Le candidat à la direction du Parti travailliste cristallise peurs et méfiance. Le dernier à avoir lancé une salve est l'ancien Premier ministre Tony Blair qui n'hésite pas à qualifier la ligne politique de Jeremy Corbyn de «fantasme».«La politique de Jeremy Corbyn n'est qu'illusion, tout comme dans Alice au pays des merveilles». C'est la thèse défendue par Tony Blair dans une tribune publiée par
The Guardian. C'est la deuxième fois que l'ancien Premier ministre prend la plume pour avertir contre la possible accession du candidat Corbyn à la tête du Labor. Déjà mi-août, dans le même journal, il estimait que Jeremy Corbyn n'offrait rien de nouveau et que son élection faisait peser «un danger moral mortel» sur le parti. Rien que ça.
Le Pen, Trump, le parti indépendantiste écossais, Syriza et Corbyn... même combat ?Dans cette nouvelle diatribe, Tony Blair développe d'autres arguments pour empêcher l'élection de celui que tous les sondages donnent favori à 54% pour l'élection du 10 septembre.
Selon lui, Jeremy Corbyn ne serait ni plus ni moins que la version britannique du candidat-antisystème tel qu'on le retrouve ailleurs. Bref à chacun son Syriza-Varoufakis, son Donald Trump, son Le Pen et son SNP. En effet, cet élu du quartier londonien d'Islington, l'un des plus déshérités d'Angleterre, et qui parle socialisme, nationalisation, politique anti-austérité, fait frémir l'establishment travailliste passé par la cure blairiste du réalisme économique.
Commentaire: Commentaires de De Defensa, à propos de cette crise :
Le 25 août 2015, dans la version française d'un article du 24 août 2015, WSWS.org nous montre non seulement la filiation entre les deux crises, celle de l'automne 2008 et celle qui s'amorce pour l'automne 2015, - cycle des sept années respecté [septembre 2001, septembre 2008, quasi-septembre 2015], - mais finalement la simple évidence qu'il s'agit de la même crise qui n'a jamais cessé, certainement depuis 2008, et psychologiquement (voir plus loin), certainement depuis 2001... Le titre de WSWS.org nous annonce que « [l]a combine de Ponzi à l'échelle mondiale menace d'imploser » ...
« Les investissements à grande échelle des fonds communs de placement dans des obligations à haut risque mettent en évidence les fondations pourries non seulement de la soi-disant reprise économique, mais encore du système capitaliste mondial même. Ils montrent que la réponse de la classe capitaliste à l'effondrement économique de 2008-2009 a été une continuation et une escalade du parasitisme et de la spéculation déjà à l'origine du krach.
Ceci illustre le modus operandi du capitalisme mondial dans sa sénilité et sa décadence. Ce qui était considéré historiquement comme le processus normal - investir le capital pour construire des usines et des mines et mener la recherche et le développement, embaucher des travailleurs et générer des profits à partir de la plus-value extraite en les exploitant - est devenu presque accessoire à une ruée fébrile et incessante vers des rendements toujours plus élevés venant de diverses formes de manipulation financière et de la fraude pure et simple.
Dans les vieux centres impérialistes, en particulier aux États-Unis, l'infrastructure industrielle a été largement démantelée, décimant les emplois et le niveau de vie de la classe ouvrière, dans le but d'obtenir des profits plus élevés issus de bulles financières. Après le krach de 2008, la classe dirigeante américaine a été la première à utiliser l'approvisionnement illimité de crédit quasi gratuit fourni par les banques centrales pour gonfler le prix des titres boursiers jusqu'à des niveaux records et générer une bulle financière sur les marchés émergents, tout en détruisant emplois, salaires et conditions de vie des travailleurs par des politiques d'austérité et de chômage de masse.
La "reprise" économique qui en a résulté avait le caractère d'une combine géante de Ponzi, reposant sur une économie réelle stagnante et une inégalité sociale croissante. Ce château de cartes financier est miné par des tendances déflationnistes croissantes dans l'économie mondiale dont l'expression la plus radicale est l'effondrement du prix des matières premières et le ralentissement en Chine, mais aussi une croissance anémique ou la récession pure et simple, au Japon, en Europe et aux États-Unis...»