OF THE
TIMES
Bien sûr [j'ai lu] le Coran, cela n'a rien d'extraordinaire, j'ai aussi lu la Bible ! Mais je me suis surtout lancé dans toute la littérature radicale pour savoir ce que les gens qu'on avait en face de nous lisaient. Et c'est très riche d'enseignements. Ça permet de voir les méthodes de recrutement, les profils psychologiques, les arguments avancés par ceux qui prônent le djihad international et dans lesquels, d'ailleurs, il y a du vrai. Car il ne faut pas penser que l'Occident est tout blanc et qu'on n'a pas une part de responsabilité dans ce qui s'est passé en Afghanistan, en Bosnie ou en Irak. Cela m'a donc permis aussi de prendre de la hauteur sur le sujet. (Le Monde)Pour preuve, il déclarait le 30 septembre dans Paris Match, soit un mois et demi avant les attentats de novembre 2015 à Paris que les terroristes essayaient de faire un « 11 septembre à la française », que la France était « l'ennemie n°1 de l'État Islamique ». Le problème est que ce juge... avait été démis de ses fonctions. En effet, une loi datant de 1998 votée sous la présidence Guigou, limite à dix ans la possibilité pour un magistrat spécialisé de rester à la même fonction. Marc Trévidic avait été nommé en mai 2006 juge d'instruction au pôle antiterroriste au tribunal de grande instance de Paris, en remplacement de Jean-François Ricard.
De fait, la règle concerne tous les magistrats, mis à part quelques exceptions notables. Laurence Le Vert a été nommée juge anti-terroriste en 1986, donc avant l'instauration de cette règle. Renaud Van Ruymbeke est juge d'instruction au pôle financier depuis 2000 mais a été nommé en 2013 premier vice-président et a pu demeurer chargé de l'instruction. (L'OBS)
Il est important que vous dormiez, à ce que je vois.
« Au lieu de remplir ses obligations comme une puissance dirigeante responsable, un Washington égocentrique a abusé de son statut de superpuissance et a même introduit davantage de chaos dans le monde en transférant ses risques financiers à l'étranger, provoquant des tensions régionales dans des conflits territoriaux, et menant des guerres injustifiées couvertes par des mensonges. »
« il n'est pas sérieusement contesté qu'à un moment ou un autre l'État français a facilité les actions d'al-Nosra qui, je vous le rappelle, est une filiale d'al-Qaïda [en Syrie]. J'ai eu l'occasion de montrer à l'Assemblée Nationale des photos de combattants d'al-Nosra en possession de fusils d'assaut français. Il n'y avait bien évidemment aucune volonté du gouvernement français de voir mis en évidence une telle collaboration avec un groupe terroriste. Ainsi fut rejetée toute idée d'enquête parlementaire. »Je me suis donc intéressé aux propositions d'enquêtes parlementaires recensées sur le site de l'Assemblée Nationale. La seule demande que j'ai pu trouver est celle du député Jacques Bompard (LS), qui avait proposé une commission d'enquête sur « le soutien de la France à la rébellion syrienne » à la suite des attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et de Montrouge en janvier 2015. L'assistant parlementaire du député Bompard m'a expliqué que cette enquête avait été refusée à deux occasions par la majorité. Déclarant ne pas avoir été surpris par ces refus, il a souligné que cette question dépasse les clivages partisans, et qu'une telle démarche aurait dû être soutenue par les députés de chaque parti politique. Il m'a également rappelé qu'une commission d'enquête parlementaire, si elle est approuvée, dispose de moyens d'investigation supérieurs à ceux de la Justice, dont la levée du secret-défense. Il semble donc que, lorsque les politiques profondes de l'Exécutif français sont mises en cause, la raison d'État l'emporte sur la nécessaire transparence démocratique de nos institutions.
Commentaire: Le juge Trévidic est connue pour avoir instruit ces dossiers :
- Attentat de la rue des Rosiers
- Attentat de la rue Copernic
- Attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana
- Attentat du 8 mai 2002 à Karachi
- Assassinat des moines de Tibhirine
- Filière d'Artigat (2007)
En 2012, le magazine Marianne publiait déjà un article dénonçant les pressions dont le juge était l'objet.