
De retour aux États-Unis dans une année électorale, je suis frappé par le silence. J'ai couvert quatre campagnes présidentielles, en commençant par celle de 1968. J'étais avec Robert Kennedy quand il a été abattu et j'ai pu voir son assassin, se préparant à le tuer. Ce fut un baptême à la sauce américaine. Tout comme la violence enragée de la police de Chicago lors de la convention démocrate truquée. Le coup d'envoi de la grande contre-révolution était donné.
Martin Luther King était le premier à être assassiné cette année-là. Il avait osé établir un lien entre les souffrances des Afro-Américains et le peuple vietnamien. Lorsque Janis Joplin a chanté « Liberté est juste un autre mot pour rien à perdre », elle a peut-être parlé inconsciemment pour les millions de victimes de l'Amérique aux confins du monde.
« Nous avons perdu 58.000 jeunes soldats au Vietnam, et ils sont morts en défendant votre liberté. Maintenant, n'oubliez pas ça. » Ainsi parle un guide du Service du National Parks, tel que je l'ai filmé la semaine dernière au Memorial Lincoln à Washington. Il s'adressait à un groupe scolaire de jeunes adolescents en tee-shirts orange vif. Et c'était comme s'il récitait son texte par cœur, renversant la vérité sur le Vietnam dans un mensonge incontesté.
Les millions de Vietnamiens qui sont morts, qui ont été mutilés, empoisonnés et dépouillés par l'invasion américaine, ces millions de Vietnamiens n'ont pas de place historique dans les jeunes esprits. Et je ne parle même pas des quelque 60.000 anciens combattants qui ont été sacrifiés. On a souvent demandé à un de mes amis, un marine qui est devenu paraplégique au Vietnam : « De quel côté vous êtes-vous battu ? »












Commentaire: Katehon ajoute une analyse : Quelques perspectives :
Un examen plus approfondi sur la multipolarité : France, Allemagne, Russie (article en anglais)
Ce n'est pas dans la nature de la France d'être si profondément impliquée dans la grande stratégie unipolaire transatlantique, car elle a un tel potentiel pour être un chef de file dans une Europe multipolaire...
La France est sans aucun doute unipolaire, mais elle pourrait avec le temps devenir plus pragmatique en prenant part à une coopération mutuellement bénéfique avec certains leaders multipolaires tels que la Russie, mais seulement sur une base au cas par cas et d'une portée pratique limitée. Toutefois, si la suzeraineté des États-Unis sur l'Union européenne affaiblit de façon inattendue, montre des signes évidents allant dans ce sens, ou est compensée par un effondrement possible du bloc, alors la France pourrait être prête à prendre une position indépendante de leader, une position multipolaire si les processus internes adéquats le permettent.