Paris et Londres multiplient les déclarations emphatiques contre Daesh, son nettoyage ethnique et ses attentats. Pourtant, ils préparent en coulisse le nettoyage ethnique du Nord de la Syrie en vue d'y créer un pseudo-Kurdistan, et le déplacement de Daesh vers Al-Anbar pour y créer un Sunnistan. Thierry Meyssan analyse ce plan et souligne les nombreuses contradictions du discours officiel.

© Stéphane de Sakutin/AFP
L'intervention militaire de la France, d'Israël et du Royaume-uni en Syrie est-elle légale ?Pour lancer leur nouvelle guerre en Irak et en Syrie, la France, Israël et le Royaume-uni ont fait adopter par le Conseil de sécurité, le 20 novembre, la résolution 2249 [
1]. Pour le représentant français à l'ONU, qui est à l'origine du texte, elle autorise l'action collective en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies, c'est-à-dire de la « légitime défense ». Pour le Premier ministre britannique, David Cameron, elle soutient « toute action contre cette secte meurtrière et diabolique à la fois en Syrie et en Irak » [
2].
Or, selon les experts du Service de recherche de la librairie de la Chambre des communes, il n'en est rien. Dans une étude juridique fouillée, Arabella Lang précise que
la résolution n'autorise absolument pas l'usage de la force, mais appelle ceux qui en ont la possibilité légale à redoubler leurs efforts [
3]. Or, il ne peut s'agir que d'États qui ont été appelés à intervenir par l'Irak et la Syrie.
Pour les besoins de la cause, l'Irak a donc adressé une lettre au Secrétaire général et au Conseil de sécurité affirmant être attaqué par Daesh depuis le territoire syrien, alors même que l'Émirat islamique a été fondé en Irak.
La France et le Royaume-uni ayant été appelés par l'Irak, les deux États — mais pas Israël —
prétendent donc exercer un droit de « légitime défense collective ». En outre,
chacun d'eux prétend avoir été attaqué par Daesh depuis la Syrie et prétend détenir aussi un droit individuel de légitime défense. Malheureusement, ces arguments ne sont valables que si Paris et Londres apportent la preuve que Daesh prépare des attaques imminentes depuis la Syrie,
ce qui n'est pas le cas [
4].
Par conséquent, l'intervention militaire de la France, d'Israël et du Royaume-uni en Syrie
reste illégale sans l'accord préalable du gouvernement de la République arabe syrienne.
Commentaire: Guerre civile ? Plutôt une guerre d'invasion. La transition politique ? Assad a été élu démocratiquement. Mais Berlin ne comprend pas. Berlin, tout comme les EEUU et la coalition veulent que Assad parte. Pourquoi devrait-il partir ? Ne vaudrait-il pas mieux l'aider a lutter contre Daech et lui permettre de reconstruire, avec son peuple, ce qui a été détruit ?
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