Pendant que la presse atlantiste persiste à projeter sur Donald Trump les débats artificiels qu'Hillary Clinton a imposés durant la campagne et que se multiplient les appels à assassiner le président élu, celui-ci se prépare à changer de paradigme, à renverser l'idéologie puritaine qui domine son pays depuis deux siècles. Mais peut-il réussir ?

© InconnuPoutine et Trump réussiront-ils ensemble à briser l'hégémonie va-t-en guerre des précédentes administrations étasuniennes ? L'avenir nous le dira, mais d'ores et déjà, quelque chose s'est amorcé en ce sens.
La presse internationale tente de nous persuader que les électeurs de Donald Trump ont exprimé une révolte des Petits Blancs face aux élites. Elle ne fait en réalité que prolonger le discours d'Hillary Clinton que, précisément, ces électeurs ont rejeté.
Elle refuse d'envisager que le clivage actuel n'ait aucun rapport avec les thèmes qu'elle a traités durant cette campagne.Pourtant, nous avons tous vu une nouvelle ligne de fracture apparaître non pas entre les deux grands partis, mais en leur sein. De nombreux leaders républicains ont soutenu Clinton et quelques leaders démocrates Trump.
Bernie Sanders vient même de lui proposer ses services.

© InconnuDonald Trump et le général Michael T. Flynn. Le général Michael T. Flynn qui, quoique démocrate, fut le principal conseiller en politique étrangère et de défense durant sa campagne. Commandant du Renseignement militaire, de la Conférence de Genève 1 à la conquête de l’Irak par Daesh, il n’a cessé de combattre le président Obama, la secrétaire d’Etat Clinton, les généraux David Petraeus et John Allen, et Jeffrey Feltman à propos de l’usage des jihadistes et du terrorisme pour maintenir l’impérialisme états-unien.
De même, l'analyse des votes en fonction des appartenances communautaires (femmes, hispaniques, noirs, musulmans, gays, etc.) n'a pas plus de sens.
Bien que l'on nous ait rabâché que voter Trump, c'était voter pour la haine des minorités, au moins un tiers des minoritaires a voté pour lui.
Quelques journalistes tentent de s'appuyer sur le précédent du Brexit, alors même qu'ils avaient été identiquement surpris par celui-ci et incapables de l'expliquer. Si l'on analyse en fonction des précédents étrangers, on doit au moins tenir compte des élections surprises de Narendra Modi en Inde et de Rodriguo Dutertre aux Philippines (une ancienne colonie états-unienne).
Malgré la propagande, les Britanniques n'ont pas voté contre les Européens, les Indiens contre les musulmans, et les Philippins contre les Chinois. Au contraire, chacun de ces trois peuples cherche à sauver sa propre culture et à vivre en paix. Bien que responsable des émeutes anti-musulmanes du Gujarat, en 2002, Narendra Modi a tendu la main au Pakistan, persuadé que les problèmes entre les deux pays ont été organisés et entretenus par les puissances coloniales. De même, Rodriguo Dutertre a-t-il provoqué la stupeur en se rapprochant de l'« ennemi » chinois.
Commentaire: Qui vivra verra.
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