... Ont-ils peur de devenir fous en vieillissant ? Peur d'avoir une maladie dégénérative, sujet de beaucoup trop de débats télévisés ? Ont-ils peur de vieillir ? Associent-ils la peur de la santé mentale à vieillir ? C'est-à dire à devenir adultes à part entière ?


C'est bien, c'est mal. Tous sont conscients des problèmes. Et même de leurs propres craintes et leurs désirs. Et alors ? Est-ce que papa et maman doivent trouver des solutions ? Peut-être les grands-parents ? Pourtant, les milleninals devraient désormais être capables de s'essuyer les fesses tout seuls. Ils devraient pouvoir s'habiller seuls. Et s'ils veulent quelque chose, ils devraient avoir le courage et la capacité de le prendre. Notamment parce que les baby-boomers sont vieux et impuissants. Mais le risque pour les millennials est que, pendant qu'ils se complaisent dans la douleur de l'injustice qu'ils ont subie, la génération Z vienne remplacer les personnes âgées. D'autre part, la résistance des boomers dans les lieux de pouvoir se heurte à l'âge et à la fin de vie...

Books

Stefan Zweig et l'autodissolution du monde moderne dans l'américanisation

On dit Hollywood en liquidation à cause du LGBTQ, on dit l'Empire US en voie de disparition, on dit Trump en voie de réélection, on dit le dollar en voie de disparition, on dit tant de choses...
rffff
Stefan Sweig, 1881-1942
La réalité, c'est que le triomphe US sur les esprits (la démocratie s'attaque aux esprits, pas aux corps, combien de fois me faudra-t-il te répéter, Tocqueville ?) est total et universel. 1,5 milliard de dollars pour le lamentable navet LGBTQ Barbie, un milliard ou plus pour le triquard Top Gun. La surpuissance de la machine américaine sur le monde est totale — et immatérielle. Oublions les productions Marvel — qui sont d'ailleurs israéliennes.

Book

Des poètes qui ont fait la guerre à la guerre

Étrangement, l'expression « poètes de guerre » a pu évoquer au cours de l'histoire des poètes, engagés dans des unités de combat ou non, dont l'œuvre a été en partie consacrée à la guerre à laquelle ils prirent part, et ce, depuis l'Antiquité jusqu'à la guerre américaine du Vietnam en passant par la guerre de Sécession (Walt Whitman), la guerre de Crimée (ah, la Charge de la brigade légère de Tennyson...), la guerre des Boers (Rudyard Kipling, Thomas Hardy, Swinburne) la guerre civile espagnole (Garcia Lorca, Antonio Machado) et d'autres encore en Perse, en Albanie, en Irlande, en Russie, en Grèce (qui ne se souvient des vers de Lord Byron héroïque parmi les révolutionnaires luttant pour leur indépendance (1821-1830) ?).
jiku
Cimetière de Verdun
Mais en France, malgré Apollinaire, Péguy, Cendrars, il n'y a guère de traces d'une fratrie de poètes sous les drapeaux qui ait durablement marqué les esprits ou même l'histoire littéraire en tant que groupe