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sam., 30 juil. 2016
Le Monde pour les Gens qui Pensent

Les Maîtres du Monde
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Bad Guys

Distortion et inversion de la réalité : les États-Unis et la Russie « agressive »


Comment: Que les médias relaient en toute conscience un mensonge, ou qu'ils y croient dur comme fer, le résultat reste le même : impacter durablement les croyances et les opinions, par l'effet « magique » de la répétition. Le moment venu, il devient plus facile de présenter à l'opinion publique ce qu'elle rechignerait à accepter en temps normal : la propagande et la désinformation ont effectivement fait leur travail. A propos de cette dernière, dans son livre Les nouveaux désinformateurs Guillaume Weill-Raynal dit :
Le suprême raffinement en matière de désinformation consisterait ainsi à obtenir de l'opinion publique qu'elle acquiesce par avance à cette inversion [du thème du débat], qu'elle se mette d'elle-même à « penser à l'envers », volontairement, sans jamais prendre conscience de la manipulation dont elle est l'objet ni douter un seul instant avoir perdu son libre arbitre précisément parce que que ce que le discours qu'on lui a tenu correspondait à ce qu'elle avait « envie d'entendre ».
Pour ce qui est de la population, le rouleau compresseur médiatique est passé maitre dans l'art de fabriquer les envies, toutes artificielles. De celles qui aplanissent les « dissonances cognitives » quelques peu inconfortables issues de sa confrontation avec une réalité objective. Quand aux instigateurs des plus grandes impostures de notre temps, on pourra donc finir avec Bossuet :
"Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. "

© Wolfgang Rattay/Reuters
Dans le dernier épisode du feuilleton destiné à faire trembler les Occidentaux rien qu'à la mention du nom de « Vladimir Poutine », un article de Newsweek déclarait sur sa première et apocalyptique page « Comment et pourquoi la Russie est en marche vers la guerre ».

La Russie a été accusée - par la cour sans jury de l'OTAN - de mener les mêmes opérations que n'importe quelle autre nation qui espère garder sa souveraineté : dépenser de l'argent pour moderniser son armée.

L'auteur de l'article, Andrew Monaghan, qualifie nerveusement les fonds que le Kremlin a mis de côté pour ses dépenses militaires de « chiffres impressionnants ».
En 2010, la Russie « a dédié 610 milliards de dollars à un procédé de transformation qui doit durer 10 ans...pour assurer la modernisation d'au moins 70% de son équipement militaire, y compris l'achat de milliers de pièces high-tech et d'équipement lourd tels que des chars, de l'artillerie, des avions et des navires », hurle Monaghan, comme si la Russie venait d'inventer le concept d'armée nationale.
Cependant l'auteur ne mentionne pas que le Pentagone dépense à peu près la même somme chaque mois pour nourrir l'appétit vorace de son empire militaire. Et depuis que les conflagrations mondiales ont éclaté suite aux interventions des forces de l'OTAN à l'étranger, de nombreux pays ne perçoivent pas ce monstre que sont les États-Unis comme une chose lointaine et positive. Ils le voient bien sûr comme une menace directe à leur survie nationale.
La Russie, qui se retrouve en ligne de front avec cette invasion, n'a pas perdu de temps pour moderniser son armée après avoir compris que la promesse de Washington de coopérer avec Moscou dans la lutte contre le terrorisme - pour ne pas mentionner le système de défense anti-missiles construit pas les États-Unis en Europe de l'Est - était une arnaque élaborée, destinée à mener la Russie en bateau en lui faisant croire à une sécurité bilatérale avec la superpuissance mondiale.
« Les politiques anti-russes [de Washington] ont convaincu les dirigeants russes que faire des concessions ou négocier avec l'Occident était inutile. Il est devenu évident que l'Occident soutiendra toujours tout individu, mouvement ou gouvernement anti-russe, que ce soit des oligarques qui trichent, des criminels de guerre ukrainiens notoirement coupables, des terroristes wahhabites soutenus par l'Arabie saoudite en Tchétchénie ou des punks profanant des cathédrales moscovites » ont écrit les docteurs Evgenia Gurevich, Victor Katsap, Dmitri Orlov et Andreï Raevski.

Bad Guys

Prétexte et propagande de guerre : l'OTAN a maintenant de « bonnes » raisons d'attaquer la Russie


Comment: Même les plus puissants ont besoin d'une certaine légitimité pour agir comme il l'entendent. Une bonne loi remaniée en interne par les quelques cintrés de service, et hop, nous voilà avec un beau prétexte pour déclencher, bah, un petit conflit avec la Russie. Qui dégénérera, accessoirement, en 3eme guerre mondiale. Mais bon, ça ne semble pas bien grave pour la clique des psychopathes au pouvoir, du moment qu'ils restent aux commandes... d'un monde dévasté.

© AP Photo/Virginia Mayo
Jens Stoltenberg
Mardi 14 juin, l'OTAN a annoncé que si un pays membre de l'OTAN est victime d'une cyber-attaque en provenance d'un pays non-OTAN comme la Russie ou la Chine, alors l'article V de l'OTAN, dit de « défense collective », dispose que chaque pays membre de l'OTAN doit se joindre au pays attaqué s'il décide de riposter.

La décision préliminaire pour cela a été prise il y a deux ans, après que la Crimée a abandonné l'Ukraine et rejoint la Russie, dont elle avait fait partie jusqu'à son transfert d'office à l'Ukraine par le dictateur soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954. Cette décision avait été prise par l'OTAN en prévision de l'adhésion future de l'Ukraine à celle-ci, ce qui n'a toujours pas eu lieu. Cependant, ce n'est que maintenant que l'OTAN déclare la cyber-guerre comme assimilable à une véritable guerre et donc concernée par la disposition de « défense collective » du traité de l'OTAN.

Eye 1

État d'urgence : petit rappel urgent


Comment: Histoire de ne pas oublier que ce qui semble être devenu normal ne l'est en fait absolument pas, voici un petit résumé de la situation, ici, en France, pays des droits de l'homme et des libertés d'expression... théoriques. Où l'on apprend que, légalement, le gouvernement peut tout interdire ; il peut débarquer chez nous n'importe quand et n'importe comment, s'il flaire du potentiel "terroriste" ; il peut nous empêcher de nous déplacer ; il peut nous empêcher de voir qui l'on a envie de voir pour parler de ce dont on a envie de parler ; il peut même nous punir sévèrement pour délit d'intention, de mauvaises pensées. Ainsi agit la classe politique, devenue "terrorisée" par les citoyens de son propre pays.


© Inconnu
Le 20 mai 2016, l'état d'urgence était prolongé de deux mois supplémentaires pour assurer la sécurité de l'Euro 2016. Si l'état d'urgence est légitime lorsque les mesures d'exception qui en découlent sont en lien avec le motif précis pour lequel il a été décrété, toute application hors de ce cadre est condamnable au nom des libertés fondamentales.

En donnant plus de pouvoirs aux juridictions administratives, au détriment du principe de séparation des pouvoirs, l'état d'urgence accorde toute-puissance au pouvoir exécutif. Depuis la loi du 20 novembre 2015, le gouvernement peut, dans un certain nombre de cas, mettre en suspens la liberté de circulation, de manifestation, d'expression, d'association.

Une porte ouverte à de nombreuses dérives si l'on fait l'effort de se rappeler que le pouvoir, aussi démocratique soit-il, ne s'auto-limite jamais. Et le risque de voir ces mesures d'exceptions s'avérer contre-productives, en privilégiant le court-terme et en abandonnant, sous la menace, des principes qui sont nos valeurs.

Bad Guys

L'idiocratie en plein essor : accord politique des 28 pour prolonger de six mois les sanctions contre la Russie

Les ambassadeurs des 28 pays membres de l'Union européenne ont approuvé ce 21 juin la prolongation, pour six mois, des lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie à l'été 2014 pour son implication présumée dans le conflit ukrainien. L'information est révélée par l'AFP qui cite plusieurs sources européennes anonymes. La décision formelle doit encore être prise pour proroger jusqu'au 31 janvier 2017 ces sanctions qui arrivent à échéance fin juillet.

© Google
L'UE force la marche vers le vide
Elles touchent notamment des banques et des entreprises pétrolières et de défense russes, et ont lourdement pénalisé l'économie de la Russie, qui a en retour décrété un embargo sur les importations agro-alimentaires de l'UE.

Commentaire: Lire aussi :


Bomb

Syrie : l'attaque surprise russe met fin aux manœuvres de retardement de Kerry

Traduction : Dominique Muselet


Samedi, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou se trouvait en Syrie, où il a rencontré le président Bachar al Assad.
Les Etats-Unis ne veulent pas mettre fin à la guerre contre la Syrie ni régler l'affaire à la table de négociation. Ils veulent voir leurs exigences satisfaites à 100%, à savoir la chute du gouvernement syrien, la dissolution de l'Etat syrien et la mise en place d'une administration américaine par procuration, en Syrie.

Lorsque le cessez-le-feu a été instauré en Syrie, fin février, Obama n'a pas respecté son engagement de séparer les « rebelles modérés », soutenus par les États-Unis, d'al-Qaïda. En avril, les rebelles soutenus par les Américains, les talibans comme Ahrar al Sham, et Al-Qaïda se sont réunis pour attaquer le gouvernement syrien au sud d'Alep. Les forces par procuration des Etats-Unis ont violé le cessez-le-feu.

Deux résolutions de l'ONU stipulent qu'al-Qaïda en Syrie doit être combattu quoiqu'il en coûte. Mais les États-Unis ont, au moins par deux fois, demandé à la Russie de ne pas bombarder Al-Qaïda. Ils prétendent à tort qu'il ne leur est pas possible de séparer leurs « modérés » d'al-Qaïda et qu'une attaque contre al-Qaïda toucherait également leurs amis « modérés ».

Le Ministre des affaires étrangères russe Lavrov en a parlé plusieurs fois à Kerry. Mais la seule réponse qu'il a obtenue a été de surseoir aux attaques aériennes. Pendant ce temps, Al-Qaïda et les « modérés » ont continué à violer le-cessez-le-feu et à attaquer les forces gouvernementales syriennes.

Snakes in Suits

La folie collective du Département d'État des Etats-Unis


Comment: Nous commettons l'erreur de penser que les politiciens haut placés, et les hommes de pouvoir en général, sont des gens ordinaires ; qu'ils sont pour ainsi dire comme nous. On les imagine parfois pétris de doutes, d'hésitations, emplis de luttes intérieures, de conflits et de dilemmes moraux pour savoir comment toujours agir au mieux, dans l'intérêt de tous... Mais rien de tout cela n'existe vraiment. En adéquation parfaite avec un Système qui favorise la loi du plus fort, la lutte et la compétitivité, l'homme sans conscience est attiré et porté par celui-ci. Il trouve sa juste place dans une structure qui lui permet d'exprimer sa vraie nature. Est-il surprenant alors de trouver aux postes-clés du pouvoir des personnes qui se soucient si peu de justice, de compassion et d'égalité ? De trouver des personnes dont les décisions, froides et calculées, en font périr des millions d'autres ? C'est bien une "folie collective" dont il s'agit, intrinsèque à toutes les institutions, les administrations et les pays du monde entier ; une folie initiant ce que l'on peut appeler "l'avènement du psychopathe", qu'il soit politique, militaire ou scientifique. Un facteur pathologique à prendre en compte, incontournable, qui permet d'éclairer d'une toute nouvelle façon des évènements et des bouleversements mondiaux que nous n'aurions peut-être plus alors à subir, qui sait.


Traduction : VD

© Inconnu
Victoria Nuland, Secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes
Plus de 50 « diplomates » du Département d'État des États-Unis [Ministère des Affaires Étrangères - NdT] ont envoyé un rapport « dissident » exhortant le président Obama à lancer des frappes militaires contre l'armée syrienne, un signe de plus que ce Ministère a disjoncté de façon collective.

Au cours des dernières décennies, le département d'État des États-Unis qui était jadis une maison raisonnablement professionnelle et réaliste en matière de diplomatie est devenu un repaire de bureaucrates guerriers possédés par des obsessions impériales, un phénomène dangereux souligné par la récente « dissidence » de masse en faveur de nouvelles tueries en Syrie.

51 « diplomates » du Département d'État ont signé une note de service distribuée par un « canal de la dissidence » officiel, demandant des frappes militaires contre le gouvernement syrien de Bachar al-Assad dont les forces ont mené la contre-offensive contre les extrémistes islamistes qui cherchent à contrôler cette importante nation du Moyen-Orient .
Le fait qu'un si grand nombre de fonctionnaires du Département d'État plaident en faveur d'un élargissement de la guerre d'agression en accord avec l'agenda néoconservateur, qui a placé la Syrie sur une liste noire il y a vingt ans, est révélateur du degré de folie qui s'est emparé du Département d'État.
Le Département d'État semble être devenu un mélange de néoconservateurs pur jus, de libéraux interventionnistes et de quelques arrivistes qui ont compris qu'il était dans leur intérêt de se comporter comme des proconsuls globaux qui imposent leurs solutions ou recherchent un « changement de régime » plutôt que de se comporter en diplomates respectueux à la recherche de véritables compromis.

Même certains fonctionnaires du Département d'État, que je connais personnellement et qui ne sont pas vraiment néoconservateurs ou libéraux-faucons, agissent comme s'ils avaient avalé la pilule et toute la boîte avec. Ils parlent comme des durs et se comportent avec arrogance envers les populations des pays sous leur contrôle. Les étrangers sont traités comme des objets stupides tout juste bons à être soumis ou soudoyés.

Il n'est donc pas tout à fait surprenant que plusieurs dizaines de « diplomates » étasuniens s'en prennent à la position plus modérée du président Barack Obama sur la Syrie tout en se positionnant en prévision de l'élection d'Hillary Clinton, qui devrait autoriser une invasion illégale de la Syrie - sous couvert d'établir des « zones d'exclusion aérienne » et des « zones de sécurité » - ce qui signifie en clair, tuer d'avantage de jeunes soldats syriens. Les « diplomates » demandent l'utilisation d' « armes à longue portée et aériennes ».

Ces faucons sont si avides guerres que le risque d'un conflit direct avec la Russie ne les dérange pas. D'un léger revers de la main, ils balaient la possibilité d'un conflit avec une puissance nucléaire en affirmant qu'ils ne préconisent pas « d'emprunter une pente glissante qui se terminerait dans une confrontation militaire avec Russie. » Dis comme-ça, ça rassure.

Die

Les vautours de Washington sont affamés : la Syrie, coûte que coûte

Telesurtv.net,, site vénézuélien d'information, nous apprend que John Kerry prend au sérieux la pétition de 50 hauts fonctionnaires étasuniens qui demandent d'attaquer directement le gouvernement syrien. Ces derniers considèrent que la prise de contrôle de l'État syrien faciliterait la lutte contre le terrorisme. « Les fonctionnaires diplomatiques, lesquels, selon RT, sont responsables de la politique extérieure de Washington, argumentent dans leur mémorandum interne qu'un changement de gouvernement par la voie de l'action militaire serait l'unique manière de vaincre le groupe islamique autoproclamé État islamique o Daesh. » (Traduction de l'auteur)

© Google
La guerre à tout prix pour les psychopathes
Cette déclaration prend un sens tout particulier dans le contexte de la présence militaire et légitime de la Russie, de l'Iran et d'autres alliés en appui au gouvernement syrien dans sa lutte contre le terrorisme et ceux qui le rendent possible. S'agit-il d'une reconnaissance par Washington d'un échec de sa politique de lutte contre l'État islamique ou une façon d'obliger les alliés de la Syrie dans la lutte contre le terrorisme à se positionner par rapport à une guerre contre les États-Unis ?

Commentaire: Lire aussi :


USA

La prochaine « Cyber-attaque du gouvernement russe » pourrait bien se révéler aussi lourde de conséquences que l'intox du golfe du Tonkin

Traduction : Dominique Muselet
© Kacper Pempel/Files/Reuters
Hier, le Washington Post a publié un article qui sentait l'intox de la première à la dernière ligne :
Les hackers du gouvernement russe ont piraté les archives du Comité national démocrate et ont volé des données de l'opposition sur Trump.

Les hackers du gouvernement russe sont entrés dans le réseau informatique du Comité national démocratique et ont eu accès à l'intégralité de la base de données de l'opposition sur le candidat à la présidentielle des Républicains, Donald Trump, selon les responsables du Comité et les experts en sécurité qui ont réagi à la violation....

L'intrusion dans la base de données du Comité national démocratique faisait partie d'une série d'attaques qui ont ciblé des organisations politiques américaines. Les réseaux informatiques des candidats à la présidentielle, Hillary Clinton et Donald Trump, ont également été ciblés par des espions russes, tout comme les ordinateurs de certains comités d'action politique républicains, selon des officiels étasuniens. Mais on n'a pas d'informations précises sur ces attaques. ...

Certains des pirates avaient accès au réseau du Comité national démocratique depuis environ un an, mais tous en ont été chassés au cours du dernier week-end semaine dans une grande campagne de nettoyage informatique, selon les responsables et les experts du Comité.
Pourquoi diable la Russie voudrait-elle voler des données de l'opposition sur Trump quand elle peut les trouver tous les jours dans Politico et dans le Washington Post, par exemple ? Pourquoi commencer IL Y A UN AN à pirater des données sur Trump ? Qui aurait pensé, il y un an, que Trump avait quelque importance ? Cela n'a évidemment aucun sens. Mais des charlatans ont réussi à convaincre le nullissime journaliste du Washington Post et le Comité national démocratique que tout cela était vrai :
Le Comité national démocratique a déclaré qu'aucune information sur les personnes, les donateurs ou les comptes n'avait été piratée, ce qui suggère que la violation est due à des espions traditionnels, et pas à des hackers criminels.

Chess

La France au centre de la crise européenne - Le discrédit de l'UE et le manifeste du 28 mai passé inaperçu

Traduit de l'espagnol par Estelle et Carlos Debiasi pour El Correo de la diaspora

L'atmosphère à Paris, la ville où bat le cœur de la France, devient plus rebelle. Depuis que le 19 février a été mis sur le réseau l'appel contre la loi sur le travail qui a été immédiatement signé par plus d'un million de personnes, se sont succédé neuf journées de protestation et de grève syndicale, et une multitude de manifestations.
© Kenzo Tribouillard/AFP
Paris, manifestations contre la Loi Travail, le 19 mai 2016
Dans ce bouillon, est née l'occupation des places [de la République] le 31 mars, et les étudiants se sont levés. Depuis ce moment, chaque jour il se passe quelque chose. Un défi, une protestation. Parait loin l'atmosphère de l'automne passé, quand le Front national déterminait les sujets du débat public et les politiques xénophobes, identitaires et de sécurité face au terrorisme. Aujourd'hui c'est le social qui prime. Et comme toile de fond, de plus en plus présente, le discrédit de l'Union européenne.

L'épicentre du problème n'est pas le Brexit. Une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'UE est économiquement insignifiante (il y a beaucoup d'exagération sur ce sujet), mais cela affaiblirait politiquement l'influence des États-Unis, dont le Royaume-Uni a été le serviteur le plus empressé, sur le continent. Ne serait ce que pour cela, ils feront n'importe quoi pour l'éviter, mais le vrai problème est en France. C'était la France, pas l'Angleterre, la fondatrice de ce qui s'écroule depuis 2007. Et c'est ici que se décidera le vrai jeu.


Commentaire : Le Brexit pourrait sévèrement mettre à mal la domination étasunienne sur l'Europe. Mais surtout, cela montrerait aux autres pays de l'UE qu'il y a une alternative à la dictature bruxelloise : en cas de Brexit, la Suède, les Pays-Bas, le Danemark et même la Tchéquie pourraient emprunter la même voie de sortie.

© Inconnu
Voir nos articles suivants :

Après la Grèce (71 %), la France est le leader européen quant à l'opinion défavorable sur l'UE : 61 %. Cette dernière année, ce discrédit a augmenté ici de 15 points. En Espagne (49 %), 16 points, selon le dernier sondage. Le projet de réforme du travail a dominé trois décennies de frustration française par le vol de souveraineté et la détérioration du niveau de vie à travers la réduction des revenus, l'augmentation de l'inégalité et le recul des services publics. C'est la maladie française.

Handcuffs

Enfin une Justice rapide et efficace !... pour condamner les manifestants


Comment: Aussi expéditive que la matraque qui s'abat sur nos cranes, la justice nouvelle s'affaire. On le sait, les politiciens sont les plus grands promoteurs d'une médecine qu'ils ne goutent jamais eux-même : la répression violente, les interdictions iniques, les lois contraignantes ; tout ce qu'il faut pour pressurer le citoyen et l'empêcher d'agir ; éviter que celui-ci ne mette en dangers les privilèges de la classe dirigeante. La stratégie est toute simple : du parlement aux forces de l'ordre, des forces de l'ordre au tribunal, de la loi votée au tonfa et au marteau qui s'abattent, le contrôle doit être total. La séparation des pouvoirs, c'est bien en théorie ; utile pour les discours vertueux. En pratique, faut pas exagérer : il s'agirait pas que la populace ait les mêmes passe-droits que les politiques.

En passant, sur Wikipedia, on nous rappelle que
La séparation des pouvoirs est le fait dans la constitution d'un État de distinguer certaines fonctions ou missions de l'État, et d'en confier l'exercice exclusif à différents corps de ce dernier, appelés pouvoirs. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire est le principe fondamental des démocraties représentatives. A contrario, les régimes dictatoriaux ou tyranniques se définissent par la concentration, en général dans la main du pouvoir exécutif, de tous les pouvoirs.
Bien sûr, tout cela ne doit rien au hasard ou à la malchance :

© Eros Sana
753 personnes dont une centaine de jeunes de moins de 18 ans ont été poursuivies depuis le début de la forte contestation contre la loi Travail fin mars. L'institution judiciaire se distingue pour sa rapidité, alors que d'autres affaires, notamment celle du manifestant rennais ayant perdu un œil, traînent. Et les condamnations sont lourdes, y compris pour des personnes au casier judiciaire vierge. Des avocats s'étonnent et dénoncent un traitement « discriminatoire ».

La journée de mobilisation, mardi 14 juin, a donné lieu, une fois encore, à de nombreuses interpellations. Ces arrestations vont-elles gonfler le nombre déjà vertigineux de manifestants et de « casseurs » condamnés devant les tribunaux ? Pas moins de 753 personnes ont été poursuivies entre fin mars et le 13 juin, d'après le ministère de la Justice. 135 manifestants ont été relaxés. 103 mineurs ont été inquiétés. Au total, les deux tiers des poursuites judiciaires concernent des violences sur les forces de l'ordre. Seules 79 procédures ont été ouvertes pour des dégradations. Le reste des affaires (133) concerne la « participation à un attroupement armé », selon les chiffres fournis par la Direction des affaires criminelles et des grâces.