Comment: Quelle que soit l'issue des élections américaines, on se doute un peu que rien ne changera vraiment. Les États-Unis garderont leur capacité de nuisance intacte, à n'en pas douter. Les présidents vont et viennent, sans réel pouvoir aucun, jouets de forces tapies dans l'ombre qui décident de la marche du monde. Celle-ci étant ce qu'elle est, les psychologies malades ne pouvant être changées, nous voilà spectateur d'une œuvre de destruction qui semble irrésistible, universelle. Ici, en occident, nous sommes encore épargnés, c'est à dire encore en vie, avec un toit sur nos têtes et de la nourriture dans notre ventre. D'autres ont déjà tout perdu, leur pays, leur famille, leur coutumes, leur vie. Appelons-ça "hégémonie", "impérialisme", "domination", mots qui traduisent bien mal ce qui n'est rien d'autre qu'une annihilation de la diversité et de l'expression de la vie sous toutes ses formes. Car au final, n'est-ce pas ce à quoi nous assistons?
Traduction : Le Grand Soir
Daniel Broudy : Vous êtes en train de boucler le travail sur votre dernier projet dont le titre, semble-t-il, peut également déclencher des sentiments de crainte considérables. Son titre, The Coming War (La guerre qui à venir), est assez déprimant. Pouvez-vous expliquer ce qui provoque chez vous ce regard particulier sur les événements du monde, tels que vous les voyez se dérouler en Asie de l'Est ?
John Pilger : Le film reprend le thème d'une grande partie de mon travail. Il vise à expliquer comment une grande puissance peut s'imposer tout en avançant à visage couvert et en occultant le danger qu'elle représente. Ce film traite des États-Unis - qui doutent désormais de leur pouvoir de domination - qui sont en train de rallumer la guerre froide. La guerre froide a été lancée à nouveau sur deux fronts : contre la Russie et contre la Chine. Je me concentre sur la Chine dans un film sur la région Asie-Pacifique. Il est situé dans les îles Marshall où les États-Unis ont fait exploser 67 bombes atomiques, des armes nucléaires, entre 1946 et 1958, laissant cette partie du monde gravement endommagée en termes humains et environnementaux. Et cet assaut sur les îles Marshall se poursuit. Sur la plus grande île, Kwajalein, il y a une base importante et secrète des États-Unis appelée Ronald Reagan Test Facility, qui fut créée dans les années 1960 pour - comme les archives que nous utilisons le démontrent sans ambiguïté - « lutter contre la menace de la Chine. »
Le film se déroule aussi à Okinawa, comme vous le savez. Une partie du thème est de montrer la résistance au pouvoir et à la guerre par un peuple qui vit le long d'une rangée de clôtures des bases américaines dans leur pays d'origine. Le titre du film est une sorte de mise en garde, car il est conçu comme un avertissement. Les documentaires comme celui-ci ont la responsabilité d'alerter les gens, et si nécessaire les prévenir, et de montrer la résistance aux plans rapaces. Le film montre que la résistance à Okinawa est remarquable, efficace et peu connue dans le monde. Okinawa dispose de 32 installations militaires américaines. Près d'un quart du territoire est occupé par des bases américaines. Le ciel est souvent couvert d'avions militaires ; l'arrogance de l'occupant constitue une présence physique quotidienne. Okinawa est de la taille de Long Island. Imaginez une base chinoise bourdonnante juste à côté de New York.













Commentaire: Est-ce que les policiers municipaux porteurs d'armes plus sophistiquées, des armes de guerre, empêcheront les attaques de se produire ? Utiliseront-ils ces armes en dehors du contexte terroriste, comme par exemple lors des manifestations citoyennes ? Est-ce là vraiment une assurance pour la protection de la population ?
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