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ven., 09 déc. 2016
Le Monde pour les Gens qui Pensent

Dominoes

Que se passera-t-il après la chute de Mossoul lorsque Daech fuira vers la Syrie ?

Toute l'armée du califat de Daech pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés - un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington.
© Inconnu
L'armée syrienne, le Hezbollah et ses alliés iraniens se préparent à une invasion massive par des milliers de combattants de Daech qui seront chassés de l'Irak lorsque Mossoul tombera. L'objectif réel derrière la "libération" de la ville irakienne planifiée par les Etats-Unis et tant claironné serait, selon l'armée syrienne, d'inonder la Syrie avec les hordes de combattants de Daech fuyant leur capitale irakienne pour leur « mini-capitale » de Raqqa à l'intérieur même de la Syrie.

Depuis des semaines, les médias occidentaux, et les experts américains qu'ils aiment citer, prédisent un combat jusqu'à la mort de Daech à l'intérieur de Mossoul digne du siège de Stalingrad - ou une victoire rapide sur Daech suivie par des combats sectaires entre Irakiens pour le contrôle de la ville. L'ONU met en garde contre les colonnes massives de réfugiés qui se déverseront de la ville assiégée. Mais les Syriens - après avoir été témoins de l'effondrement soudain et l'évacuation de Palmyre lorsque leur propre armée a repris l'ancienne ville syrienne plus tôt cette année - pensent que Daech va simplement abandonner Mossoul et essayer d'atteindre les zones de la Syrie qu'elle contrôle encore.

Light Sabers

Guerre des mondes : les masques ont été arrachés en Syrie

Au cours des dernières semaines, la bataille pour Alep a mis clairement en évidence le véritable cœur de la politique mondiale contemporaine. La duplicité de l'attaque du 17 septembre contre les positions de l'armée arabe syrienne près de Deir ez-Zor de l'US Air Force, les hurlements hystériques contre la Russie provenant du Pentagone , les menaces non déguisées du Département d' Etat américain contre le contingent russe en Syrie, le soutien candide des médias occidentaux au sujet de livraisons d'armes à des militants d'Al-Nusra, et le drame fantasmagorique qui a eu lieu au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies le 8 octobre, tout cela pointe sur une seule chose : il n'y a pas de coalitions internationales contre Daesh- il n'y a que l'armée russe et ses alliés qui prennent position contre le terrorisme international utilisé comme un outil par les Etats-Unis et l' OTAN.

Les contours du plus grand conflit international d'aujourd'hui sont clairs. Encore que, ce n'est pas tout le monde qui en comprend le fond noyau et les causes.

Le bons sens conventionnel qui voudrait que l'hégémon mondial en décrépitude a été incapable d'exporter la «démocratie» dans une nation stable et se trouve maintenant dans une impasse, n'explique en fait pas grand-chose. Mais pourquoi le point de cristallisation se fait-il autour de la Syrie, qui ne représente pourtant pas le pays le plus important dans le monde ? Pourquoi n'est-ce pas par exemple l'Egypte qui est attaquée, pays où les «combattants pour la démocratie» des Frères musulmans ont été incapables de consolider leur victoire et ont même dû céder le pouvoir à un gouvernement puissant loin d'être pro-américain ?

Pourquoi la Russie est-elle désignée comme le pays agresseur ? Après tout, il n'y a pas si longtemps, la Russie était au bord de l'effondrement et n'est en aucun cas un concurrent important pour l'économie de l'Occident. Et pourquoi les Etats-Unis poussent-ils si fort à faire monter les enchères pour amener la planète au bord d'une troisième guerre mondiale?

Et oui, bien sûr, de nombreux experts sur le Moyen-Orient peuvent débiter toute une liste de réponses possibles à tous ces «pourquoi». Mais après une analyse minutieuse, il devient clair que ce ne sont que leurs notes de bas de page qui en fait fourniront la principale raison.

Megaphone

Une journaliste britannique explique la situation réelle à Alep


Vanessa Beeley
Le fait que Vanessa Beeley reprenne le mot "terroriste" pour qualifier les rebelles qui sévissent à Alep-Est vous semble peut-être surfait et propagandiste... Pourtant elle est bien allée sur le terrain et explique en détails pourquoi elle les appelle ainsi.

Black Cat 2

Le Pentagone à la conquête d'Hollywood : des blockbusters... aux émissions de cuisine


Commentaire : Quitte à regarder les productions hollywoodiennes pour se distraire, autant savoir de quoi il en retourne. Le cinéma et la télé sont hélas devenus -ou peut-être l'ont-ils toujours été- des outils de propagande servant à justifier, promouvoir et banaliser les comportements pathologiques de violence et de domination qui prévalent un peu partout sur la planète. Et en l'occurrence dans les esprits dérangés des personnes qui travaillent, par exemple, au Pentagone. C'est que la conquête de monde, la guerre, l'injustice, la destruction et les massacres se doivent d'avoir une vitrine belle à regarder. Pour obtenir l'assentiment des populations qui permet de pouvoir continuer à semer le chaos de par le monde, la bataille se joue donc dans les médias d'information, en trafiquant, détournant ou inventant les nouvelles, les évènements ; dans les médias de distraction, en jouant la carte de l'émotion, où la violence sous toutes ses formes se fait lyrique, romantique, s'auto-justifie, devient justice. Rien de bien nouveau pourrait-on se dire. Pourtant, l'ampleur du phénomène, et il n'est question ici que de l'influence du département de la défense étasunien dans le cinéma, ne nous montre-t-il pas que cela fonctionne ? Il semblerait que connaitre les mécanismes de la propagande ne nous protège pas automatiquement, ou définitivement, de ses effets. Celle-ci, en mobilisant à la fois nos "centres" intellectuels et émotionnels a le pouvoir, qui sait, d'implanter dans nos esprits des idées ou des attitudes qu'on jurerait être les nôtres, de celles qu'on ne songerait plus à remettre en question. Edward Bernays, Propaganda :
« La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l'objectif d'influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe »
Comme une poupée russe dont on ne pourrait estimer le volume ou la grandeur, le phénomène de la manipulation promet sans doute toutes les (mauvaises) surprises, alors même que l'on s'en croirait immunisé.

© Inconnu
Le Corps des Marines m'a récemment envoyé 1669 pages de rapports sur les bureaux de liaison entre le département de la défense américain et l'industrie du divertissement couvrant sept années de leurs activités dans l'industrie du divertissement, couronnant ainsi une année record au regard des documents obtenus grâce au FOIA [ndt : Freedom Of Information Act, loi sur la liberté de l'information]. Ces nouveaux documents révèlent un grand nombre de films majeurs qui n'apparaissaient pas dans les documents obtenus auparavant, ainsi que des éléments montrant que le Corps des Marines travaille sur une échelle comparable à celle de l' U.S. Army, c'est à dire qu'ils sont à tout moment impliqués sur des dizaines de productions. Contrairement à ceux de l'Army et de l'Air Force, les documents du Corps des Marines incluent la liste des productions auxquelles une assistance a été refusée, ce qui permet d'approfondir de manière significative notre connaissance des opérations de propagande menées par le Pentagone dans l'industrie du divertissement.

Magnify

Le Système, la frontière, le porno ou la dissolution de notre monde


Commentaire : La désintégration de notre monde s'opère à une telle vitesse et avec une telle efficacité qu'on la croirait presque utile à un plus grand dessein ; aussi triste, en colère, ou résigné qu'on peut l'être. Une contrainte exercée sur nos consciences nous obligeant à revoir nos fondamentaux, en quelque sorte. Pour savoir différencier le blanc du noir, la création de la destruction, l'amour de la haine, le bien du mal. Et se positionner en connaissance de cause, qui sait, tant il est vrai que notre réalité, dans sa manifestation actuelle, semble être le reflet d'un déséquilibre qu'on jugerait de nature quasi-cosmique.

Fort heureusement, cela peut donc faire ressortir le meilleur de nous-mêmes :

Dans cette grande entreprise d'abolition de l'Homme qui définit notre contre-civilisation, la frontière est l'ennemi. Pas seulement la frontière qui dessine les contours de la Nation, mais la frontière au sens large, qui différencie le beau du laid, le bon du mauvais, le bien du mal. La frontière aussi quand elle se fait membrane autour des cellules, où se niche le plus intime de la Vie. La frontière encore entre la chair et la technologie, entre l'homme et la machine. Toutes ces frontières subissent les assauts haineux du Système néolibéral dans sa volonté de tout niveler, de tout soumettre. Mais c'est probablement la frontière entre les genres, en tant qu'ultime verrou à l'atomisation complète de la société, qui subit l'attaque la plus massive, la plus dévastatrice, la plus prometteuse en matière de désintégration du corps social. Libération détournée de la femme, théorie du genre, culture porno : ou comment il ne sera bientôt plus possible aux hommes et aux femmes de s'aimer, pour le plus grand profit du Marché. Petit essai.

Brain

Les exceptionnels effets du sport sur les fonctions cognitives, le bon fonctionnement et la régénération du cerveau


Comment: Le torpillage des idées reçues continue et l'on comprend toujours mieux à quel point il n'est plus possible de dissocier la santé du corps et la santé de l'esprit. Ne prend-on pas ainsi conscience que l'être humain est une créature constitué de systèmes à l'interdépendance parfaite, systèmes que la nature, dans son achèvement, a su lui donner ? Si l'on en croit la médecine moderne, grande spécialiste de la compartimentation, il est normal de décrépir avec l'âge, d'avoir du diabète, de l'ostéoporose, la vue qui baisse, etc. Mais comme nous le prouve l'article ci-dessous, et en extrapolant quelque peu, l'homme a la capacité réelle de prendre en charge son propre bien-être, dans la limite de ses connaissances objectives disponibles, bien entendu. Il ne s'agit pas de vouloir ou de se croire en bonne santé pour l'être réellement. L'infantilisation et la déresponsabilisation sont de mise dans le domaine médical, à notre époque. N'est-ce pas là l'occasion de reconquérir une partie de notre liberté en décidant de faire de notre mieux pour être en bonne santé ?

© istock
Les scientifiques ont établi un lien entre exercice physique et cerveau depuis de nombreuses années. Des preuves irréfutables montrent d'ailleurs que l'exercice physique permet de développer un cerveau qui non seulement résiste au rétrécissement, mais qui présente également des capacités cognitives accrues. Nous savons par exemple que le sport favorise un processus que l'on appelle la neurogenèse, c'est à dire la capacité de votre cerveau à s'adapter à et fabriquer de nouvelles cellules, indépendamment de votre âge.

Un article publié dans le magazine Real Simple, met en avant plusieurs effets stimulants du sport pour le cerveau, dont voici quelques uns.

Le sport vous protège du stress et de la dépression

Le sport est l'une des « armes secrètes » qui permet de surmonter la dépression, et des études ont montré que son efficacité surpasse généralement celle des antidépresseurs. La recherche a d'ailleurs montré que dans la plupart des cas, ces médicaments ne fonctionnent pas mieux qu'un placébo - et peuvent également entraîner de graves effets secondaires.
L'une des façons dont l'activité physique stimule la santé mentale est par la normalisation de la résistance à l'insuline et en favorisant le développement des hormones naturelles du bien-être ainsi que des neurotransmetteurs associés au contrôle de l'humeur, notamment les endorphines, la sérotonine, la dopamine, le glutamate, et le GABA.

Comment: Activité physique et dépression :

Des chercheurs suédois ont également mis à jour le mécanisme par lequel le sport aide à réduire le stress et la dépression. Il s'avère que des souris aux muscles bien développés présentent un taux plus élevé d'une enzyme qui aide à métaboliser la kynurénine, une substance chimique du stress. Leur découverte suggère que faire travailler vos muscles aide à débarrasser votre corps des substances chimiques qui peuvent entraîner la dépression. Selon les auteurs :
« Notre hypothèse initiale de recherche était que des muscles entraînés fabriquent une substance aux effets bienfaisants pour le cerveau. Nous avons en fait découvert l'inverse : des muscles bien entraînés produisent un enzyme qui débarrasse le corps de substances nocives. Dans ce contexte, la fonction des muscles rappelle donc celle des reins ou du foie. »

Bad Guys

Bientôt 15 ans, et la situation empire toujours


Comment: Le 11 septembre, c'est un peu l'anniversaire des psychopathes, celui qui sonne comme un rappel de leur "réussite". 15 ans après, pas de doute, au vu de la situation mondiale qui ne cesse d'empirer, on peut dire que de leur point de vue, les choses suivent plus ou moins bien leur cours. C'est qu'on se demande ce qu'ils ont maintenant en tête, les aliénés, à nous proposer une Hillary Clinton si décrépite qu'on se demande si elle verra elle-même la fin son possible mandat. Une autre guerre mondiale ? Des conflits à n'en plus finir disséminés dans le monde entier ? Une bombe nucléaire sur Washington ? Une crise économique si terrible qu'elle transformerait de facto et officiellement l'Amérique en dictature ? Tout ça en même temps ?

On pourra quand même constater, et c'est la bonne nouvelle, que la version officielle des attentats du WTC est à ce point douteuse qu'une bonne partie de la population, toutes nationalités confondues, n'y croit plus, et que d'une façon générale, les explications gouvernementales de toutes sortes provoquent, à propos de tout, comme un réflexe, la montée d'un sentiment de suspicion. La vérité finirait-elle par pouvoir triompher ?

Le 11 septembre prochain correspondra au 15e anniversaire du plus grand attentat terroriste de l'Histoire. Des fleuves d'encre ont coulé depuis à ce sujet : qui l'a fait ? Quels objectifs politiques poursuivaient ses organisateurs ?

Nous ne reprendrons pas cette discussion ici. L'auteur de ces lignes a depuis toujours soutenu que les 19 "pirates de l'air" emmenés par Ben Laden n'auraient en aucun cas pu réaliser un tel plan. Il existe une foule de preuves montrant l'implication dans cette opération de puissantes forces liées à différents services secrets, à commencer par certaines branches de la CIA et du FBI, de l'ISI pakistanaise, des services secrets saoudiens et ceux, très certainement impliqués, du Mossad israélien.

Le travail de la "Commission sur le 11/9" (aussi appelé "version officielle") ne résiste pas à une innombrable quantité d'objections... faites par des chercheurs ou des journalistes indépendants dans le monde entier. Ceux que cela intéresse peuvent se référer au site www.consensus911.org où un certain nombre de ces remarques et de ces incohérences ont été rassemblées ces dernières années par un groupe de spécialistes dont je fais également partie. La "Commission sur le 11/9 " - comme nous l'avons appris officiellement après les révélations de l'ex-sénateur démocrate Bob Graham (qui fut président de la Commission du Congrès, la première à avoir enquêté sur les attentats du 11/9) et de nombreux sénateurs et députés américains - cette Commission donc, refusa d'examiner des documents et des éléments de preuve concernant les mystérieuses manœuvres [militaires] qui précédèrent les attentats. Les 28 pages du premier rapport, récemment divulguées - après être restées au secret pendant 15 ans, nous apprennent sans aucun doute possible, documents à l'appui, que le gouvernement saoudien a aidé et financé les "boucs émissaires" [les 19 pirates de l'air - NdT] lors de leur installation aux États-Unis. Et ce seul fait (sans compter que le FBI et la CIA étaient - et tout cela est prouvé - au courant de la préparation des attentats), montre que la Commission sur le 11/9 a livré une version mensongère de toute cette affaire, afin de couvrir les vrais responsables.

Eye 1

État d'urgence : une compulsion maladive de répétition


Comment: Le Pouvoir a mis en place tout ce qu'il faut pour assurer son avenir, semble t-il. C'est à dire, concrètement : un verrouillage légal de mesures restreignant considérablement la liberté du citoyen ; la possibilité de désigner quiconque comme étant un ennemi de l'État ; des mesures de surveillance qui n'ont potentiellement plus de limites. On le voit, le politicien, sous prétexte de protéger la population, se protège surtout lui-même de la population. Bien sûr, le désir de contrôle et les stratégies d'anticipation, qui relèvent souvent de la pathologie, produisent souvent les effets inverses au but recherché, nous rendant aveugle, rigide, apeuré et créant peut-être même les points de ruptures dont on voudrait se protéger. D'une manière ou d'une autre, avec les quelques impondérables qui se mettent toujours de la partie, si le changement n'est pas initié par l'expression de la volonté unanime du peuple, et il y a peu de chance que cela soit le cas, qui sait si la tension paroxystique générée par cette folie presque incurable, celle de nos dirigeants, n'attire pas à elle la venue de « moyens de guérison » plus... radicaux et douloureux :

© Inconnu
Les prolongations de l'état d'urgence se succèdent à la suite d'une série d'attentats. Le nouvel état d'exception, justifié par un massacre précédent, est pourtant incapable de faire face aux nouvelles tueries. C'est pourtant son efficacité présupposée qui justifie chaque prolongation, installant, à chaque fois, de nouvelles mesures attentatoires aux libertés. Dans les faits, les dispositifs liberticides ne suivent pas les massacres, mais anticipent largement ceux-ci. Les premières mutations des codes pénal et de procédure pénale —permettant de soumettre les citoyens français à dispositions relevant du contre-espionnage, c'est-à-dire à des mesures qui autrefois étaient réservées aux ennemis du pays— datent du début des années 2000.

Une compulsion de répétition

La Loi d'Orientation et de Programmation de la Sécurité Intérieure (LOPSI 1) de 2002 donne déjà à la police l'accès, à distance, aux données conservées par les opérateurs et les fournisseurs d'accès Internet, et annulent le contrôle judiciaire. Vont se succéder un ensemble de législations, réactivant les mesures précédentes déjà prises et allant toujours plus loin dans la possibilité de traiter les citoyens français comme des ennemis. La LOPSI 2 de 2011, comme la loi sur le Renseignement de 2015, témoignent de ce processus qui consiste à répéter inlassablement aux Français qu'ils n'ont plus la propriété d'eux-mêmes et que les attributs de leur personne sont à la disposition de l'État. S'installe ainsi une nouvelle manière de gouverner qui signifie aux citoyens que les prérogatives du pouvoir deviennent absolues et que l'État de droit n'est plus à l'ordre du jour.

Les lois de prolongation de l'état d'urgence sont également des législations qui transforment le droit pénal. Dans les faits, elles légalisent des dispositifs d'espionnage déjà en place, lesquels sont maintenant justifiés par l'objectif affirmé d'éviter des attentats. Ces derniers ne sont pas le moteur de la mutation de la forme d'État, mais apparaissent plutôt comme sa résultante.
Elles ajoutent la peur comme moyen de rompre tout lien social et, ainsi, d'organiser l'omnipotence du pouvoir. Ce n'est plus seulement le renoncement à leurs libertés et aux attributs de la propriété de soi, comme celle des données personnelles, qui est demandée aux citoyens, mais bien l'abandon de leur propre vie, en cédant leurs Habeas Corpus, le droit de disposer de leur propre corps. Chaque nouvel attentat et son corollaire, un nouveau prolongement de l'état d'urgence, fonctionne comme une compulsion de répétition, comme « l'éternel retour » des attentats précédents et du rappel des signifiants associés, islamisme, jihad, guerre des civilisations. Comme rien dans les attentats précédents n'a été collectivement confronté, quelque chose se répète, à travers chaque nouvelle tuerie. Ce qui a été forclos du langage et de la raison réapparaît dans le réel comme élément d'une compulsion de répétition. La violence et le signifié associé de la guerre des civilisations, ne doivent pas être oubliés. Ce qui anéantit le lien social, ne doit pas être refoulé, mais répété infiniment, afin de coloniser notre vie.

Propaganda

Réalité oubliée et dégénérescence des médias


Commentaire: Le travail de désinformation et de propagande orchestré par les médias sert des objectifs immédiats : il faut bien justifier les profits générés par l'exploitation des énergies fossiles que l'on va piquer au voisin. Il faut justifier, encore, les profits juteux générés par la guerre, évidemment bonne pour la nation et l'industrie. Il faut justifier, encore et toujours, les ambitions impérialistes des positions géostratégiques conquises. Il faut justifier, enfin, les lois toujours plus liberticides qui camisolent le citoyen, ne lui laissant, "pour son bien et sa sécurité", qu'un ersatz de liberté.

Mais le battage médiatique n'est-il pas surtout la conséquence et la manifestation des esprits authentiquement dérangés de notre époque ? Des esprits qui pensent que les mensonges dont ils ont fini par se convaincre eux-mêmes peuvent transformer la réalité, de façon magique ? Une "réalité', pourtant mensongère, qui doit être acceptée par la population, afin d'établir un consensus : "la réalité n'est pas objective, elle est ce que nous voulons qu'elle soit, quand nous le disons". Autant dire tout de suite qu'à plus ou moins long terme, la folie, la destruction et l'annihilation s'invitent à la fête, qu'on le veuille ou non. Pour rappel :
Dans cette étude, les auteurs ont exploré la fonction du cortex cingulaire antérieur (CCA) mentionné ci-haut dans l'article sur le mensonge, et ont découvert que les patients schizophrènes présentent une activation du cortex cingulaire antérieur extrêmement plus faible lorsqu'ils mentent. C'est-à-dire que mentir sans provoquer l'activation du CCA signifie que l'on a sombré dans la folie.

Un article de Wikipedia sur le sujet apporte des indices intéressants quant à la possibilité que le mensonge et la croyance en des mensonges endommage le cerveau. (...)

Les indices semblent tous pointer vers l'idée que mentir, s'accrocher à un mensonge, même s'il ne s'agit que d'un mensonge à soi-même, et croire à des mensonges, endommage cette zone du cerveau. Il est dit que toute lésion du tissu cérébral provoque un certain relâchement du raisonnement pertinent et que, en conséquence, cela peut affecter la personnalité. Lobaczewski fait remarquer que les personnes qui n'aiment pas penser, se focaliser, ou parler de sujets dérangeants lorsque ces éléments dérangeants les environnent, doivent recourir à des sortes d'œillères les rendant inaptes à voir à la vérité. (...) En tous les cas, ce processus revient à éliminer consciemment ou inconsciemment des informations de son champ de vision. Cela peut devenir une habitude. Mais il y a un prix à payer. Tout processus de pensée fondé sur des informations incomplètes et où, à un certain niveau, le Moi sait qu'elles ont été ignorées ou éliminées afin - par désir ou besoin - d'arriver à une conclusion plus plaisante, plus acceptable socialement parlant, relève du raisonnement psychopathique. Et que se passe-t-il lorsqu'on prend l'habitude de raisonner comme un psychopathe, même si l'on en est pas un soi-même, génétiquement parlant ? Cela conduit le cerveau à la psychopathologie ; et une fois que ce seuil a été franchi, il est très dur de faire demi-tour.
Imaginons les dégâts que cela peut provoquer quand une population entière adopte ce type de comportement.


Au cours des dernières décennies, les grands médias des États-Unis ont trahi le peuple américain d'une manière historique en diffusant de fausses informations ou des narratives trompeuses sur pratiquement tous les sujets internationaux importants, et continuent à ce jour à mener le pays dans des conflits destructeurs et inutiles.

Pour moi, un tournant majeur fut atteint lorsque les principaux organes d'information ont refusé de se pencher sur les tenants et aboutissants du scandale Iran-Contra, y compris sur ses origines dans les contacts illicites entre les Républicains et les Iraniens au cours de la campagne de 1980 et la collaboration de l'administration Reagan avec des trafiquants de drogue pour soutenir la guerre des Contras au Nicaragua. (Au lieu de cela, les grands médias ont dénigré les reportages sur ces véritables scandales.)

Si ces histoires peu recommandables avaient été pleinement expliquées au peuple américain, leur opinion sur Ronald Reagan et George H.W. Bush serait beaucoup moins favorable et la montée des sous-fifres néocons de Reagan aurait pu être stoppée. Au contraire, les néo-conservateurs ont consolidé leur domination sur la politique étrangère officielle de Washington et le fils inepte de Bush fut autorisé à s'emparer de la Maison Blanche en 2001.

Ensuite, on aurait pu penser que l'invasion désastreuse de l'Irak en 2003 - justifiée par une cohorte de mensonges - aurait finalement condamné les néocons, mais, à l'époque ils avaient déjà profondément pénétré les médias nationaux et les grands groupes de réflexion, et leur influence s'étendait au-delà du Parti républicain jusque dans les profondeurs du Parti démocratique.

Caesar

Réflexions sur la croisade idéologique de Poutine

J'interroge Mathieu Slama a propos de son livre"La Guerre des Mondes" Editions de Fallois

La guerre des mondes - 3 questions à Mathieu Slama

Mathieu Slama intervient de façon régulière dans les médias sur les questions de politique internationale. Il a publié plusieurs articles sur la stratégie de Poutine vis-à-vis de l'Europe et de l'Occident. Il répond à mes questions à l'occasion de son dernier ouvrage : « La guerre des mondes : réflexions sur la croisade idéologique de Poutine contre l'Occident », paru aux Éditions de Fallois.

1.Vous évoquez une incompréhension entre l'Europe et la Russie sur le terrain des valeurs et de la religion qui expliquerait en partie nos différends géopolitiques. Pouvez-vous développer ?

Mon intuition est la suivante : ce qui se joue entre la Russie de Poutine et les pays occidentaux est beaucoup plus fondamental qu'un simple conflit d'intérêts autour des questions syrienne et ukrainienne. Selon moi, il y a en arrière-plan de ce conflit une opposition entre deux grandes visions du monde concurrentes.

La vision occidentale, pour résumer, est libérale au sens où elle définit avant tout la communauté politique comme une organisation permettant de garantir les libertés individuelles. La patrie, la communauté, les traditions particulières sont dans cette vision des vestiges appartenant au passé. La vision de Poutine est traditionaliste : la communauté politique est pour lui le produit d'une histoire et d'une culture particulières qui priment sur les libertés individuelles. Il y a là, donc, deux langages très différents qui se font face.