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Propaganda

RoboCOP21, ou le fascisme climatique

fabrique du consentement
Fabrique du consentement
« Mais l'impuissance où l'on se trouve à un moment donné, impuissance qui ne doit jamais être regardée comme définitive, ne peut dispenser de rester fidèle à soi-même, ni excuser la capitulation devant l'ennemi, quelque masque qu'il prenne. Et, sous tous les noms dont il peut se parer, fascisme, démocratie ou dictature du prolétariat, l'ennemi capital reste l'appareil administratif, policier et militaire [...] qui se dit notre défenseur et fait de nous ses esclaves. » Simone Weil, Réflexions sur la guerre.

A qui profite le crime ? Les fusillades perpétrées vendredi 13 novembre auront permis à la conférence de Paris sur le climat de se tenir dans le calme de l'urgence. La COP 21 s'annonce comme une opération de communication majeure, et c'est une aubaine pour le gouvernement de pouvoir annihiler, sous prétexte sécuritaire, toute voix qui tenterait de s'élever contre sa double hypocrisie. Il affirme vouloir combattre le fondamentalisme islamiste, mais il soutient et arme le régime saoudien, financeur de réseaux djihadistes. De même, à mesure que la croisade pour la croissance pousse à des excès toujours plus destructeurs dans tous les recoins du monde, la propagande sur la « transition » et le verdissement du développement industriel se fait plus tapageuse. Gestion écologique et État d'urgence convolent aujourd'hui en justes noces, triste mariage de la survie et de la peur.


Commentaire : « Réchauffement climatique » et « développement durable » sont aussi les nouveaux fondamentalismes pseudo-écologiques de notre temps. Des paravents vertueux qui permettent aux politiciens et aux grandes entreprises d'imposer ce que bon leur semble, sous couvert de « Terre à sauver », de « climat à changer ». Des contraintes, encore et toujours, pour le citoyen, coupable de toutes choses en toutes choses.


Evil Rays

En pleine illégalité, la coalition US attaque l'armée syrienne


Commentaire : En attaquant l'armée syrienne, la coalition menée par les États-Unis montre encore une fois son vrai visage, hypocrite et faux, car le but de la coalition n'est pas, semble-t-il, d'éliminer Daesh. Pourquoi s'en prendre à ceux qui luttent contre Daesh?


La composante aérienne militaire de la coalition internationale a bombardé un entrepôt de munitions de l'armée syrienne dans l'est de la Syrie.

L'entrepôt de munitions de l'armée syrienne en question est situé dans la province Deir ez-Zor, dans l'est du pays. Cette frappe aérienne a coûté la vie à quatre soldats de l'armée syrienne et 16 personnes ont été blessées, rapporte une source proche du dossier.

"La frappe aérienne a été effectuée sur un entrepôt de munitions de l'armée syrienne dans la province Deir ez-Zor. D'après nos données, 4 militaires sont morts et 16 sont blessés. Deux chars sont abîmés. L'aviation de la coalition internationale opérait ici", a déclaré un interlocuteur de la milice nationale syrienne.

otan
La coalition a ataqué l'armée syrienne

Commentaire: Vous pouvez lire aussi:


Take 2

COP 21 - Lobbies, acteurs privés, démonstrations spectaculaires, solutions : les multinationales dépensent sans compter

COP 21, le bon, la brute et le truand, un western financé par les plus grands criminels du climat !
Campagne d'affichage COP21
© COP21/Photos : Capa entreprises
La COP 21, événement majeur de cette fin d'année 2015, qui se déroulera du 29 novembre au 11 décembre au Bourget et à Paris fait — depuis quelques semaines — couler beaucoup d'encre dans nos médias. Cette conférence internationale pour le climat fait débat notamment lorsque l'on s'aperçoit que les plus grands criminels du climat financent cette COP 21.

À coups de lobbies et d'acteurs privés, ces multinationales dépensent sans compter pour faire des démonstrations spectaculaires de leurs admirables performances climatiques, pour prétendre aux pratiques sociales les plus vertueuses et accroître leurs bénéfices. Cette « Conférence Climat » devrait, théoriquement, parfaire le nouvel accord mondial pour l'après-2020. En effet, les sociétés devraient s'engager à des réductions massives de leurs émissions de gaz à effet de serre, et amorcer une transition énergétique profonde, en changeant radicalement leurs systèmes de production et de consommation. Retour sur un fait d'actualité...
La COP21 et les multinationales
© InconnuLa COP21 et les multinationales
La COP 21, ou symbole identitaire du « Greenwashing », est l'une des plus importantes manifestations de cette fin d'année. Alors que les manifestations civiles seront annulées suite aux attentats du 13 novembre, quel sera le poids pour contrebalancer ces décisions, si la société civile — étant donné que celle-ci dénonce les « fausses solutions » promues par les entreprises — n'y est pas présente ? Comment croire ces multinationales qui se jouent de nous quand on s'aperçoit — il y a quelques mois — que Wolswagen produit des logiciels « anti-Pollution » pour contrecarrer certaines normes écologiques ?

Plutôt que de prévenir la catastrophe climatique, les COP servent donc de plus en plus d'expositions et de salons publicitaires aux plus grands criminels du climat que compte la planète. Le gouvernement français, qui entend agir en « leader mondial » dans la naissance de cet accord historique, a confié 20 % du financement de cette conférence à certaines des entreprises privées les plus polluantes du monde. Parmi les grands logos qui décoreront les murs de la Conférence tout au long des deux semaines, on verra donc nombre de champions de la pollution tels que Engie, EDF, Renault-Nissan, Air France, BNP-Paribas, Michelin ou Suez Environnement.


Commentaire : Le gouvernement français compte sur la population, le monsieur et madame tout le monde, du moins, c'est ce dont fait état l'affiche de campagne publicitaire en-tête d'article ; cette différence entre ces visages d'anonymes et les noms des entreprises qui chapeautent la COP21 est à tout le moins intéressante en ce qu'elle révèle combien les intérêts du peuple sont à l'affiche, mais pas au menu !


La COP serait-elle au final un événement majeur pour les multinationales pour parfaire leur image « Verte » ?

Commentaire: Voir aussi :


Telephone

Meilleur du Web: Entrevue avec le président syrien Bachar al-Assad

Traduction de l'anglais par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Entrevue accordée par le Président Bachar al-Assad à la télévision tchèque le 1er décembre 2015 [Texte intégral]
Assad, syrie
Question 1 : Permettez-moi de commencer par une question personnelle. Vous êtes médecin. En 2011, vous avez dit, et je vous cite, que vous aviez choisi la chirurgie ophtalmologique, car c'est une spécialité qui se pratique rarement en situation d'urgence avec peu de saignement. Cette même année 2011, la guerre syrienne a éclaté ; le conflit le plus meurtrier dans le monde et une grande urgence. Quel est votre sentiment à ce sujet ?
Président al-Assad : Si vous cherchez à établir une relation entre ce travail — ou toute autre spécialité chirurgicale — et ce qui se passe en Syrie, ce serait en rapport avec l'intention. Vous avez toujours du sang en chirurgie, mais c'est pour sauver la vie du patient, et non pas pour le tuer ; alors que le sang qui coule en Syrie est celui de Syriens tués par des terroristes. Notre travail en tant que gouvernement est de sauver leur vie par la destruction des terroristes. C'est le seul lien, en espérant avoir bien compris votre question.
Intervention : Oui, oui, je veux dire...
Président al-Assad : Donc, notre travail est de sauver des vies. Si le sang coule, c'est pour défendre notre pays. Nous utilisons notre armée pour défendre notre pays.

Light Saber

Meilleur du Web: Discours de Vladimir Poutine sans langue de bois au Kremlin

Vladimir Poutine a prononcé son discours présidentiel annuel à l'Assemblée fédérale. Conformément à la tradition, cette adresse a eu lieu dans le Hall St George du Kremlin devant un parterre de plus de 1000 personnes.
Poutine Kremlin
© Kremlin
Etaient notamment présents les membres du Conseil de la Fédération, les députés de la Douma, les membres du gouvernement, les chefs des Cours Constitutionnelles et Suprêmes, les gouverneurs régionaux, les chefs des assemblées régionales législatives, les chefs des confessions religieuses traditionnelles de la Russie, des personnalités publiques, y compris les présidents des chambres régionales publiques et les dirigeants des plus grands médias de Russie.
Vladimir Poutine, Président de la Russie : Citoyens russes, membres du Conseil de la Fédération, députés de la Douma,
Je voudrais commencer mon discours en exprimant notre gratitude pour les soldats russes qui luttent contre le terrorisme international.

Aujourd'hui, dans ce Hall St George, une salle historique de la gloire militaire russe, nous avons avec nous des pilotes de chasse et des représentants des Forces Armées qui participent à l'opération anti-terroriste en Syrie.

Gelena Peshkova et Irina Pozynich, qui ont perdu leur mari dans la guerre contre le terrorisme, sont également parmi nous. Je vous fais part de mon plus profond respect, ainsi qu'aux parents de nos héros.

Je voudrais que nous honorions tous la mémoire des soldats qui ont donné leur vie en accomplissant leur devoir, ainsi que la mémoire de tous les citoyens russes qui ont été victimes du terrorisme.

(Moment de silence)

Commentaire: Avec beaucoup de diplomatie, il a tout de même fourni des indices très importants sur certains pouvoirs occidentaux, qui prétendent vouloir combattre le terrorisme et « porter la démocratie » aux territoires qu'ils envahissent, alors qu'en même temps ils financent le terrorisme.

Remarquez comment, contrairement à Obama, par exemple, Poutine ne cache pas que sa priorité consiste à protéger la Russie, entre autres, et ne se prend pas pour Ghandi. Il ne parle pas uniquement de « mission humanitaire », de « combattre les forces du Mal [car nous sommes la meilleure démocratie au monde] », ou beaucoup d'autres platitudes qui prétendent donner une leçon de morale aux citoyens alors que derrière ces beaux mots se cachent des intérêts purement impérialistes. Poutine parle sans tabous, et plus sincèrement que beaucoup d'autres leaders.


Eye 2

Wi-Fi interdit, Tor bloqué, backdoors... les nouvelles idées « créatives » du gouvernement

Internet blocage
Les services du ministère de l'Intérieur envisagent de nombreuses mesures pour renforcer une nouvelle fois la sécurité au détriment des libertés. Coupure obligatoire de tout réseau Wi-Fi ouvert, blocage des réseaux d'anonymisation et fourniture des clés de chiffrement des messageries font partie des pistes soumises à arbitrage.

La liste des mesures envisagées par le gouvernement pour renforcer la sécurité au détriment de la liberté et de la vie privée s'allonge. Alors que le gouvernement envisage déjà de nouvelles lois sécuritaires qui permettraient par exemple de croiser tous les fichiers de données personnelles détenues par l'État, d'obliger à l'installation d'émetteurs GPS sur les voitures louées, d'allonger la durée de conservation des données de connexion ou encore de faciliter le recours aux IMSI-catchers, Le Monde révèle samedi de nouvelles mesures recensées par le ministère de l'Intérieur.

Le quotidien a en effet pu consulter un tableau édité en interne le mardi 1er décembre par la direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ), qui dépend du ministère de l'Intérieur de Bernard Cazeneuve. C'est elle qui prépare les projets de lois et de décrets relatifs aux libertés publiques et à la police administrative. C'est donc dans ce cadre, pour rédiger deux nouveaux textes législatifs — l'un sur l'état d'urgence, l'autre sur l'anti-terrorisme, que la DLPAG a dressé les mesures demandées par la police ou la gendarmerie qui pourraient être inscrites dans les textes attendus pour janvier 2016.

Commentaire: Sachons que ces mesures sont censées être destinées, entre autres, aux médias alternatifs :


USA

Adhésion du Monténégro à l'OTAN : l'encerclement de la Russie continue

Monténégro OTAN
L'Alliance invite le Monténégro à entamer des pourparlers d'adhésion à l'Otan lors d'une session de travail le 2 décembre 2015. Crédit : AP
Le 2 décembre 2015, le Conseil de l'Otan a pris la décision de lancer les négociations avec le Monténégro en vue de son adhésion à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord. Cette nouvelle a suscité une vive réaction chez les responsables politiques et les experts russes.

« Je félicite le Monténégro. C'est le début d'une belle union ». Tels sont les mots utilisés par le secrétaire général de l'alliance Jens Stoltenberg le 2 décembre dernier, suite à la publication de la décision de lancer les négociations avec le Monténégro en vue de son adhésion à l'Otan. Le communiqué conjoint publié par les ministres du bloc précise que « l'adhésion du Monténégro permettra d'améliorer le niveau de sécurité dans la région et au sein de l'Alliance dans son ensemble ».

Commentaire:
Russie OTAN bases



Flashlight

L'Iran est prêt à présenter des preuves du commerce de pétrole entre la Turquie et Daesh

Turquie pétrole
Les trajets qui seraient utilisés pour acheminer du pétrole vers la Turquie
Téhéran possède des preuves, y compris des photos et des vidéos, du commerce illégal de brut entre les Turcs et les terroristes de l'Etat islamique (Daesh), et est prêt à dévoiler ses informations au public, a annoncé un responsable iranien.

«Si le gouvernement de la Turquie n'est pas informé du commerce que Daesh fait avec son pays, nous sommes prêts à lui présenter toutes les données que nous possédons», a déclaré vendredi soir Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil de discernement de l'Iran, cité par l'agence publique ARNA.

Le responsable a ajouté que l'Iran possédait des photos et des vidéos des camions de Daesh qui entraient sur le territoire turc, en notant que les autorités étaient prêtes à les diffuser.

«Des informations importantes seront bientôt présentées au public», a souligné Mohsen Rezaï, en appelant en même temps tous les pays qui luttent contre Daesh à se concentrer sur l'élimination du terrorisme.

Commentaire: Voir aussi:

-La Russie présente les preuves de la contrebande de pétrole vers la Turquie par l'EI


Bad Guys

Monsanto, plus puissant que les gouvernements

Monsanto
© Remy Gabalda/AFP Sur un site du géant Monsanto, à Trèbes (Aude), le 17 janvier 2014, un militant a inscrit sur un container « OGM danger ».
Le groupe a un quasi-monopole sur les semences OGM et exerce un lobbying massif auprès des élus.

Monsanto «est plus puissant que le gouvernement». La petite phrase a été lâchée récemment par le ministre québécois de l'Agriculture, dans une province qui espère depuis des années réduire sa consommation de pesticides. Une enquête de Radio Canada montre pourtant l'inverse : entre 2006 et 2012, la quantité de pesticides utilisés par les agriculteurs locaux a augmenté de 27 %. En tête des ventes : le Roundup, l'herbicide controversé de Monsanto. Le ministre a promis d'agir, tout en reconnaissant l'influence de « Monsanto et des autres de ce genre ».

Empire

Avec 21 000 employés dans 66 pays et 15 milliards de dollars de chiffre d'affaires (14,2 milliards d'euros), Monsanto est un poids lourd de l'industrie agroalimentaire. Après des années de forte croissance (+17 % entre 2012 et 2014), la firme américaine traverse une période compliquée, due à la chute des cours des céréales, combinée au renforcement du dollar. Résultat : pour l'exercice fiscal 2015, achevé fin août, le chiffre d'affaires a diminué de près de 5 %. Le bénéfice net a chuté de 16 %, à 2,31 milliards de dollars. Monsanto a annoncé la suppression d'ici deux ans de 2 600 emplois. En dépit de ces difficultés, la firme reste le leader incontesté de la biotechnologie agricole : environ 80 % du maïs et plus de 90 % du soja cultivés aux États-Unis proviennent de semences OGM brevetées par Monsanto. Un quasi-monopole construit à coups d'acquisitions. Entre 1996 et 2008, la firme de Saint-Louis (Missouri) a racheté plus de 50 entreprises spécialisées dans les semences ou la biotechnologie.

Pour faire prospérer cet empire, Monsanto cultive des relations étroites au Congrès et au gouvernement américains. L'entreprise « a été très efficace pour convertir sa puissance économique en influence politique, à travers le lobbying et le "revolving door" », explique Philip Howard, de l'université du Michigan. Le « revolving door » («porte tournante») consiste, pour d'anciens hauts fonctionnaires, à rejoindre une entreprise privée du secteur dont ils avaient la charge, et vice-versa. On peut citer Margaret Miller, nommée directrice adjointe de la FDA (Food and Drug Administration) en 1991, et chargée de superviser l'approbation de l'hormone bovine de croissance rBGH, qu'elle avait contribué à développer chez Monsanto. Ou Michael Taylor, nommé en 2010 commissaire adjoint de la FDA à la sécurité alimentaire. De 1996 à 2000, il était le vice-président chargé des politiques publiques de Monsanto.

Le groupe compte aussi sur l'appui de nombreux élus américains. En 2014, il a versé 536 000 dollars à plus de 110 députés et sénateurs. Et a dépensé plus de 3 millions de dollars pour soutenir un projet de loi interdisant l'étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM, mis en place par trois États (Connecticut, Maine et Vermont). En réponse, des élus républicains ont déposé un texte de loi interdisant cet étiquetage au niveau fédéral et privant les États du droit de légiférer sur le sujet. Adopté par la Chambre des représentants en juillet, le texte doit être étudié par le Sénat.

Commentaire: Reprise d'un commentaire Sott : Le cas Monsanto est un cas fascinant. Stigmatisée, méprisée et détestée, l'entreprise ne s'est jamais aussi bien portée. Chaque année, la firme gagne un peu plus d'argent que l'année précédente ( la diversification des activités de l'entreprise tendrait à contrecarrer l'effet « mauvaise presse » des pesticides ). Jamais vraiment inquiétée par la justice, son expansion ne semble pouvoir être, au mieux, que ralentie, et au prix de grandes souffrances humaines. Il parait évident qu'aucune loi ou réglementation venant d'un gouvernement ou d'une administration y changera quoi que ce soit. Ne sont-ce pas ces mêmes institutions, malades, qui ont permis à Monsanto d'occuper la place qui est la sienne ? Monsanto est un cas d'école, une représentation symbolique parfaite d'une chimère condensant en elle seule les pires travers de l'humanité.

Et Pendant ce temps :
L'histoire de Monsanto constituerait ainsi un paradigme de l'impunité des entreprises transnationales et de leurs dirigeants qui contribuent au dérèglement du climat et de la biosphère et menacent la sûreté de la planète. Organisé à La Haye, du 12 au 16 octobre 2016, le Tribunal Monsanto aura pour mission d'évaluer les faits qui lui sont reprochés et de juger les dommages causés par la multinationale. La Tribunal prendra appui sur les Principes directeurs relatifs aux entreprises et droits de l'homme adoptés au sein de l'ONU en 2011. Le tribunal examinera aussi s'il s'impose de réformer le droit pénal international notamment an amendant le Statut de Rome, créant la Cour pénale internationale en vigueur depuis 2002, pour que soit reconnu le crime d'écocide et que la responsabilité pénale des personnes physiques coupables de ce crime puisse être engagée.

Conscients des enjeux planétaires que représente la reconnaissance du crime d'écocide, qui seul permettra de garantir le droit des humains à un environnement sain mais aussi celui de la nature à être protégée, les initiateurs du Tribunal Monsanto lancent un appel à la société civile, à tous les citoyens et citoyennes du monde, pour qu'ils participent au financement de cette opération exemplaire, à travers la plus vaste plateforme de « crowdfunding » international jamais réalisée à ce jour. La défense de la sûreté de la planète et des conditions mêmes de la vie est l'affaire de tous et seul un sursaut collectif des forces vives permettra de stopper la machine de destruction en marche !
Un collectif international de juristes et d'ONG lance ce jeudi un tribunal international pour juger la multinationale accusée « d'écocide » :
Juges des cinq continents

Pour évaluer le comportement de Monsanto, ce tribunal prendra appui sur les « Principes directeurs sur les entreprises et les droits de l'homme », approuvés en 2011 par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies. « Ce texte constitue aujourd'hui la référence la plus largement admise définissant les responsabilités des entreprises au regard, par exemple, du droit à la santé, ou du droit à un environnement sain », explique le Belge Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation et professeur de droit international à l'Université catholique de Louvain. Conseiller juridique de la préparation du tribunal, il a pour mission, avec l'avocate et ex-eurodéputée française Corinne Lepage, d'y associer des juristes de haut rang, magistrats, avocats et juges issus des cinq continents.

Le tribunal, qui a prévu de se réunir à La Haye du 12 au 16 octobre 2016, entend auditionner au maximum une centaine de plaignants venus des Amériques, d'Europe, d'Asie et d'Afrique. « Au cours de l'année qui vient, le Tribunal Monsanto recueillera des témoignages et un travail important de collecte d'informations aura lieu, précise Olivier de Schutter, qui fera notamment plancher ses étudiants. Il est encore trop tôt pour identifier les témoins ou victimes que le tribunal aura intérêt à entendre. Ce choix dépendra aussi de la stratégie suivie par les avocats des victimes. » Le Tribunal Monsanto se conformera « autant que possible » aux principes généraux du droit de la procédure civile, assure-t-il. La multinationale sera invitée à faire valoir ses arguments. « Il serait dommage que Monsanto préfère le silence au débat », pointe le juriste.

Contacté par Libération, le groupe estime que les « accusations invoquées réitèrent des idées reçues, inexactes et déformées, [qui] ne reflètent absolument pas la réalité». Monsanto rappelle qu'en France, où il emploie 600 collaborateurs, 200 000 à 300 000 agriculteurs bénéficient chaque année de ses «solutions très appréciées ». « La sécurité est une priorité pour Monsanto », assure encore l'entreprise, qui revendique « une démarche de transparence », ajoutant que « de nombreuses études scientifiques » sont réalisées sur ses produits. Monsanto se dit même « prêt à répondre à toutes les questions ». Le groupe viendra-t-il au Tribunal ? Il ne le dit pas.

Mais n'est-il pas absurde et inquiétant de devoir créer un tel tribunal pour pallier ce qui peut passer pour des insuffisances de la justice ? « Il serait inexact de prétendre que rien n'a pu être fait jusqu'à présent », relativise Olivier de Schutter. Et de citer le cas des habitants de Nitro, la ville de Virginie-Occidentale où Monsanto fabriquait l'agent orange, qui ont obtenu en 2013 un règlement amiable pour les dommages subis par la pollution à la dioxine.

...

Chaque année, Monsanto provisionne des sommes colossales pour faire face aux procès que pourraient lui intenter les victimes de ses produits. Ce qui ne l'incite pas à changer de pratiques. « Tant qu'il demeurera plus profitable pour les actionnaires de faire courir des risques à la collectivité, quitte à devoir dédommager des victimes de temps à autre quand des procès sont engagés, ces pratiques subsisteront, conclut Olivier de Schutter. Des actions judiciaires entamées au cas par cas ne sont pas un substitut à une intervention beaucoup plus vigoureuse des pouvoirs publics. »

Mais qui financera ce Tribunal Monsanto, dont le coût est évalué à 1 million d'euros ? Vous et moi, espèrent ses initiateurs, qui lancent ce jeudi un appel « à tous les citoyens et citoyennes du monde », pour qu'ils y participent « à travers la plus vaste plate-forme de crowdfunding international jamais réalisée à ce jour ».



Stock Down

4 banques italiennes en faillite, les épargnants échappent de justesse à la ponction de leurs comptes

Bank
Quatre nouvelles faillites de banques dans le cadre de l'Union européenne (ce ne sont pas les premières ni les dernières) sont passées sous silence dans les médias français afin de ne pas éveiller l'attention des épargnants sur la précarité de leurs comptes bancaires mis à mal par l'ordonnance française sur le redressement des banques passée en août dernier pour faire appliquer en cas de nécessité la Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances » (BRRD).

La nouvelle du renflouement des quatre banques italiennes en faillite coïncide avec le recours contre six États membres devant la Cour de justice européenne pour non-transposition des règles de l'UE en matière de redressement et de résolution des banques.