Qui a bricolé ce faux crâne fossile, découvert en 1912, qui aurait appartenu à une espèce humaine inconnue et qui a mystifié les paléontologues durant quatre décennies, jusqu'en 1953 ? Le Français Theilhard de Chardin, prêtre et chercheur, et Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes, ont un temps été accusés. Une étude soigneuse les innocente : Charles Dawson, le découvreur, est le seul coupable de cette supercherie.

© DPEn 1915, le peintre John Cooke immortalise la découverte du crâne de Piltdown dans ce tableau où des scientifiques l'examinent avec attention. Charles Dawson et Sir Arthur Smith Woodward sont représentés, debout, à droite.
Une mâchoire et des dents de grand singe fixées sur un crâne humain : c'est le meilleur hoax de la science moderne. Plus d'un siècle plus tard, il vient enfin d'être expliqué par Isabelle De Groote, paléoanthropologue à l'université John Moores de Liverpool, et son équipe. Ce canular n'a qu'un seul coupable : Charles Dawson. En février 1912, cet amateur britannique contacte le paléontologue Arthur Smith Woodward, du British Museum, pour lui faire part d'une découverte majeure : celle de restes humains appartenant manifestement à une espèce disparue.
Le moment est politiquement opportun car, en 1907, des chercheurs allemands avaient mis au jour un fossile d'un ancêtre de l'Homme,
Homo heidelbergensis (un vrai celui-là), qui avait été daté de plus de 200.000 ans, éclairant d'un jour nouveau l'histoire de l'humanité. En cette période de tensions internationales, qui allaient déboucher sur la première guerre mondiale, la découverte britannique vient donc à point pour équilibrer le score avec l'Allemagne. C'est d'ailleurs en faisant référence à l'Homme de Heidelberg que Dawson contacte Smith Woodward.
Commentaire: Commentaire d'un lecteur : Dans les années 1920, trente ans avant que des analyses au fluorure montrent, en 1953, que l'homme de Piltdown était un canular, le paléoanthropologue allemand Franz Weidenreich avait pu examiner les restes découverts à Piltdown et il avait signalé qu'ils étaient composés du crâne d'un homme moderne et de la mandibule d'un orang-outan, avec les dents rangées vers le bas. Weidenreich, étant un anatomiste, avait facilement pu démontrer qu'il s'agissait d'un canular.
Mais il fallut trente ans pour que la communauté scientifique accepte de reconnaître qu'il avait raison.
Commentaire: Expérience intéressante mais sur Wikipedia on note : et :