Puisque le Soleil alimente le système climatique de la Terre et fournit de l'énergie à toute vie sur notre planète, il ne devrait aucunement surprendre que des fluctuations de l'activité solaire puissent affecter les conditions climatiques. Comme l'insolation totale ne varie que très peu, les climatologues ont négligé le rôle de notre étoile variable dans le changement climatique.

© SvensmarkL'héliosphère dévie les rayons cosmiques
À la fin du 20e siècle, Heinrich Svensmark, de l'Institut de recherche spatiale du Danemark, et Eigil Friis-Christensen, ont avancé la possibilité que l'activité solaire, en modifiant la couverture nuageuse de basse altitude, soit un facteur déterminant du climat. Comme il fallait s'y attendre, cette idée a été dénigrée par le courant principal de la climatologie, car elle minorerait l'importance des gaz à effet de serre, en particulier du gaz carbonique, le démon favori du GIEC. Aujourd'hui, après plusieurs années d'expérimentation au CERN, les résultats préliminaires sont tombés,
et il semble que Svensmark et Friis-Christensen avaient après tout raison.L'idée que l'activité solaire ralentie puisse être l'origine du rafraîchissement climatique de la Terre peut ne pas sembler tirée par les cheveux, mais le mécanisme responsable du refroidissement, l'accroissement du rayonnement cosmique frappant l'atmosphère terrestre, peut avoir l'air paradoxal. Les scientifiques savent depuis un siècle que des particules chargées venant de l'espace bombardent constamment la Terre. Provenant des étoiles et galaxies lointaines,
ces rayons cosmiques frappent l'atmosphère de notre planète où ils peuvent ioniser les composés volatils. Cela provoque la condensation de gouttelettes en suspension, d'aérosols, qui fournissent des germes autour desquels peuvent se former les nuages. Ce sont les nuages formés à basse altitude qui refroidissent la Terre, et leur formation est contrôlée par les rayons cosmiques. Au bout du compte, le rayonnement cosmique est régulé par le Soleil. Voici comment nous avions décrit cette révélation dans le
chapitre 11 de
The Resilient Earth :
« Le principal défenseur de l'induction des formations nuageuses de basse altitude par le rayonnement cosmique, est le physicien danois Henrik Svensmark, de l'Institut de recherche spatiale du Danemark. En 1997, Svensmark et Eigil Friis-Christensen ont signalé leur découverte dans un document décisif : « Variation of Cosmic Ray Flux and Global Cloud Coverage - a Missing Link in Solar-Climate Relationships » [Variation du flux de rayons cosmiques et de la couverture nuageuse mondiale - un chaînon manquant dans les relations entre énergie solaire et climat - NdT]. Dans ce document, ils décrivent comment la création d'ions dans la troposphère par les rayons cosmiques peut fournir un mécanisme de formation des nuages. Et, puisque le niveau du rayonnement cosmique est contrôlé par le cycle solaire, ils ont suggéré qu'en modifiant la couverture nuageuse de basse altitude, le Soleil est le facteur déterminant de la variation climatique terrestre. »
Svensmark et Nigel Calder ont rédigé un excellent ouvrage,
The Chilling Stars [Les étoiles glaciales - NdT], dans lequel ils décrivent la théorie et les découvertes qui ont conduit à leur formulation. Selon Svensmark :
« Au lieu de voir les nuages comme la conséquence du climat, il s'agit en fait de montrer que le climat découle des nuages, car les nuages reçoivent leurs ordres des étoiles. »
Pour aider à prouver leur hypothèse, une expérience a été montée dans un sous-sol du Centre spatial national danois, afin de vérifier si les rayons cosmiques peuvent entraîner la formation de nuages de basse altitude dans des conditions contrôlées.
Commentaire: Souhaitons qu'il ait raison, même si l'avenir s'annonce bien sombre.
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