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ven., 24 mar. 2017
Le Monde pour les Gens qui Pensent

La Science de l'Esprit
Carte

Book 2

L'Hérétique : qui est Thomas Nagel et pourquoi tant de ses collègues universitaires le condamnent

Traduction : SOTT

© C.F. Payne

L'automne dernier, quelques jours avant Halloween et environ un mois après la publication de Mind and Cosmos [Esprit et Cosmos - NdT], le nouveau livre controversé du philosophe Thomas Nagel, plusieurs des principaux philosophes au monde se rassemblèrent avec un groupe de scientifiques de pointe dans la salle de conférence d'une charmante auberge des Monts Berkshire. Ils se firent face autour d'une grande table agrémentée de pichets d'eau glacée et de corbeilles de bonbons entourés de cellophane et parlèrent et parlèrent, comme le font les intellectuels publiques. Power Point fut souvent de la partie.

L'intitulé de cet « atelier interdisciplinaire » était « Faire avancer le naturalisme ». Pour ceux d'entre nous qui aiment tuer le temps assis à réfléchir sur la nature de la réalité - le fait d'être une personne, Dieu, le jugement moral, le libre arbitre, et que sais-je encore - c'était l'équivalent du concert pour le Bangladesh. Le biologiste Richard Dawkins était présent, auteur de L'Horloger aveugle, Le Gène égoïste et autres best-sellers de science populaire, ainsi que Daniel Dennett, philosophe à l'université Tufts et auteur de La Conscience expliquée et de Darwin est-il dangereux ?. Étaient aussi présents les auteurs de Why Evolution is True [Pourquoi l'évolution est vraie - NdT], The Really Hard Problem: Meaning in a Material World [Le Problème vraiment ardu : sens dans un monde matériel - NdT], Everything Must Go: Metaphysics Naturalized [Tout doit disparaître : la métaphysique naturalisée - NdT] et de The Atheist's Guide to Reality: Enjoying Life without Illusions [Le Guide Athée de la Réalité : Savourer la Vie sans Illusions - NdT] - tous des livres qui, à un degré ou à un autre, offrent à un plus large public le monde tel que les scientifiques ont découvert qu'il était.

Family

Des chercheurs décodent le contenu de rêves

Une équipe japonaise a mis en place une méthode permettant de deviner dans les grandes lignes des rêves d'individus cobayes.

La science va-t-elle percer le secret des rêves les plus intimes ? L'expérience d'une équipe de chercheurs japonais laisse en tout cas entrevoir cette possibilité : les scientifiques ont réussi à lire une partie d'un rêve d'un humain, une expérience intrigante qu'ils pensent utile pour analyser l'état psychique d'individus, comprendre des maladies psychologiques ou encore commander des machines par la pensée.

«Depuis longtemps, les hommes s'intéressent au rêve et à son sens, mais jusqu'à présent, seul le sujet qui l'a fait en connaît le contenu», rappellent les chercheurs du laboratoire de Yukiyasu Kamitani à l'Institut international de recherche en télécommunications avancées (ATR) à Kyoto (ouest).

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Analysera-t-on bientôt le cerveau pour évaluer les risques de récidive criminelle ?

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Les délinquants qui présentent un faible niveau d'activation dans le cortex cingulaire antérieur (en jaune ci-dessus) présenteraient un taux de récidive criminelle deux fois supérieur, selon une étude américaine. Crédits : Geoff B Hall
En menant une expérience de neuroimagerie sur des délinquants, des chercheurs américains ont découvert une corrélation entre la faible activation de certaines zones cérébrales, et un plus grand risque de récidive criminelle.

Évaluer le risque de récidive criminelle chez des délinquants, en analysant leur activité cérébrale ? Des neurologues de l'Université de Duke (Durham, États-Unis) l'ont fait. Ce résultat, qui n'est pas sans rappeler le film de science-fiction Minority Report réalisée par Steven Spielberg, a été publié le 27 mars 2013 dans la revue des Annales de l'Académie Américaine des Sciences (PNAS).

Pour parvenir à ce résultat, Eyal Aharoni et ses collègues ont analysé le niveau d'activation cérébrale de 96 détenus à leur sortie de prison via imagerie à résonance magnétique fonctionnelle. Ces derniers ont été ensuite suivis pendant quatre ans par les chercheurs, afin de relever d'éventuels actes de récidive.

Hearts

La méditation favorise aussi la compassion

Ces scientifiques de la Northeastern University et de Harvard ajoutent un bienfait moral aux bénéfices de la méditation sur le cerveau. Leurs conclusions, publiées dans la revue Psychological Science suggèrent que la méditation favorise aussi l'harmonie sociale et la compassion.

Si plusieurs religions revendiquent ces bénéfices, cette étude qui a examiné les effets de la méditation sur la compassion, apporte un premier élément de preuve scientifique. Les chercheurs ont proposé aux participants de suivre des formations de 8 semaines sur deux types de méditation. Après cette formation, les participants ont été mis en situation. Devant attendre dans une salle ne comportant qu'une chaise vide, le participant prend le siège libre en attendant d'être appelé. Mais alors un acteur, semblant très mal en point entre dans la pièce. Un 3è compère, déjà assis, fait semblant d'être occupé ou de regarder ailleurs.

Nebula

Une jeune scientifique cherche à savoir d'où vient son super pouvoir des couleurs

Traduit de l'anglais par jsf pour News of Tomorrow

© Inconnu
Une étudiante de Pine Crest mène des recherches de pointe sur le trouble sensoriel qu'on appelle la synesthésie.

Le lecteur ordinaire a l'impression que les mots de cette page sont juste noirs. Mais d'autres, rien qu'en lisant ceci, auraient déjà vus la quasi totalité des couleurs du spectre.

C'est ce qu'on appelle la synesthésie - un trouble neurologique rare qui provoque une sorte de mélange sensoriel. Par exemple, Laura Mariah Herman, 16 ans, voit du rose quand elle entend ou lit son nom, voit du orange quand elle entend « hello » ou voit du rouge quand elle voit la lettre « A. »

On pense que c'était aussi le cas de génies comme Albert Einstein.

« J'ai un rapport spécial avec les couleurs, » affirme Laura, une étudiante de Pine Crest School à Fort Lauderdale.

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Et si certaines lésions de l'ADN aidaient le cerveau à apprendre ?

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Lorsque les souris sont en situation d'apprentissage, le taux de lésions dites "double brin" de l'ADN présent dans leurs neurones augmente considérablement. Une fois la période d'apprentissage achevée, ce taux revient à un niveau normal. Crédits : Rama
Loin d'être délétères, certaines lésions affectant l'ADN des neurones sont au contraire le produit du fonctionnement normal du cerveau, notamment lorsque ce dernier est en situation d'apprentissage et de mémorisation. Plus surprenant encore, ces lésions... faciliteraient l'apprentissage et la mémorisation !

Parmi toutes les lésions susceptibles d'affecter l'ADN présent de nos cellules, la plus grave d'entre elles est probablement la cassure dite "double brin" de l'ADN : il s'agit d'une cassure des deux brins de l'hélice formée par la molécule d'ADN, une lésion très difficile à réparer, qui peut notamment engendrer des cancers.

Pourtant, une étude vient de révéler que ces lésions particulièrement délétères pourraient, lorsqu'elles concernent les cellules neuronales, être au contraire le produit du fonctionnement normal du cerveau. Plus encore, ces lésions pourraient même... faciliter le processus d'apprentissage du cerveau ! Un étonnant résultat obtenu par une équipe de neurologues américains de l'Université de Californie (San Francisco, États-Unis), et publié le 24 mars 2013 dans la revue Nature Neuroscience sous le titre "Physiologic brain activity causes DNA double-strand breaks in neurons, with exacerbation by amyloid-β".

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20 pour cent des enfants de New York ont des problèmes mentaux

Traduit par Les Chroniques de Rorschach

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Plus de 145.000 enfants de New York agés de 6 et 12 ans soit environ 20 pour cent du total, sont concernés par des problèmes de santé mentale, tels que le déficit d'attention, les troubles bipolaires, l'anxiété, la dépression ou divers autres troubles du comportement.

Une étude menée par le Département de la santé de la ville de New York a révélé que seulement 6 pour cent des enfants dans cette tranche d'âge avaient été diagnostiqués avec des problèmes de comportement, mais que 14 pour cent auraient eu des symptômes de problèmes de santé mentale qui restaient non diagnostiqués.

Selon le New York Post, qui a publié les résultats de l'étude, les parents des 101.000 enfants qui ont répondu au sondage ont déclaré que leurs enfants «avaient des problémes d'émotion, de concentration, de comportement ou à de sociabilité »,

«Les cas non diagnostiqués n'ont pas été saisis parmi les données de l'enquête . Par conséquent, la prévalence sous-estime les taux réels des conditions de santé mentale », souligne l'étude.

Hearts

Dépression : la méditation peut la prévenir, chez les jeunes aussi

Alors que la méditation « en pleine conscience » a déjà montré sa capacité à améliorer la stabilité émotionnelle et la réponse au stress*, cette étude de l'Université de Louvain suggère que pratiquée à l'école, cette thérapie pourrait contribuer à réduire le risque de de dépression chez les adolescents. Première à examiner l'intérêt d'une telle thérapie sur un large échantillon d'adolescents dans un cadre scolaire, l'étude montre, dans la dernière édition de la revue Mindfulness, que « travailler sur l'attention et la concentration » permet de réduire, sur le long terme, les symptômes de dépression.

La méditation en pleine conscience est une forme de thérapie basée sur l'exercice de «l'écoute», la concentration sur la respiration, les sensations corporelles et le mental. Elle peut se pratiquer assis, en marchant ou en pratiquant le yoga. Cette forme de méditation a déjà montré ses bénéfices pour la maîtrise des émotions, pour lutter contre le stress, la solitude et même les maladies cardiovasculaires, avec des effets durables dans le cerveau. Or la dépression est souvent ancrée dans une spirale de sentiments négatifs et de préoccupations. En apprenant à identifier ces sentiments et ces pensées, chacun peut mieux intervenir pour briser la spirale.

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10 distorsions cognitives qui entretiennent des émotions négatives

Le terme distorsion cognitive a été défini en 1967 par le psychologue américain Aaron Beck comme désignant des façons de traiter l'information qui résultent en erreurs de pensée prévisibles et qui ont souvent pour conséquence d'entretenir des pensées et des émotions négatives. Les distorsions cognitives contribuent ainsi aux troubles émotionnels tels que la dépression et l'anxiété ainsi qu'aux troubles de la personnalité.

Dans son travail avec des personnes atteintes de dépression, Beck a identifié six erreurs systématiques de pensée:

La pensée "tout ou rien"
Penser de façon dichotomique (polarisée): tout ou rien, noir ou blanc, jamais ou toujours, bon ou mauvais... quand cela ne correspond pas à la réalité. Ex. Se voir comme un raté suite à une performance moins que parfaite.
L'inférence arbitraire
Tirer des conclusions hâtives (habituellement négatives) à partir de peu d'évidence. Par ex., la lecture de la pensée d'autrui consiste à inférer les pensées possibles ou probables d'une personne; l'erreur de prévision consiste à prendre pour des faits des attentes sur la tournure des événements avant qu'elles ne se produisent.

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Les publicités sexistes et hyper-masculines rendraient les hommes plus agressifs

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A l'heure où les médias sont critiqués pour mettre en scène des représentations de la femme parfois dégradantes ou insultantes, une nouvelle étude américaine suggère que les publicités "hyper-masculines" pourraient engendrer des "comportements troublants chez les jeunes hommes".

Le rapport, publié dans le Sex Roles Journal, estime que ces publicités des magazines conçus pour un public masculin, renforcent une certaine vision de la masculinité qui pourrait s'avérer problématique.

Hyper-masculinité

L'hyper-masculinité est une forme extrême des caractéristiques typiquement associées à l'homme: être endurci, violent et dangereux mais aussi impitoyable en ce qui concerne les femmes et le sexe.