Commentaire : Avec l'état d'urgence décrété il y a peu ou l'on a pu constater que les flics pouvaient débarquer chez n'importe qui, n'importe quand pour n'importe quelle raison fallacieuse, il n'est pas difficile de comprendre que cette histoire de déchéance de nationalité est aussi un bon moyen pour faire sentir au quidam que ça peut lui tomber sur la tête à lui aussi, qu'il est dans un collimateur, un de plus, et que le jour ou l'on décide pour X raisons qu'il met la « nation en danger », ses droits lui sont retirés.
Depuis les attentats de janvier, et plus encore depuis ceux de novembre, la fenêtre est grande ouverte à toutes les régressions liberticides. Le phénomène n'est pas nouveau : la présidence Sarkozy s'était faite une spécialité de promulguer une loi sécuritaire en réponse à chaque fait divers violent et médiatisé. Mais il atteint depuis un an une ampleur inédite à tel point que les garde-fous constitutionnels constituent désormais des obstacles à lever. Si les réformes de la Constitution se poursuivent dans l'indifférence générale, elles sont pourtant lourdes de conséquences. Il s'agit de normaliser et pérenniser des mesures relevant du droit d'exception avec un objectif clair : renforcer le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir judiciaire tout en fabriquant des inégalités juridiques entre « Français de souche » et personnes d'origine étrangère. Derrière ce qui est présenté comme une simple mesure technique (faciliter la déchéance de nationalité des « bi-nationaux ») se cache en réalité un coup d'État juridique.
État d'urgence, état d'exception
La majorité des lois antiterroristes promulguées depuis 1986 l'ont été après un attentat. Si aucune d'elles n'a empêché la tragédie de se reproduire, elles ont en revanche permis au pouvoir de reprendre la main face à une situation de désordre. Décréter que le droit existant ne suffit pas à répondre à une situation définie comme exceptionnelle est le fait du Prince d'après Carl Schmitt : « Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle ».Et à situation exceptionnelle, droit d'exception. Les attentats de 2015 ont ouvert la porte à de telles aventures où l'enjeu réel est de restaurer un pouvoir politique mis à mal. Le résultat est bien là puisque la manipulation a fait regagner quelques points à un exécutif totalement discrédité. Mais les dégâts collatéraux sont considérables : la réforme de la Constitution qui pérennise l'état d'urgence a déjà permis au pouvoir de museler la contestation sociale en laminant les garde-fous juridiques et la réforme à venir de la déchéance de la nationalité, qui constitue le « volet législatif » du plan contre le terrorisme, est de la même veine.














Commentaire: Le sort des réfugiés est vraiment tragique, la situation se complexifie et tout le monde se retrouve dans une impasse. Les vrais responsables de ces événements ferment les yeux en construisant des murs, des barrières, des interdits et des contrôles. Mais tout ceci ne règle pas le problème de ces millions de personnes qui ont été obligé, pour la plupart, de fuir leur pays ravagé par la guerre. La solution judicieuse pour résoudre ces difficultés ne serait-elle pas de lutter pour la paix afin de permettre aux réfugiés de rentrer chez eux ? Construire des murs autour de nos cités est une façon supplémentaire de se voiler la face et de fuir nos responsabilités.
Vous pouvez aussi lire :