«Zone interdite» diffuse ce dimanche soir sur M 6 un reportage bouleversant sur la prostitution des mineures. Sa réalisatrice s'est confiée sur les coulisses de l'enquête.

La réalisatrice Clarisse Verrier a recueilli pendant deux ans une multitude de témoignages de filles qui sont tombées dans la prostitution dès le plus jeune âge. M 6
Un témoignage, puis deux. Et le déclic. Le sentiment d'avoir mis le doigt sur quelque chose qui nous dépasse. Voilà comment Clarisse Verrier a commencé à s'intéresser au phénomène grandissant et pourtant méconnu de la prostitution des mineures. De son enquête de près de deux ans, elle a tiré un documentaire coup de poing, diffusé ce dimanche soir, dans « Zone Interdite » sur M 6 à 21h05.
En France, entre 8 000 et 10 000 enfants, des filles en grande majorité, pourraient être concernées, venant de tous les milieux sociaux. Rien qu'à Paris, on comptait 70 procès en 2018, 7 fois plus qu'en 2013. « On touche du doigt ce qu'il y a de plus sombre dans notre société et dont la jeunesse fait les frais », constate la réalisatrice. Un phénomène aux contours flous, favorisé par l'attrait pour l'argent facile, les sirènes de la téléréalité, et l'omniprésence des réseaux sociaux. « L'offre d'annonces y est pléthorique, et rien n'est plus facile que de mentir sur son âge, dénonce la journaliste. Il y a une hypocrisie générale, sauf que la violence, elle est bien réelle. »
La richesse de cette enquête très fouillée, c'est la multitude de témoignages. Associations, avocats, magistrats mais aussi et surtout, des mères et des victimes.
Elles ont, 14, 15 ou 16 ans. Parfois moins. Et ont vécu, ou vivent encore, un enfer. « Ce qui était essentiel, c'était de leur donner la parole à elles, insiste la reporter. Pour essayer de comprendre ce qui se passait dans leur tête. »
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