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L'année 2015 a débuté par les attentats de Charlie Hebdo au mois de janvier, et s'est conclue avec les attentats de Paris au Bataclan, au mois de novembre. En réalité, ces deux épisodes, extrêmement graves en eux-mêmes, forment simplement les contours de ce qui s'est passé cette année, à savoir, l'aggravation de la guerre en Syrie qui s'est transformée en quelques mois en un conflit de niveau international.
Il est naturellement impossible de séparer les deux choses - les attentats de Paris et la guerre en Syrie -, puisque toutes deux ont un important dénominateur commun, l'État islamique (EI). Pour démêler ce sac de noeuds, et donner un sens à l'année qui vient de s'achever, il faut comprendre les origines de l'EI, qui remontent officiellement à l'été 2014. L'État islamique, comme chacun le sait maintenant, est une création indirecte de l'Occident (USA et Grande-Bretagme en premier lieu, avec la contribution d'Israël au second plan), qui a été mise sur pied grâce... à l'allié numéro un des USA au Moyen-Orient, à savoir, l'Arabie Saoudite, et également l'aide de la Turquie et d'autres pays mineurs comme le Qatar.
Le véritable objectif de cette alliance sunnite n'est pas la Syrie, mais bien l'Iran, l'autre grande puissance moyen-orientale qui s'oppose aux Saoudiens. La Syrie (alliée historique de l'Iran) ne devait être qu'une étape, une marche de plus vers l'objectif majeur. Le plan initial des Américains prévoyait en réalité un renversement rapide de Bashar el-Assad, mené à bien grâce à l'habituelle horde de « rebelles », financés et formés par la CIA elle-même. Et pour pouvoir les organiser et les supporter officiellement, la propagande occidentale s'est même inventé un oxymore digne d'entrer dans l'Encyclopédie : les « rebelles modérés ». Ils assassinent, oui, mais avec douceur. Il haïssent, mais avec compassion. Ils détruisent, mais seulement par nécessité. (En fait, ils sont tellement modérés que leurs chefs se délectent littéralement du coeur de leurs ennemis à peine tués).
Mais quelque chose n'a pas fonctionné dans le projet de renversement orchestré depuis 2012 par Washington. Assad s'est révélé être bien plus difficile à renverser que prévu, au point qu'il a été nécessaire de
créer une troisième force - l'État islamique justement - pour bouleverser les règles du jeu et mener à bien le sale boulot que les « rebelles modérés » n'avaient pas réussi à accomplir. Mais au moment précis où l'État islamique était sur le point de faire tomber Assad, voilà qu'entre en scène un nouvel acteur, Vladimir Poutine, qui a littéralement renversé la situation. Désormais l'EI représente les méchants, et automatiquement, sont qualifiés également de méchants tous ceux qui jusqu'ici faisaient semblant de les combattre : autrement dit, par une manœuvre aussi simple que géniale, le grand joueur d'échecs qu'est
Poutine a mis à nu sous les yeux du monde entier la tromperie perpétrée par les puissances occidentales à travers le « califat » artificiel d'al-Baghdadi.
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