
© Suehiro Maruo« Obéir aux forces de l’ordre. […] Garder les mains levées et ouvertes. »
État et état de guerreLa France n'est pas partie en guerre contre l'État islamique (EI) pour défendre les Droits de l'Homme ou ceux des femmes, mais pour préserver des intérêts (pas seulement pétroliers), et sa place de grande puissance. Que les attaques de l'EI en soient la riposte ou bien qu'elles visent « notre mode de vie » importe peu pour les victimes. Quand les États font la guerre, leurs armées se combattent, mais prennent aussi pour cible la population de l'État adverse. Les habitants du territoire contrôlé par le Califat sont malgré eux victimes « collatérales » des bombes françaises. Les habitants du territoire contrôlé par l'État français sont malgré eux victimes des assassins au service du Califat.
La différence, c'est que les avions de la coalition anti-E.I. ne visent pas systématiquement et délibérément les civils, alors que le 13 novembre 2015 les djihadistes voulaient tuer des Parisiens qui n'étaient ni militants ni soldats. Chaque État massacre comme il peut. Gageons que si l'EI disposait d'une aviation capable de réduire en gravats le palais de l'Élysée ou l'hôtel de Brienne, il l'utiliserait. En vérité, la guerre fait de chacun de nous l'otage de son État, cible potentielle des bombes, des balles ou des attentats-suicide du camp d'en face. Et, quelle que soit la radicalité de nos opinions ou notre dégoût, elle nous renvoie aussi à un état de « citoyen », voire de « Français ».
Chacun à sa façon et selon ses besoins, tout État est oppresseur. L'EI l'est plus visiblement que d'autres. Dans la course à l'horreur, les candidats ne manquent pas, mais
l'opinion publique ne retient que les horreurs commises par ceux que l'État lui désigne comme ennemi. Quand en 1965 la prise du pouvoir par les militaires a fait basculer l'Indonésie dans le camp occidental, 500.000 personnes ont été tuées en quelques mois ; elles restent pourtant sans existence pour les consciences françaises ou américaines.
Commentaire: Le business de la Turquie se voit menacé par la Russie, qui lutte contre Daesh une business qui est également celle de toute la coalition. Celle-ci, tel un animal blessé, fera tout pour reprendre cette Syrie qu'elle avait cru materia prima pour ses propres besoins et ses illimitées convoitises et ainsi pouvoir la piller, la voler, et du même coup détruire aussi les gens de cette terre ancienne et riche, un des berceaux de notre civilisation. La situation est dangereuse car les Russes et les Syriens entendent défendre la Syrie. Cependant ne défendent-ils pas au final l'avenir de notre civilisation ?
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