Les Maîtres du MondeS


Che Guevara

TAFTA : le début de la fin ?

Image
© AP
Depuis le lancement des négociations en 2013, une coalition d'ONG et de partis politiques européens dénonce l'opacité qui entoure l'accord sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) entre l'UE et les Etats-Unis.

TTIP, TAFTA ou encore Traité transatlantique: trois noms pour un même projet qui doit abolir tous les obstacles entre les échanges de chaque côté de l'Atlantique et qui suscite de plus en plus de protestations en Europe, notamment en France.

"La France envisage toutes les options, y compris l'arrêt pur et simple des négociations" autour du TAFTA, la zone de libre-échange transatlantique entre l'Union européenne et les États-Unis, a averti le secrétaire d'État français au Commerce extérieur Matthias Fekl dans les colonnes de Sud-Ouest de lundi 28 septembre. Et d'expliquer que ces négociations se déroulaient dans un manque total de transparence et dans une grande opacité, ce qui posait un "problème démocratique".

Commentaire: Bon, pas de quoi s'extasier sur la position de Fabius, qui ne remet pas en cause l'essence même de ces traités, mais bien plutôt le fait qu'ils ne font pas assez bien le "bon boulot" ; les citoyens français, européens, en danger, ça n'est sans doute pas ce qui l'empêche de dormir.

Un extrait d'analyse de P. Grasset :
... D'un point de vue politique général, la situation est très loin d'être brillante pour les traités, c'est-à-dire qu'elles est proche d'une situation d'effondrement. Actuellement se tient le round de négociation final du TPP à Atlanta et les nouvelles sont moins que bonnes, avec l'annonce la semaine dernière que l'Uruguay a quitté les négociations, et que ce pays pourrait être suivi par d'autres. D'autre part, le Corporate Power lui-même est de plus en plus divisé, notamment parce que, avec le TTP, la Chine est exclue de l'accord et donc soumise à des conditions commerciales beaucoup plus difficiles alors qu'un nombre grandissant de groupes multinationaux font commerce avec la Chine et ne veulent pas d'une législation qui décourage aussi fortement ce commerce...

... Il faut ajouter qu'en Europe, la situation n'est pas meilleure pour le TTIP. Le fait est qu'un front commun de facto s'est formé entre la France et l'Allemagne, non pas contre mais dans tous les cas extrêmement réticent vis-à-vis de la position US dans les négociations, pouvant aller jusqu'à une menace de retrait au moins temporaire des négociations. La France a une position d'autant plus dure que la chose semble avoir l'autorisation d'Angela Merkel, en position difficile et soucieuse de retrouver un soutien du public, - et en Allemagne, il y a seulement 39% du public qui soutient le TTIP.

... Le climat général est vraiment proche de l'effondrement général de tout ce système de traités. A la constante poussée populaire, remarquablement organisée en Europe et aux USA, s'ajoutent désormais, à ciel ouvert, les désaccord entre nations, les désaccords au sein du Corporate Power et les effets des désaccords politiques internes qui se greffent sur une vendetta mortelle nourrie d'une haine inextinguible entre les deux ailes du "parti unique" du Système, à Washington D.C., plus précisément entre républicains de la Chambre et Obama. C'est une bien étrange situation, c'est presque une révolte générale pas loin du "non-c'est-une-révolution-Sire", mais aussi bien sinon plus au sein du Système lui-même que chez les antiSystème, contre cette colossale initiative venue au départ, d'une façon qui semblait logique et inéluctable, du Système lui-même pour établir l'ère du Grand Désordre Mondial. Ainsi observe-t-on que le désordre général voulu par le Système lui-même et partout vanté (y compris chez tant d'antiSystème) comme sa ruse suprême et son arme absolue, pourrait foutre cul par-dessus tête le projet d'un ordre général organisant le Grand Désordre Mondial destiné à achever l'idéologie-dd&e de la destruction du monde par le Système : à force d'inversion, on finit par se mordre la queue jusqu'au sang ... Après cela, nous aurons, nous, beaucoup de difficultés à répudier notre équation maîtresse surpuissance-autodestruction, car jamais la surpuissance du Système n'a produit autant de poussées et d'initiatives toutes à tendance autodestructrice pour le Système.

Or, il ne faut pas se leurrer... Autant ce projet des traités-infâmes a été lancé comme l'initiative ultime achevant ce qui est perçu comme la maîtrise du monde-désordre par le Système (concept infiniment discutable, mais passons pour l'instant), autant l'effondrement désormais possible du projet constituerait un coup si terrible porté au Système qu'on ne sait s'il ne faudrait pas y voir quelque chose qui serait proche de l'estocade. Si cette affaire (les traités) échoue, tous les relais-Système seront secoués jusqu'au tréfonds, que ce soit l'Europe, avec les pays qui tiennent cette entité (Allemagne-France, à la fois maîtres et prisonniers de l'Europe), dont les directions-Système sont déjà sur la corde raide ; que ce soit les USA, avec leur pouvoir central plongé dans une crise abyssale qui est d'ores et déjà exacerbée autour de ces traités ; et tout ce monde, percé par ailleurs de flèches multiples représentant autant de catastrophes crisiques, la situation ukrainienne, la situation syrienne et moyenne-orientale, la situation des migrations de masse suscitées par les propres actions du Système, la situation économique comme celle du système financier, - etc., et suite sans fin...



Bad Guys

La Question : « Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? »

Image
© Inconnu
La question dont parle notre "chapeau" est déjà évoquée dans le Journal dde.crisis de ce jour, et nous l'utilisons à nouveau, - cette fois en la présentant comme une question et non plus comme une prière, - tant elle nous paraît effectivement être appelée par les évènements, au fond comme un interrogation pressante et inquiète de ces évènements eux-mêmes, et alors les Russes, et particulièrement Poutine, s'en faisant les messagers : « Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? », - comme Poutine demanda hier aux acteurs du boc BAO à propos de leur(s) politique(s) de ces dernières années. Pas vraiment de réponse, si seulement ils ont entendu la question.

A l'ONU, Poutine s'est montré sous le jour qui est désormais le sien, qui est celui d'un des très rares chefs d'État, sinon le seul peut-être, qui semblerait capable de comprendre le déroulement des évènements, - non leur cause profonde, malheureusement, parce que celle-ci semble devoir échapper aux capacités humaines de compréhensions.


Commentaire : Encore que pour le cas présent, l'on puisse prendre des pincettes pour ce qui est de savoir qui comprend réellement quoi. Poutine fait preuve d'une sagacité, d'une force et d'une habileté étonnante, et il n'est pas impossible, au contraire, qu'il puisse aussi appréhender instinctivement la situation sous un angle pour ainsi dire métaphysique. Avec la conscience qu'une guerre se déroule toujours sur plusieurs niveaux.


Depuis plusieurs années, les Russes s'avèrent de plus en plus être ceux qui suivent et comprennent le mieux la tournure extraordinaire des évènements du monde, et là-dedans, le rôle absolument diabolique, et complètement manipulé par cette tendance diabolique, des pays du bloc BAO, et des USA en premier. Le contraste entre la Russie et les USA est évidemment frappant, avec le comportement des élites-Système de Washington D.C. qui rencontre de plus en plus souvent une appréciation d'automatisme, de groupthinking, jusqu'au comportement extrême et de plus en plus évident que nous nommons déterminisme-narrativiste, que nous retrouvons par exemple dans ce texte de Robert Parry de ce 28 septembre 2015 qu'il consacre au nouvel pseudo-acronyme, dit-StratCom pour Strategic Communication, qui sonne important pour décrire une si complète auto-incarcération de l'esprit aux pulsations hystériques de tous ces dirigeants-Système :

Commentaire: On sent bien que les Russes ont pris conscience d'une espèce d'anomalie, dans le fonctionnement de la mentalité occidentale, et plus spécifiquement américaine. Les petites allusions à cet état de fait n'ont pas manqué ces derniers mois. Peut-être connaissent-ils la nature pathologique de ce mal qui semble avoir contaminé l'ensemble de la classe dirigeante. Peut-être pas. Il est vrai que la lucidité manifeste de Poutine l'empêche sans doute « de se faire des illusions », oui, car l'on sent bien qu'il ne s'est pas donné non plus pour mission, impossible, de sauver le monde de lui-même. Et s'il n'y a pas de "sauveur" et de "sauvetage", il y a l'acte, essentiel, lui, de savoir se positionner face à cette folie contaminante, généralisée.


Handcuffs

Frappes russes en Syrie: la France coincée pose trois conditions ridicules pour sauver son image ?

Fabius
© REUTERS/ Evan Vucci
A l'issue d'une réunion du Conseil de Sécurité des Nations unies sur le terrorisme, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a posé trois conditions concernant les frappes menées par la Russie en Syrie depuis mercredi.

"Monsieur Sergueï Lavrov, le ministre russe, a présenté les paramètres d'une résolution du Conseil qui créerait une espèce de grande coalition contre Daech. Je vais vous expliquer quelle est la position de la France. Tous ceux qui veulent nous rejoindre dans cette action contre le groupe terroriste Daech sont les bienvenus — je suis clair — mais à trois conditions qui sont les conditions de l'efficacité", a indiqué le ministre.


Commentaire : Ah bon ? C'est un discours un peu différent du fréquent "Assad doit partir", ou "La France est d'accord pour financer les rebelles 'modérés'"... Sont-ils coincés par cette nouvelle action russe, et essaient-ils peut-être de sauver leur image ? En d'autres mots, maintenant qu'ils n'ont plus le choix, ils doivent accepter que la Russie AIDE la Syrie, mais "avec des conditions" (pour ne pas avoir l'air totalement ridicule). Il faut préserver l'image, ou les gens pourraient découvrir croire que la France est une marionnette de Washington !


Commentaire: Voir aussi :


Bomb

Humour saoudien : l'Arabie saoudite demande à la Russie d'arrêter ses bombardements en Syrie

François d'Arabie

Alors que l'Arabie saoudite sent le vent tourner, elle crie, et demande aux Russes d'arrêter de bombarder la Syrie. Sa crainte, puisque ces gens qu'elle paye à prix d'or peuvent en définitive se retourner contre elle. Ces complaintes ne touchent pas la Russie dont l'aviation poursuit son offensive depuis ce matin. Elle a frappé jeudi en Syrie des positions d'Al-Qaïda et des « rebelles » islamistes dans les provinces d'Idleb (nord-ouest) et de Hama (centre).

Commentaire: Contrairement à la Russie ciblant des mercenaires assoiffés de sang, l'Arabie Saoudite, pays des droits de l'homme comme chacun le sait, continue sa guerre au Yémen.


Bomb

Avalanche de propagande occidentale face aux frappes russes en Syrie

Image
La Russie a mené mercredi 30 septembre une première série de raids aériens, comme l'y autorisent ses accords de coopération militaire avec la Syrie. Selon Moscou, son aviation aurait effectué 20 sorties et touché 8 cibles terroristes. La France avait auparavant mené des bombardements aériens dimanche 27 septembre, en dehors de tout cadre légal, contre un camp d'entraînement de l'Etat Islamique dans l'est de la Syrie, selon les propos du président François Hollande. Toujours selon le président français, cette attaque aurait été « sans conséquences pour la population civile ».

Le gouvernement syrien a dénoncé à cette occasion une « violation du droit international », les bombardements ayant été menés sans l'autorisation de l'état syrien.

Pour justifier la légalité de l'action française, le président Hollande a ainsi invoqué la « légitime défense » et l'article 51 de la charte des nations unies, en faisant référence aux attentats de janvier 2015 à Paris qui auraient été « commandités » par l'Etat Islamique. Or, à l'époque, le pouvoir exécutif français avait décrit les terroristes comme des « loups solitaires » radicalisés via le réseau Internet, ce qui lui avait permis de faire voter la « loi sur le renseignement », un « Patriot Act » à la française, étendant considérablement les pouvoirs et les dispositifs de surveillance des services de police. Il faut également souligner que les auteurs de l'attaque contre le journal Charlie Hebdo, n'avaient jamais séjourné en Syrie mais avaient été formés par la branche d'al-Qaïda au Yémen, comme le montrait un précédent article sur ce sujet. J'avais avancé à cette époque que le choc causé dans l'opinion publique française par les attentats avait permis l'instauration du régime politique de la « guerre au terrorisme » qui se caractérise par une limitation des libertés intérieures, et particulièrement de la liberté d'expression et d'information, la surveillance de masse des populations, et une politique extérieure néo coloniale multipliant les expéditions armées. Le recours au principe de la « légitime défense » comme justification aux raids aériens en Syrie, malgré l'absence de liens tangibles entre les auteurs des attaques terroristes de Paris et l'Etat Islamique, constitue la démonstration que cette mécanique est bien à l'œuvre.

Chess

Meilleur du Web: Guerre en Syrie : la locomotive Russe, l'hypocrisie occidentale

Image
© Inconnu
Lorsque avant-hier en fin d'après-midi Vladimir Poutine a prononcé son discours corrosif à l'ONU, il était clair que la Russie était sur le point de passer à l'offensive. Cela n'a pas trainé, dés mercredi matin, Sergeï Ivanov, le chef de l'administration présidentielle de Russie a déclaré : « Je veux vous informer que le président de la République arabe de Syrie a demandé son aide militaire au gouvernement de notre pays. Ainsi, on peut constater qu'il faut bien entendu lutter contre le terrorisme, il faut unir les efforts, mais dans le même temps il faut respecter le droit international », (Source) Sous-entendu, ce que ne font pas les pays de la coalition de Washington, qui n'ont pas demandé l'autorisation au pouvoir légitime de Syrie pour intervenir dans l'espace aérien de ce pays.

Commentaire: Et effectivement, ça commence à aboyer dans les merdias dominants où l'on accuse les autres de ce dont on est soit-même coupable, au centuple. Petit cours de propagande et de désinformation, avec, allez, au hasard, L'express ?

- La Russie a-t-elle vraiment visé Daech en Syrie?
- La guéguerre américano-russe pour la maîtrise du ciel syrien


Cult

Pédocriminalité : Bill Clinton accusé d'être un violeur en série

The Clintons

Un livre pourrait influencer la course à la présidentielle américaine. Son auteur est un proche de Trump. Le livre de 460 pages sortira le 13 octobre prochain.


Trop gros pour être vrai ? L'auteur de "The Clinton's War on Women" affirme le contraire. Roger Snow, ancien membre du parti Républicain passé dans les rangs du parti libertarien, est convaincu de ce qu'il avance.

Bill Clinton serait coupable de centaines d'agressions sexuelles et Hillary aurait exercé des pressions physiques et morales sur ses victimes afin de les faire taire. "Les médias traditionnels ont passé sous silence la choquante vérité sur les Clinton. Ce livre ne parle pas de Monica Lewinsky et Bill Clinton avec un cigare. Il raconte l'histoire vraie de viols en série, d'intimidation, de violence, de mensonges, de drogues", raconte l'auteur controversé dans une interview accordée à WorldNetDaily, un site à tendance conservatrice.

Commentaire: Si les acteurs de cette clique politicienne dégénérée s'y entendent bien pour se tirer dans les pattes durant la course à la présidentielle américaine, l'info ne révèle pourtant rien de nouveau. Concernant Jeffrey Epstein et son carnet d'adresse, on sait qu'il est très bien rempli :

- Ces réseaux pédophiles qui attirent les politiques comme des mouches
- Pédocriminalité : Bill Clinton, Mick Jagger et Donald Trump dans le carnet noir de l'agresseur sexuel Jeffrey Epstein
- Grande-Bretagne: Les relations du prince Andrew font polémique
- Pédocriminalité : le prince Andrew cité dans un procès d'esclavage sexuel
- Des liens entre le réseau pédocriminel de Westminster et l'associé pédophile du Prince Andrew

La liste n'en finit pas. Ce qui ressemble à des révélations croustillantes pour le quidam moyen n'est que la partie émergée d'un iceberg rouge-sang ; comme le message d'une autre réalité. Ces personnages publics qui nous présentent, tous les jours, à la télé, dans les journaux, un masque de normalité sont tout sauf ce qu'ils prétendent être. Et se sont ces mêmes personnes, à qui nous avons donné tout pouvoir, qui nous gouvernent et nous trompent quotidiennement.

Quelle est la solution à ce problème ? Les envoyer tous à l'échafaud ? Pas vraiment. L'expérience nous prouve qu'ils seraient comme remplaçables, à l'infini. L'expérience nous prouve également que la violence entraine la violence. Que la nature même du système mis en place attire la perversion et les natures pathologiques. Sans doute gagnerions-nous beaucoup, alors, à aiguiser notre sens de l'observation ; approfondir nos connaissances des natures humaines pour savoir différencier le vrai du faux, l'être du paraitre, la santé de la maladie. Nous armer des connaissances nécessaires qui agissent en révélateur.

Par exemple :

- La ponérologie politique : étude de la genèse du mal, appliqué à des fins politiques


Megaphone

Interview de Vladimir Poutine au journaliste américain de CBS (extraits)

Image
© RIA Novosti
A la veille de la 70ème Assemblée Générale de l'ONU, Vladimir Poutine a accordé une interview au journaliste américain Charlie Rose pour les chaînes CBS et PBS, où il a répondu à toutes questions qui font l'actualité.

Ch. Rose : Je voudrais vous remercier pour votre invitation ici, dans votre résidence, en cette belle journée. Ici, vous l'appelez «l'été de la femme». Nous allons enregistrer notre interview. Elle sera diffusée dimanche et, le lendemain, vous prendrez la parole à l'ONU où votre intervention est très attendue. Vous allez prendre la parole à l'ONU pour la première fois depuis de nombreuses années. Qu'allez-vous dire à l'ONU, aux Etats-Unis et au monde entier ?

V. Poutine : Comme notre interview sera diffusée juste avant mon discours, je pense qu'il serait inopportun d'exposer aujourd'hui tout ce que je prévois de dire.

Mais dans les grandes lignes, bien sûr, je rappellerai l'histoire de l'Organisation des Nations Unies. Je peux déjà vous dire que la décision de créer l'ONU a été prise justement dans notre pays, en Union Soviétique lors de la conférence de Yalta. L'Union Soviétique et la Russie en tant que successeur de l'Union Soviétique, est donc un pays fondateur de l'Organisation des Nations Unies et membre permanent du Conseil de sécurité.

Commentaire: Lire l'interview en intégralité sur RT.


Bullseye

« Vladimir Poutine n'a pas fait le voyage pour rien, il est le vainqueur médiatique et politique », dit Alba Ventura

Alba ventura
© RTL (Impression d'écran)
Poutine, Obama, Hollande : il y avait du beau monde lundi 28 septembre au siège des Nations unies, à New York. On peut dire ce que l'on veut du président russe, mais il a fait un bon coup. Il était totalement marginalisé, il n'avait pas mis les pieds à l'ONU depuis dix ans, et le voilà qui orchestre un retour en force. Celui qui était vu comme un sectaire s'est présenté comme un pragmatique.


Commentaire : Peut-être tout simplement parce qu'il EST effectivement plus pragmatique que certains leaders, qui ne profèrent que des discours pseudomoralistes sans offrir la moindre solution concrète pour soulager des populations qui souffrent, et qu'ils prétendent vouloir sauver ?
Pseudomoralisme : La conviction qu'il existe des valeurs morales et que certaines actions violent des règles morales est un phénomène tellement commun et ancien qu'il semble avoir quelque substrat au niveau du patrimoine instinctif (encore qu'il ne soit certainement pas entièrement adéquat dans le cadre de la vérité morale), et qu'il ne fait pas que représenter des siècles d'expérience, de culture, de religion et de socialisation. Dès lors, toute insinuation infiltrée dans des slogans moraux est toujours suggestive, même quand les critères "moraux" utilisés ne sont que pure invention ad hoc. N'importe quel acte peut donc être vu comme immoral ou moral par le biais de pseudomoralismes et de la suggestion active; il se trouvera toujours des gens pour tomber dans le panneau de ce genre de raisonnements.

A titre d'exemple d'acte mauvais dont la valeur négative ne suscite aucun doute dans aucune situation sociale, les experts en éthique citent souvent la maltraitance d'enfants. Mais les psychologues se trouvent fréquemment confrontés à des qualifications pseudo-morales de ce comportement dans leur cabinet, comme dans le cas de cette famille déjà mentionnée, où la soeur aînée avait subi une lésion dans la zone préfrontale. Ses jeunes frères affirmaient avec force que les traitements sadiques infligés par leur soeur à son fils provenaient du sens moral exceptionnellement élevé de celle-ci, et ils avaient été convaincus de cela par autosuggestion. La pseudo-morale échappe adroitement au contrôle de notre bon sens, et conduit parfois à l'affirmation d'un comportement dont le caractère est manifestement pathologique.

[Extrait de La Ponérologie Politique, de Andrzej M. Lobaczewski]

Barack Obama s'est dit prêt à travailler avec lui et avec l'Iran, pour lutter contre les terroristes de Daesh. Même si le cas Bachar al-Assad continue de les diviser.En fait, ce qui a été acté entre Poutine et Obama, c'est : "Très bien, on est d'accord sur le fait que l'on a des désaccords, mais travaillons ce sur quoi on peut être d'accord". C'est-à-dire comment réduire à néant l'État Islamique.

Bachar n'est plus l'urgence

Vladimir Poutine a même réussi à convaincre Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères, qui explique qu'il faut s'allier avec Assad contre Daesh.
Védrine est peut-être un adepte de la realpolitik, mais il n'est pas un des premiers adhérents de l'alliance franco-russe. Poutine est donc le vainqueur médiatique et politique. On peut dire qu'il n'a pas fait le voyage pour rien.


Attention

Juge Trévidic : "On manque d'hommes pour neutraliser les terroristes"

Mise à jour le 14 novembre 2015

Pendant dix ans, il a animé le Pôle judiciaire antiterroriste. Forcé de quitter ses fonctions en pleine tempête pour devenir vice-Président du tribunal de grande instance de Lille, Marc Trévidic nous avait longuement parlé, en septembre dernier. Son cri d'alarme a malheureusement trouvé un écho vendredi soir avec une série d'attentats sans précédent à Paris. Voici la version intégrale de cet entretien terriblement prémonitoire.

Trévédic
© Noël Quidu"On manque d'hommes pour neutraliser les terroristes"
Vendredi 25 septembre, le juge Trévidic est à Paris pour évoquer ses dossiers avec ses successeurs.
Paris Match. Pouvez-vous estimer aujourd'hui le niveau de risque que courent les Français ?
Marc Trévidic. La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu'alors. D'abord, nous sommes devenus pour l'Etat islamique [EI] l'ennemi numéro un. La France est la cible principale d'une armée de terroristes aux moyens illimités. Ensuite, il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d'entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d'origine européenne, ­Français ou non, et du fait de la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l'EI de nous frapper. Et puis, il faut le dire : devant l'ampleur de la menace et la diversité des formes qu'elle peut prendre, notre dispositif de lutte antiterroriste est devenu perméable, faillible, et n'a plus l'efficacité qu'il avait auparavant. Enfin, j'ai acquis la conviction que les hommes de Daech [acronyme de l'Etat islamique] ont l'ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d'ampleur, incomparables à celles menées jusqu'ici. Je le dis en tant que technicien : les jours les plus sombres sont devant nous. La vraie guerre que l'EI entend porter sur notre sol n'a pas encore commencé.

Pourquoi un constat si alarmant ?
Nous avons en face de nous un groupe ­terroriste plus puissant que jamais. Bien plus puissant qu'Al-Qaïda à sa grande époque. L'EI, fort d'environ 30 000 «soldats» sur le terrain, a recruté plus de membres que l'organisation fondée par Ben Laden en quinze ans ! Et ce n'est pas fini. La France est, de fait, confrontée à une double menace. Celle du déferlement de ce que j'appelle les «scuds» humains du djihad individuel, ces hommes qui passent à l'action sans grande formation ni préparation, agissant seuls, avec plus ou moins de réussite, comme on a pu le voir ces derniers temps. Et celle, sans commune mesure, que je redoute : des actions d'envergure que prépare sans aucun doute l'EI, comme celles menées par Al-Qaïda, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables.